Archives de catégorie : Institutionnel

Les communes au pouvoir ?

Luckas Vander Taelen est bien connu de nos lecteurs et parfois contesté. Il s’est lancé dans une analyse décalée de la composition du nouveau gouvernement régional et de ses priorités. Comme principal responsable de ces 600 jours de perte de temps, il pointe Ahmed Laaouej (PS), finalement seul gagnant. Il a réalisé ses ambitions et obtenu à peu près tout ce qui était important pour son parti, comme vous le verrez ICI. Y compris la présidence de la Cocof.

En opposant son veto à la N-VA contre la majorité composée du côté flamand, il s’est révélé être un sapeur systématique des lois bruxelloises. Le coût de son opposition est facile à calculer. Chaque mois sans gouvernement, la dette de la Région de Bruxelles-Capitale a augmenté de 100 millions d’euros. Sur une année, cela représente donc 1,2 milliard d’euros supplémentaires à ajouter aux 15 milliards de dettes bruxelloises.

Dans son article, Luckas a donc fait le bilan de tout ce que le PS a remporté, sans compter le poste de ministre, qu’Ahmed Laaouej s’est attribué. Il relève aussi que la Conférence des bourgmestres semble désormais disposer d’une place permanente au sein du gouvernement régional: trois des cinq membres francophones du gouvernement sont ou ont été bourgmestres. Ahmed Laaouej veillera à ce que toute tentative de réforme soit étouffée dans l’œuf… Le pouvoir aux communes ?

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Dépossédés de notre vote ?

Seuls quatre des huit membres du nouveau gouvernement régional ont été élus au Parlement bruxellois le 9 juin 2024: Ahmed Laaouej, Karine Lalieux, Elke Van den Brandt et Ans Persoons. Les quatre autres n’ont pas sollicité nos suffrages pour le parlement bruxellois. C’est Caroline Sägesser du CRISP qui pointe cette situation, qui peut sembler étonnante et peu démocratique, mais néanmoins légale. Cela mérite réflexion.

Sur base des voix de préférence exprimées le 9 juin ont aurait eu : Ahmed Laaouej, David Leisterh, Françoise De Smedt, Soulaimane El Mokadem, Hadja Lahbib et Elke Van den Brandt, Fouah Ahidar, Lotte Stoops. Notre mode de scrutin ne le permet pas, mais cela cause un éloignement entre les résultats des élections et le choix des personnes qui nous gouvernent.

Scrutin proportionnel, gouvernements de coalition, particratie obligent. Les Bruxellois peuvent légitimement se sentir dépossédés de leur vote. Cela ne suscite guère l’enthousiasme de l’électeur et n’a pas tendance à renforcer sa confiance dans le système… Soulagée d’avoir, enfin, un gouvernement, Caroline Sägesser en dit plus ICI.

 

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Qu’est ce qui importe ?

Aujourd’hui, après plus de 600 jours en « affaires courantes », Bruxelles va à nouveau être gouvernée. Les partis de la majorité ont désigné leurs représentants et se sont réparti les responsabilités. Casting complet ICI avec des gagnants et des perdants. Qui comme ministre-président, chargé du respect de l’accord de majorité ? Comme premier parti à Bruxelles, c’est au président du MR qu’il appartenait de le désigner. Il fait durer le suspens jusqu’à la dernière minute et a créé la surprise.

Mons, samedi 07h du matin. G-L Bouchez décroche son téléphone et appelle le bourgmestre d’Uccle – Boris Dilliès – pour lui annoncer qu’il le charge de la ministre-présidence de la Région de Bruxelles. Portrait. Il doit déjà aller prêter serment une heure  plus tard avec son gouvernement et se rendre au Palais pour le faire dans les mains du roi. Tout va très vite, il n’y a plus de temps à perdre, une vraie révolution à mener… et pour certains, peut-être un avion à prendre pour les vacances de carnaval ? Voilà aussi le regard d’Isolde Van den Eynde de HLN, interrogée par La Libre.

Au-delà des procédures et des pouvoirs dévolus au président du MR, ce qui importe c’est que désormais ces femmes et ces hommes soient au service de tous les Bruxellois et plus seulement de ceux de leur parti. Ce qui importe, c’est le calendrier pour rattraper les 615 jours perdus à se toiser. Ce qui importe, c’est qu’ils rendent de l’espoir, restaurent l’image de Bruxelles, rééquilibrent les comptes et font ce qu’il faut pour qu’une telle situation ne puisse plus jamais se représenter. Une opposition solide y veillera.

Enfin en conclave.

Depuis juin 2024, ont sait que le MR et PS sont les gagnants des élections et qu’ensemble ils peuvent constituer la base d’un gouvernement solide. Mais plus de 600 jours plus tard, les vétos des uns et des autres ont rendu jusqu’ici cette formation impossible, avec l’obligation d’une majorité dans chaque groupe linguistique. Temps nécessaire pour cette longue maturation ?

Après quelques coups de fil aux partis, Georges-Louis Bouchez (MR) a constaté que personne ne voulait être responsable de l’échec de sa tentative de la dernière chance. Fort de l’accord de suffisamment de partis pour constituer une double majorité, il s’est auto proclamé formateur et a lancé la tenue  d’un conclave, moult fois suggéré par la société civile. Les négociateurs sont réunis depuis mardi au finish à la Fondation universitaire. Bruxelles vaut bien un conclave.

S’il faut se réjouir de voir à table MR, PS, Les Engagés, Groen, Anders, Vooruit et le CD&V, la partie est loin d’être gagnée. L’équilibre budgétaire en 2029 plutôt que 2034, exigé par les libéraux francophones et flamands, demandera plus de sacrifices. Jean Faniel du CRISP, estime ICI, que l’on met peut-être « la charrue avant les bœufs ». Il y aura aussi la question du ministre-président, qui ne peut être un Montois. On parle de l’Uccloise Valentine Delwart, une femme de l’ombre, mais actuelle négociatrice MR.

La société civile en action.

Des centaines de Bruxelloises et de Bruxellois se sont rassemblés à la Bourse vendredi pour exiger des partis la mise en place d’un gouvernement. Des parlementaires convaincus faisaient partie de la foule. Même si on en aurait voulu des milliers, ce fut une manifestation réussie et réjouissante de la société civile.

Respect Brussels et We are Brussels ont aussi réussi à convaincre tous les partis (sauf Vlaams Belang non invité) de se retrouver autour de la table dimanche matin. Cela n’était plus arrivé depuis les élections de juin 2024. Personne n’a osé refuser l’invitation et le climat s’est avéré constructif, même si tous les tabous n’ont pas encore été entièrement levés,

C’est à un duo de démineurs que va être confiée la tâche d’aller plus loin. L’assemblée ne s’est pas encore entendue pour désigner ce duo, qui devra être composé d’une personne francophone et d’une néerlandophone. Deux noms circulent, mais rien de définitif : Yvan Verougstraete et Elke Van den Brandt, qui ont déjà été à la manœuvre. La société civile peut se réjouir de son exploit, même si le plus dur reste à faire.

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