Archives de catégorie : Langues

Ministre-président de tous ?

Boris Dilliès est-il le ministre-président de tous ? Bien sûr que non. Mais Rudi Vervoort l’était-il ? Les Bruxellois ont fait du MR le premier parti de Bruxelles, après 20 ans dans l’opposition. Pas étonnant donc que le nouveau gouvernement penche à droite, comme le précédent penchait à gauche. Les priorités ne sont plus les mêmes. Nul en néerlandais et francophile, Boris Dilliès ne sera manifestement pas non plus le ministre-président des néerlandophones. Traduit pour vous, l’article de Bruzz le souligne à raison.

Ce gouvernement à sept partis, doit maintenant relever le défi de redresser – en trois ans – ce que le passé et ces mois d’immobilisme ont causé. Il faudra également regagner la confiance de la population. L’accord de gouvernement semble plutôt rassurant, mais comme il a été expédié en trois jours et ne compte que 20 pages, nombre de décisions resteront à préciser et à négocier durement.

Un autre article de Bruzz souligne aussi qu’à l’exception du ministre PS Ahmed Laaouej, aucun des nouveaux membres du gouvernement n’est issu de l’immigration. Cela contraste fortement avec la réalité bruxelloise, les listes électorales et même le parlement. L’article analyse aussi les critères et les obligations qui prévalent pour la formation d’un gouvernement de coalition à Bruxelles. En priorité, il faudra maintenant que la coalition produise un projet de budget réaliste et précis, qui révèlera clairement les priorités retenues.

De Standaard en français.

Installé au centre de Bruxelles, face la Gare Centrale, le quotidien De Standaard traduit un certain nombre de ses articles en français depuis quelques semaines déjà. Jusqu’ici, ils sont accessibles tous les jours et sans frais. La rédaction estime « qu’il est important, d’un point de vue journalistique et démocratique, d’être accessible à tous les Belges ». Elle se présente plus largement ICI.

Les articles sont bien choisis, souvent très bien traduits et avec une mise en page agréable. C’est un peu Le Soir des Flamands. Sur un certain nombre de matières, les centres d’intérêt et les points de vue ne sont pas les mêmes de deux côtés de la frontière linguistique. Les Bruxellois curieux de ces différences peuvent s’abonner gratuitement à leur newsletter quotidienne.

Par rapport à Daardaar, c’est une première aussi systématique dans la presse du pays. La question qui se pose à présent: à quand la réciprocité ? Le Soir ou un autre quotidien va-t-il adopter la même attitude ? Les Flamands sont aussi largement ignorants, mais parfois aussi curieux que les francophones, de ce qui se passe de l’autre côté de la frontière linguistique du pays.

 

The Brussels Times, vous connaissez ?

The Brussels Times est un média anglophone en ligne qui couvre l’actualité bruxelloise et européenne, à l’intention des expats, des touristes et des lecteurs qui ne maitrisent ni le français, ni le néerlandais. Vous y découvrirez souvent le regard original et parfois inattendu que des expats portent sur la ville qui les accueille.

Intéressant de constater tout ce qui étonne et interpelle leurs journalistes dans nos habitudes, notre mode de vie et notre surréalisme. Ils ignorent parfois notre facilité quasi instinctive à se moquer de nous-mêmes. Ils peuvent aussi se montrer très critiques sur des sujets à propos desquels nous ne les avons pas attendus pour être nous-mêmes très critiques …

Tenu par une petite équipe rédactionnelle, essentiellement sur base de nouvelles d’agences, on ne peut pas considérer The Brussels Times comme un média de référence. Sur des notions complexes il y a parfois un manque de subtilité et des approximations occasionnelles, mais ce regard extérieur peut être rafraichissant et interpellant, de la part de ces Néo Bruxellois qui s’intéressent à notre ville, qu’ils tentent de faire la leur.

 

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Langues en danger ?

Régulièrement, des craintes s’expriment quant à la survie du français et du néerlandais dans la communauté métropolitaine bruxelloise multilingue. Les Flamands craignent l’extension de la tache d’huile francophone (et anglophone), pratiquent entre eux une « tussentaal » et les jeunes choisissent l’anglais avant le français. Des francophones craignent une infiltration irrésistible de l’anglais dans leur langue. Une langue hybride pour une population plus hybride ?

Quant aux emprunts lexicaux, ils se font manifestement et depuis longtemps dans les deux sens entre le français et l’anglais. Au point que le linguiste Bernard Cerquiglini affirme ironiquement dans son essai que « L’anglais n’existe pas, c’est du français mal prononcé ». En Flandre, comme aux Pays Bas, des mots anglais sont très présents dans la langue et l’anglais occupe une place de plus en plus grande dans l’enseignement supérieur. Les anglicismes auront ils la-peau du français … et du néerlandais ?

Si l’anglais s’est imposé comme lingua franca dans le monde – place jadis occupée par le français – cela n’a pas conduit pour autant à la disparition des autres langues, mais plutôt à la multiplication des personnes bilingues. Les personnes qui ne parlent que l’anglais sont en réalité très minoritaires dans le monde. A Bruxelles, chacun ne doit-il pas finalement se sentir libre d’utiliser « week end » plutôt que « fin de semaine » et de dire « d’accord » plutôt que « OK ? ».

 

Devenir multilingue.

Dans une ville aussi cosmopolite que Bruxelles, maîtriser plusieurs langues est un atout. Un atout professionnel, mais aussi un atout social, qui favorise la rencontre de personnes d’autres cultures. Capitale de l’Europe, liaisons historiques avec l’Afrique, siège de nombreuses organisations internationales, Bruxelles est devenue un rendez-vous du monde.

Une première Semaine bruxelloise du multilinguisme va voir le jour en vue de développer le multilinguisme de ses habitants. Elle se déroulera du lundi 9 au samedi 14 février dans toute la Région, avec un point d’orgue le 14 février au Palais de la Bourse.  Avec votre école, votre association, votre entreprise, votre administration, … vous êtes invités à y participer activement.

Trois manières d’y prendre part : organiser une activité chez vous entre le 9 et le 13 février, ou l’organiser à la Bourse, ou occuper un stand le samedi 14 février. Il suffit de remplir ce formulaire pour y participer gratuitement. Vous pouvez aussi demander des informations complémentaires à cette adresse email : info@multilingualism.brussels