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Que se passe-t-il dans les Marolles ?

Les Marolles sont-elles en train de perdre leur âme ? Des commerces se vident et quand ils sont repris, ce sont des galeries, des cafés branchés et des tatoueurs. Même là, Airbnb contribue à la hausse des loyers et des nuisances sonores. Les habitants s’inquiètent, déjà qu’ils subissent une certaine « sablonisation » depuis longtemps.

Toutefois, 7 logements sur 10 appartiennent aux pouvoirs publics, qui maintiennent des loyers payables, pour une population qui est locataire à 91%. Si cela se trouve, les jeunes ne peuvent acheter l’appartement de leurs parents. Certains tentent cependant de le faire sous forme de coopérative.

La mutation du Petit Lion se veut rassurante. Cathy, la patronne pendant 30 ans, a vendu son estaminet à un acheteur, qui l’a maintenu dans son jus. Désormais employée de son établissement, Cathy revient de Blankenberge deux fois par semaine pour servir et écouter ses anciens clients. On y vient  autant pour déposer ses soucis que  pour boire un verre. L’article de la RTBF en dit plus.

Extrait de la vidéo de Bruzz

Screenshot

Des seniors se mobilisent.

Rien dit de la 30ème Belgian Pride dans la capitale de l’Europe, parce que la presse l’a largement annoncée et y a consacré des reportages hauts en couleur. Heureux de se retrouver à plus de 200 000 dans les rue des Bruxelles pour faire la fête, les participants ont aussi voulu  rappeler que si les lois changent positivement en Belgique, les mentalités ne suivent pas au même rythme. Une preuve récente ICI.

Beaucoup de femmes, beaucoup de familles et de jeunes. C’est sous le slogan « When Times Get Darker, We Shine Brigther” que les participants ont évoqué des atteintes aux droits des minorités sexuelles et de genre en Europe et ailleurs dans le monde. Rien n’est jamais acquis définitivement. Ici on défile sans crainte, mais ce n’est pas pareil dans toutes les rues.

Ce qui fut neuf, c’est la présence d’un groupe de personnes en chaise ou avec des cannes. Les seniors ont voulu être présents à la Belgian Pride de cette année avec l’aide de nombreux volontaires. Leur présence a aussi mis en évidence la négation de la sexualité dans un très  grand nombre de homes et plus encore la négation de l’homosexualité.

Réponse inattendue à la violence.

Vous vous souvenez du 4 mais 2025, quand des hooligans de Bruges ont déferlé sur Molenbeek, en marge de la finale de la Coupe de Belgique de foot ? Ils saccagent tout sur leur passage. S’en prennent à des magasins qu’ils vandalisent et sen prennent au personnel. « On va vous tuer, ce sera votre dernier jour » « Retourne dans ton pays« . Une véritable ratonnade déferle sur Molenbeek.

Ces violences ont profondément choqué les jeunes, mais plutôt que de choisir la vengeance, une centaine d’entre eux, réunis dans lecomité « Je suis la Belgique-Ik ben Belgie« , ont choisi de réaliser une œuvre avec les débris de carrelage qu’ils ont portée, à pied, jusqu’à Bruges où ils ont été reçus par le bourgmestre, qui placera leur œuvre dans la gare.

Une marche citoyenne de 80 km, des cloches aux pieds, mais comme un pont entre Molenbeek et Bruges, entre francophones et néerlandophones. Accueillis dans des familles. Jamais rentrés dans une église, ils y sont logés à Gand et Alost. En lutte contre le racisme, ils et elles se sentent pris au sérieux par les adultes. L’article de la RTBF en dit plus sur cette expédition inattendue.

La poésie n’est pas ringarde.

Si elle nous a livré des trésors inestimables, la poésie n’appartient pas seulement au passé. Elle est bien vivante à Bruxelles et permet à chacun d’exprimer des émotions, des sentiments, des colères, que la parole trop souvent réprime. Dimanche dernier, à la Maison du Livre, des personnes de diverses origines, de tous milieux et d’âges variés, se sont lancées dans des batailles de compliments et puis dans plusieurs autres slams.

Des slams ? Une forme de poésie orale. Un texte poétique écrit pour être dit à voix haute. Trois minutes. Un style libre, avec ou sans rimes ou structures fixes. Une forte dimension rythmique. Une expression personnelle qui révèle des émotions, des opinions, du vécu non discriminant.

A Bruxelles, le Collectif Slameke est depuis 10 an, une référence incontournable pour promouvoir la poésie écrite et son expression orale. Pionnier en matière de scènes slam, de spectacles, de projets dans les écoles, d’ateliers d’écriture…  Dimanche dernier, tout un chacun a déclamé son texte devant un public enthousiaste lors du brunch poétique de son 10è anniversaire. Le slam « Bruxelles » de Nadjad est à voir ICI.

 

Se connaître entre Régions.

C’est avec plaisir que nous vous annoncions la naissance du Standaard en français. Une manière efficace de découvrir ce qui se passe de l’autre côté de la frontière linguistique et de connaître le regard de la Flandre sur le monde. Une initiative bienvenue, qui complète celle de DaarDaar, qui depuis longtemps traduit en français « le meilleur de la presse flamande ».

C’est donc avec dépit que nous apprenons que la VRT va cesser sa parution en français, en anglais et en allemand. C’est pour des raisons de réduction de budgets, que nous ne découvrirons plus le point de vue de la VRT face à celui de la RTBF. Nous n’allons pas faire de reproches à la VRT, alors que jamais la RTBF n’a traduit du contenu en néerlandais. De Standaard s’y est mis, bien qu’aucun journal francophone ne suive le mouvement.

Dans un pays riche de deux cultures et de deux langues, il est regrettable de rester peu informés sur ce que pensent nos voisins immédiats, que nous rencontrons cependant à la mer et dans les Ardennes. Reste à nos écoles à enfin livrer une nouvelle génération au moins bilingue, si pas trilingue. L’avenir du pays est sans doute à ce prix ?

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