Archives de catégorie : Langues

Bruxelles n’est pas une île.

Plusieurs d’entre vous s’étonnent de voir ces billets se centrer uniquement sur Bruxelles et ignorer ce qui se passe à nos frontières nationales et internationales. Mis en place en 2013, à l’initiative du groupe de réflexion Aula Magna, à la suite des États généraux de Bruxelles et de la publication de Demain Bruxsels, ce blog s’est volontairement limité au futur de Bruxelles, comme capitale de la Belgique, de la Flandre, de l’Europe et prioritairement comme lieu de vie d’une Région à part (presque) entière de 1,26 million d’habitants.

Si l’aire métropolitaine élargie dépasse les 2 millions de personnes, elle n’a toujours pas accouché de la Communauté métropolitaine de Bruxelles prévue par la loi du 19 juillet 2012, qui concerne des matières d’importance transrégionale, telles que la mobilité, la sécurité routière et les travaux routiers dans et autour de Bruxelles. C’est à tout le moins regrettable. Toute l’actualité de l’aire métropolitaine se trouve aussi sur BX1 et Bruzz.

Lorsque des décisions ou des initiatives prises par la Wallonie impactent Bruxelles, nous les relayons, pareil pour la Flandre, dont nous traduisons les articles. Pour en savoir plus, vous pouvez vous abonner gratuitement à Daardaar, la VRT en français et De Standaard en français, plus The Brussels Times en anglais. Sur le plan international, une excellent revue de presse gratuite est assurée par Eurotopics et puis aussi Euronews. Et enfin, The Conversation, l’expertise universitaire avec l’exigence journalistique en français et une autre version en anglais. Voilà de quoi élargir votre point de vue.

 

La société civile se mobilise.

Coup sur coup, des académiques, des institutions, des citoyennes et des citoyens viennent de manifester leur volonté de redorer l’image de Bruxelles, ternie par plus de 600 jours de d’inaction et d’irresponsabilité. Une volonté affirmée de lui donner un avenir et de tenter de la mettre à l’abri de crises politiques, comme celle que nous venons de vivre. Des listes bilingues, un seul collège, le droit de vote pour tous, une protection des minorités sans privilèges, une Région aux pouvoirs étendus, etc …

Cela a débuté par un débat organisé par le mouvement Volt, qui a réuni deux parlementaires bruxellois, un académique et une citoyenne sérieusement remontée. Des questions sans tabou et une volonté d’éliminer les causes du désarroi. Les propositions d’Aula Magna et celles de Re-Bel restent toujours d’actualité. Affirmation claire du fait régional et évacuation de toute velléité de tutelle.

Une carte blanche, signée par un certain nombre d’académiques, vient de paraître dans Le Soir et De Standaard. Elle évoque une nécessaire réforme du système électoral, détaillée ICI par Brussels Studies. La veille, c’est le professeur Corijn qui publiait une carte blanche. Il appelle à créer un autre récit auquel les citadins peuvent s’identifier et pas un simple marketing pour redorer son image. Ce lundi 9 mars, Re-Bel mettra ses propositions en débat. Ce sera à 17h à la Fondation universitaire et en ligne en direct. Cela bouge à Bruxelles.

Au cours du débat de Volt

 

 

 

Ministre-président de tous ?

Boris Dilliès est-il le ministre-président de tous ? Bien sûr que non. Mais Rudi Vervoort l’était-il ? Les Bruxellois ont fait du MR le premier parti de Bruxelles, après 20 ans dans l’opposition. Pas étonnant donc que le nouveau gouvernement penche à droite, comme le précédent penchait à gauche. Les priorités ne sont plus les mêmes. Nul en néerlandais et francophile, Boris Dilliès ne sera manifestement pas non plus le ministre-président des néerlandophones. Traduit pour vous, l’article de Bruzz le souligne à raison.

Ce gouvernement à sept partis, doit maintenant relever le défi de redresser – en trois ans – ce que le passé et ces mois d’immobilisme ont causé. Il faudra également regagner la confiance de la population. L’accord de gouvernement semble plutôt rassurant, mais comme il a été expédié en trois jours et ne compte que 20 pages, nombre de décisions resteront à préciser et à négocier durement.

Un autre article de Bruzz souligne aussi qu’à l’exception du ministre PS Ahmed Laaouej, aucun des nouveaux membres du gouvernement n’est issu de l’immigration. Cela contraste fortement avec la réalité bruxelloise, les listes électorales et même le parlement. L’article analyse aussi les critères et les obligations qui prévalent pour la formation d’un gouvernement de coalition à Bruxelles. En priorité, il faudra maintenant que la coalition produise un projet de budget réaliste et précis, qui révèlera clairement les priorités retenues.

De Standaard en français.

Installé au centre de Bruxelles, face la Gare Centrale, le quotidien De Standaard traduit un certain nombre de ses articles en français depuis quelques semaines déjà. Jusqu’ici, ils sont accessibles tous les jours et sans frais. La rédaction estime « qu’il est important, d’un point de vue journalistique et démocratique, d’être accessible à tous les Belges ». Elle se présente plus largement ICI.

Les articles sont bien choisis, souvent très bien traduits et avec une mise en page agréable. C’est un peu Le Soir des Flamands. Sur un certain nombre de matières, les centres d’intérêt et les points de vue ne sont pas les mêmes de deux côtés de la frontière linguistique. Les Bruxellois curieux de ces différences peuvent s’abonner gratuitement à leur newsletter quotidienne.

Par rapport à Daardaar, c’est une première aussi systématique dans la presse du pays. La question qui se pose à présent: à quand la réciprocité ? Le Soir ou un autre quotidien va-t-il adopter la même attitude ? Les Flamands sont aussi largement ignorants, mais parfois aussi curieux que les francophones, de ce qui se passe de l’autre côté de la frontière linguistique du pays.

 

The Brussels Times, vous connaissez ?

The Brussels Times est un média anglophone en ligne qui couvre l’actualité bruxelloise et européenne, à l’intention des expats, des touristes et des lecteurs qui ne maitrisent ni le français, ni le néerlandais. Vous y découvrirez souvent le regard original et parfois inattendu que des expats portent sur la ville qui les accueille.

Intéressant de constater tout ce qui étonne et interpelle leurs journalistes dans nos habitudes, notre mode de vie et notre surréalisme. Ils ignorent parfois notre facilité quasi instinctive à se moquer de nous-mêmes. Ils peuvent aussi se montrer très critiques sur des sujets à propos desquels nous ne les avons pas attendus pour être nous-mêmes très critiques …

Tenu par une petite équipe rédactionnelle, essentiellement sur base de nouvelles d’agences, on ne peut pas considérer The Brussels Times comme un média de référence. Sur des notions complexes il y a parfois un manque de subtilité et des approximations occasionnelles, mais ce regard extérieur peut être rafraichissant et interpellant, de la part de ces Néo Bruxellois qui s’intéressent à notre ville, qu’ils tentent de faire la leur.

 

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