Archives de catégorie : Gouvernance

Mère Patrie …

C’est elle qui défend le territoire. C’est elle qui instruit nos enfants, nous soigne et facilite nos déplacements. Elle fait encore bien d’autres choses qui nous échappent. Mais est-ce toujours une bonne mère ? C’est au cours d’un cabaret politique burlesque que Frédérique Lecompte incarne une drag queen excentrique qui aborde ces questions fondamentales.

La Belgique, le capitalisme, le patriarcat, le fascisme et les souvenirs personnels, tout y passe à travers le prisme déjanté d’une jeune femme de 68 ans, qui est fière et qui a honte. Honte de la colonisation, des prisons surpeuplées, des personnes sans papiers, des sans chez soi, … Tout cela au cours d’un cabaret-chaos clownesque et impertinent qui mélange stand-up, chant, musique live et numéros burlesques.

On aurait aimé y voir les femmes et les hommes politiques qui incarnent aujourd’hui notre Mère Patrie et son avenir. On aimerait aussi vous donner l’occasion de rire, de sourire et de retenir une larme. C’était final et sold out. C’est promis, elle reviendra à Bruxelles au printemps prochain. Un peu de patience, on vous avertira.

 

Un été chaud.

Greenpeace s’est penchée sur l’été 2026. Il nous a tous et toutes choquées, abîmées, parfois endeuillées. La chaleur a fait souffrir nos organismes. Elle a tué prématurément 2 935 Belges. La nature a été gravement meurtrie par la sécheresse. Des milliers d’hectares ont été détruits par les flammes. La presse – de plus en plus concentrée et taiseuse – c’est enfin remise (temporairement) à parler Climat. Greenpeace a décidé de passer à l’action.

Alors que l’impréparation de nos autorités était pointée du doigt de tous côtés, la réaction de nos responsables politiques fut le silence radio. Pire, alors que des foyers d’incendie sont toujours surveillés dans les Hautes Fagnes, et que le décompte macabre des victimes de la chaleur est toujours en cours, le gouvernement s’empresse déjà de nous faire oublier l’été en focalisant un maximum d’attention sur d’autres dossiers.

Le climat doit figurer en haut des priorités politiques car il conditionne notre santé, notre économie, notre bien-être, notre sécurité…. Œuvrer à la diminution drastique de nos émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique, cela passe par la fin rapide, planifiée, progressive et juste de l’usage des énergies fossiles. Pour les financer, il faut mettre à contribution les grands pollueurs, responsables historiques de la crise dans laquelle nous nous trouvons. Vous pouvez aussi agir ICI en bas de page avec votre plume.

Le rôle de l’Etat.

Des Catalans en ont marre de payer pour les Andalous, des Lombards pour les Italiens du Sud, des Flamands pour les Wallons et les Bruxellois. « Pourtant l’efficacité d’un État ne se mesure pas à la capacité d’une région riche à gérer seule son budget. Elle se mesure aussi à sa capacité à fournir des biens publics tels que la sécurité, la justice, les infrastructures, une capacité fiscale crédible.
Extrait d’un éditorial de Trends-Tendances.

 « Ces biens sont, par nature, non rivaux et non excluables à l’échelle d’un petit pays densément peuplé et économiquement intégré. Les États qui ont réussi des réformes structurelles – Canada, Allemagne, Espagne dans une certaine mesure – ont clarifié les compétences, préservé les mécanismes de coordination et de solidarité, de même qu’ils ont renforcé l’efficacité de l’État fédéral. » Une source d’inspiration face aux conséquences du réchauffement, des fusillades, des dettes accumulées ?

« Le problème structurel de la Belgique n’est pas qu’il y ait des Flamands, des Wallons et de Bruxellois. C’est que l’État a perdu sa capacité d’agir. Donc, oui, il faut réformer l’État belge. Mais sans émettre d’exclusive, sans confondre réforme et fragmentation. Et cela ne doit pas dédouaner les Wallons et les Bruxellois de redoubler d’efforts pour remettre leur région à flot ».

Il en va de notre sécurité.

À Anvers, l’activité économique génère un afflux important de conteneurs – parfois en charge de produits périssables ou urgents – qui ne permet que le contrôle d’environ 1,5 pour cent des conteneurs. Les trafiquants semblent  donc préférer Anvers à Rotterdam. De Standaard en français a mené l’enquête. Elle concerne Bruxelles, où s’écoule une grande partie du trafic.

Qui surveille les 6.000 caméras de surveillance déployées à Bruxelles? Pour L’Echo, la réponse est plus complexe qu’il n’y paraît. Ravivé par la crise du narcotrafic à Bruxelles, le dossier des caméras de vidéosurveillance, indispensables aux enquêtes sur les fusillades, est devenu une source de déperdition d’argent public et le théâtre de conflits internes. Une gabegie à laquelle le gouvernement régional va tenter de mettre fin.

Il manque 778 policiers au cadre de police de Bruxelles selon la norme KUL, qui ne reflète déjà plus la réalité démographique et criminologique de la Région. A Anvers, le cadre est entièrement rempli, avec même 49 policiers de plus que le cadre organique. Tout cela – et toujours le partage des forces entre six zones de police – explique sans doute pourquoi notre sécurité ne peut être garantie correctement, comme l’affirme le procureur du Roi.

Une vision régionale.

La lasagne institutionnelle belge fait des dégâts tous les jours. « La structure actuelle de la Belgique craque de toutes parts. » C’est De Standaard en français qui l’affirme ICI. Interrogeant Thomas Dermine, il lui demande si le PS est prêt à avancer sur la réforme de l’État si la question se pose ?

Thomas Dermine. « En historien, Bart De Wever voudra revendiquer sa place dans l’histoire. Tôt ou tard, il reviendra au premier point du programme de son parti et voudra refaçonner la structure de notre pays. Après vingt ans, nous ne pouvons pas continuer à dire : on est demandeur de rien. Nous devons élaborer une vision. »

« Nous devons passer à une Belgique à quatre Régions : la Flandre, la Wallonie, la Belgique germanophone et Bruxelles. Nous devons dissocier Bruxelles de la Flandre et de la Wallonie. Les défis propres à Bruxelles sont trop spécifiques. Bruxelles doit devenir la Babylone du monde moderne et rivaliser avec Washington DC comme capitale du monde libre. Qui comprend encore aujourd’hui l’architecture institutionnelle de Bruxelles ? C’est un nid de guêpes. »