Archives de catégorie : Economie

Un lundi communautaire.

Produire sa propre énergie et la mettre en commun avec ses voisins, dit simplement, il s’agit d’un nouvelle manière de tenter de limiter sa dépendance à Sibelga et de diminuer sa facture d’électricité. À Bruxelles, les communautés d’énergie se développent plus rapidement qu’en Wallonie grâce à un cadre  souvent considéré comme simple, digitalisé et bien accompagné. Il faut se réjouir de voir des citoyennes et des citoyens sortir ainsi de l’individualisme.

En plein essor à Bruxelles, les communautés d’énergie restent marginales en Wallonie, freinées par une véritable usine à gaz administrative et technique. À Bruxelles, on compte 27 communautés d’énergie actives, 1.311 participants et 22,33 MWc de puissance photovoltaïque partagée.  « Illuminons notre quartier« , a été la première autorisée par Brugel en mai 2023. Elle approche désormais les 1.000 membres.

Le principe de base est celui d’un circuit court de l’électricité. D’un côté, des ménages équipés de panneaux photovoltaïques produisent de l’électricité. De l’autre, des consommateurs – voisins, commerces ou habitants du quartier – en ont besoin. La communauté sert d’intermédiaire: elle rachète le surplus des producteurs et le revend aux consommateurs, à un prix fixé à l’avance. En savoir plus dans cet article de L’Echo.

Printemps des sciences.

Les événements récents révèlent l’accélération du passage d’un ordre multilatéral fondé sur des règles à un monde où prévaut la loi du plus fort. Dans ce monde bouleversé par les tensions géopolitiques et l’essor de l’intelligence artificielle, The Conversation affirme que l’avenir de l’Europe repose sur deux piliers: le renforcement de ses institutions démocratiques et un investissement massif dans la recherche scientifique. Elle s’en explique ICI.

A Bruxelles, le Printemps des Sciences entend y contribuer en suscitant des vocations. Jusqu’au 29 mars, il va tenter une sensibilisation aux sciences et un éveil à la culture scientifique. Une volonté affirmée de faire découvrir les apports de la science, les applications concrètes et les enjeux notamment en termes de bien-être, de création d’activités nouvelles et de développement économique.

Il y a aussi un désir de susciter des vocations en stimulant la curiosité et la créativité des plus jeunes par des expositions interactives, des laboratoires et des ateliers ou encore des activités d’éveil scientifique. A Bruxelles l’initiative scientifique est coordonnée par le département INFORSCIENCES de l’ULB. Le programme bruxellois complet (mais difficile à déchiffrer…) se trouve ICI.

 

 

Situation financière.

Bruxellois néerlandophone, Jan Wostyn est un commentateur régulier des billets de ce blog. Suite au billet La société civile se mobilise, il fait part de son inquiétude face à la direction que beaucoup veulent prendre, de manière assez aveugle et sans trop de sens de l’autocritique. Selon lui: si seulement depuis 2017, les académiques avaient passé autant de temps à analyser le budget bruxellois.

Pour lui le nœud du problème n´est pas le système électoral, mais plutôt que la Région va bientôt se retrouver avec une dette de 20 milliards et des charges d´intérêts de 700 millions par an. L’économiste Magali Verdonck (Dulbea ULB) est d’accord avec lui sur la question budgétaire, qui n’a pas été perçue comme importante par les précédents gouvernements. Et on en paie le prix aujourd’hui. Elle se réjouit cependant de voir le secteur associatif s’équiper pour pouvoir challenger les décideurs et aussi de voir un budget citoyen alternatif en construction.

Magali Verdonck est moins d’accord avec lui sur d’autres points. C’est précisément pour protéger la minorité néerlandophone que les institutions bruxelloise sont compliquées et aussi parce qu’elle peut être fière d’avoir accueilli une grande part de la population immigrée du pays. Elle demande des clarifications et conteste d’autres points du commentaire de Jan Wostyn. Vous les trouverez clairement repris ICI.

Des voitures en moins.

L’usage de la voiture individuelle régresse à Bruxelles. Oui. Moins d’un trajet sur trois se fait en voiture, alors qu’il y a 15 ans, près d’une personne sur deux se déplaçait en voiture individuelle. Si cette régression devait se poursuivre, les premiers à en profiter seraient ceux qui ont absolument besoins d’une voiture et qui circuleraient de manière plus fluide.

Avec la limitation des places de parkings et leur prix, avec la limitation de la vitesse, avec le plan Good Move, les LEZ et les prix en hausse des voitures, on assiste à une diminution de l’usage de la voiture. Selon Espaces Mobilités, une voiture coûte entre 500 et 600 euros par mois et donc près de 7000 euros par an. En dessous de 10 000 km par an, l’autopartage serait plus écologique et économique que la possession d’une voiture.

L’usage des transports en commun, des vélos, des trottinettes et de la marche ont fortement progressé. Les chiffres sont ICI. Cela a profité à des réaménagements plus conviviaux de l’espace public et à la qualité de l’air, au profit de tous. Malgré des poches de résistance tenaces, la classe politique est invitée à persévérer et à faire preuve de pédagogie plutôt que de clientélisme.

>>> rappel: la semaine du multilinguisme commence lundi

 

 

 

Électricité: 64% de frais et taxes.

Seuls 36% de votre facture sert à payer l’électricité consommée, tout le reste ce sont des frais de distribution, des accises et des taxes ! Vous en trouverez tout le détail ICI, mais bien plus encore dans l’émission Les Clés. Ce n’est pas comme cela qu’on va convaincre les Bruxellois de se déplacer et de se chauffer avec une énergie électrique performante (1).

Il y a donc de la marge pour réduire le prix de l’électricité, si on veut la privilégier comme source d’énergie performante et productible localement sans polluer la planète. Cela dépend largement du Fédéral. S’il ne peut se permettre de perdre cette rentrée, il pourrait mettre sur le gaz la TVA et les accises qu’il supprimerait sur l’électricité.

L’augmentation progressive de la taxation du gaz – dont on veut réduire l’usage vu la dépendance et la pollution qu’il entraîne – pourrait donc servir à baisser le prix de l’électricité, sans déséquilibrer le budget de l’État. Un signal clair et rapide doit être donné aux Bruxellois, dont certains en passe de devoir choisir une nouvelle source d’énergie et le matériel nécessaire pour l’utiliser à bon escient. On en reparlera.

(1) Avec une pompe à chaleur, chaque kWh consommé produit en moyenne 3 à 5 kW (kWh) de chaleur. Avec une chaudière à énergie fossile, le rendement n’est que de 1.