Archives de catégorie : Gouvernance

Les communes au pouvoir ?

Luckas Vander Taelen est bien connu de nos lecteurs et parfois contesté. Il s’est lancé dans une analyse décalée de la composition du nouveau gouvernement régional et de ses priorités. Comme principal responsable de ces 600 jours de perte de temps, il pointe Ahmed Laaouej (PS), finalement seul gagnant. Il a réalisé ses ambitions et obtenu à peu près tout ce qui était important pour son parti, comme vous le verrez ICI. Y compris la présidence de la Cocof.

En opposant son veto à la N-VA contre la majorité composée du côté flamand, il s’est révélé être un sapeur systématique des lois bruxelloises. Le coût de son opposition est facile à calculer. Chaque mois sans gouvernement, la dette de la Région de Bruxelles-Capitale a augmenté de 100 millions d’euros. Sur une année, cela représente donc 1,2 milliard d’euros supplémentaires à ajouter aux 15 milliards de dettes bruxelloises.

Dans son article, Luckas a donc fait le bilan de tout ce que le PS a remporté, sans compter le poste de ministre, qu’Ahmed Laaouej s’est attribué. Il relève aussi que la Conférence des bourgmestres semble désormais disposer d’une place permanente au sein du gouvernement régional: trois des cinq membres francophones du gouvernement sont ou ont été bourgmestres. Ahmed Laaouej veillera à ce que toute tentative de réforme soit étouffée dans l’œuf… Le pouvoir aux communes ?

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Le futur de notre Région.

Au cours d’un bref conclave de trois jours, les sept partis qui composent le nouveau gouvernement de la Région de Bruxelles Capitale ont rédigé une Déclaration de Politique Régionale, pour les trois années qui subsistent. Loin de la centaine de pages habituelle, elle ne compte que 24 pages. Elles sont disponibles intégralement ICI.

La mise en œuvre de ces différentes politiques devra donc encore faire l’objet d’un grand nombre de négociations entre partis en cours de législature. Ce sera d’autant plus difficile, qu’il faudra vérifier chaque fois leur impact sur un budget serré, qui  doit permettre un retour à l’équilibre en 2029.

Quel sera l’impact de ces mesures sur notre mode de vie et notre pouvoir d’achat ? Pas évident à établir, mais huit journalistes du Soir se sont risqués à énoncer « Les seize mesures qui vont changer le quotidien des Bruxelloises et Bruxellois ».Vous les trouverez  toutes ICI. Et pour éviter de nouveaux blocages politiques, les associations Respect Brussels et WeAreBrussels plaident pour un organe citoyen bruxellois chargé de revoir le cadre institutionnel de la Région.

 

Ministre-président de tous ?

Boris Dilliès est-il le ministre-président de tous ? Bien sûr que non. Mais Rudi Vervoort l’était-il ? Les Bruxellois ont fait du MR le premier parti de Bruxelles, après 20 ans dans l’opposition. Pas étonnant donc que le nouveau gouvernement penche à droite, comme le précédent penchait à gauche. Les priorités ne sont plus les mêmes. Nul en néerlandais et francophile, Boris Dilliès ne sera manifestement pas non plus le ministre-président des néerlandophones. Traduit pour vous, l’article de Bruzz le souligne à raison.

Ce gouvernement à sept partis, doit maintenant relever le défi de redresser – en trois ans – ce que le passé et ces mois d’immobilisme ont causé. Il faudra également regagner la confiance de la population. L’accord de gouvernement semble plutôt rassurant, mais comme il a été expédié en trois jours et ne compte que 20 pages, nombre de décisions resteront à préciser et à négocier durement.

Un autre article de Bruzz souligne aussi qu’à l’exception du ministre PS Ahmed Laaouej, aucun des nouveaux membres du gouvernement n’est issu de l’immigration. Cela contraste fortement avec la réalité bruxelloise, les listes électorales et même le parlement. L’article analyse aussi les critères et les obligations qui prévalent pour la formation d’un gouvernement de coalition à Bruxelles. En priorité, il faudra maintenant que la coalition produise un projet de budget réaliste et précis, qui révèlera clairement les priorités retenues.

Dépossédés de notre vote ?

Seuls quatre des huit membres du nouveau gouvernement régional ont été élus au Parlement bruxellois le 9 juin 2024: Ahmed Laaouej, Karine Lalieux, Elke Van den Brandt et Ans Persoons. Les quatre autres n’ont pas sollicité nos suffrages pour le parlement bruxellois. C’est Caroline Sägesser du CRISP qui pointe cette situation, qui peut sembler étonnante et peu démocratique, mais néanmoins légale. Cela mérite réflexion.

Sur base des voix de préférence exprimées le 9 juin ont aurait eu : Ahmed Laaouej, David Leisterh, Françoise De Smedt, Soulaimane El Mokadem, Hadja Lahbib et Elke Van den Brandt, Fouah Ahidar, Lotte Stoops. Notre mode de scrutin ne le permet pas, mais cela cause un éloignement entre les résultats des élections et le choix des personnes qui nous gouvernent.

Scrutin proportionnel, gouvernements de coalition, particratie obligent. Les Bruxellois peuvent légitimement se sentir dépossédés de leur vote. Cela ne suscite guère l’enthousiasme de l’électeur et n’a pas tendance à renforcer sa confiance dans le système… Soulagée d’avoir, enfin, un gouvernement, Caroline Sägesser en dit plus ICI.

 

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Qu’est ce qui importe ?

Aujourd’hui, après plus de 600 jours en « affaires courantes », Bruxelles va à nouveau être gouvernée. Les partis de la majorité ont désigné leurs représentants et se sont réparti les responsabilités. Casting complet ICI avec des gagnants et des perdants. Qui comme ministre-président, chargé du respect de l’accord de majorité ? Comme premier parti à Bruxelles, c’est au président du MR qu’il appartenait de le désigner. Il fait durer le suspens jusqu’à la dernière minute et a créé la surprise.

Mons, samedi 07h du matin. G-L Bouchez décroche son téléphone et appelle le bourgmestre d’Uccle – Boris Dilliès – pour lui annoncer qu’il le charge de la ministre-présidence de la Région de Bruxelles. Portrait. Il doit déjà aller prêter serment une heure  plus tard avec son gouvernement et se rendre au Palais pour le faire dans les mains du roi. Tout va très vite, il n’y a plus de temps à perdre, une vraie révolution à mener… et pour certains, peut-être un avion à prendre pour les vacances de carnaval ? Voilà aussi le regard d’Isolde Van den Eynde de HLN, interrogée par La Libre.

Au-delà des procédures et des pouvoirs dévolus au président du MR, ce qui importe c’est que désormais ces femmes et ces hommes soient au service de tous les Bruxellois et plus seulement de ceux de leur parti. Ce qui importe, c’est le calendrier pour rattraper les 615 jours perdus à se toiser. Ce qui importe, c’est qu’ils rendent de l’espoir, restaurent l’image de Bruxelles, rééquilibrent les comptes et font ce qu’il faut pour qu’une telle situation ne puisse plus jamais se représenter. Une opposition solide y veillera.