Archives de catégorie : Energie

L’air que l’on respire.

C’est pour améliorer la qualité de l’air que l’on respire à Bruxelles qu’a été établi le calendrier des zones de basses émissions (LEZ). Selon une étude pilotée par UCLouvian, plus de 120 écoles fondamentales sont exposées à des concentrations de polluants atmosphériques supérieures aux recommandations de l’OMS. La plupart se situent dans les communes les plus pauvres.

C’est dire l’impact de la décision prise par les trois partis bruxellois francophones qui viennent de décider à la hâte de reporter de deux ans la mise à l’écart des véhicules les plus polluants. Les partis bruxellois néerlandophones se sont dit choqués par cette décision prise sans les consulter. Ce sujet complexe méritait bien un large débat démocratique.

Si le remplacement des véhicules anciens en 2025 pose un réel problème pour les Bruxellois les moins fortunés et demande solution, le report de leur mise hors service aura un impact important sur la santé des enfants de moins de 12 ans, dont les poumons ne sont pas encore entièrement formés. Alors, il s’agit de savoir quelle génération favoriser ? Il est vrai que les enfants ne votent pas …

Transports publics intégrés.

Le BRAL – citizen action brussels – et une série d’autres associations de la société civile ont publié une lettre ouverte, demandant aux futurs nouveaux gouvernements de rendre les transports publics plus attrayants en améliorant les liaisons entre les trains, les trams et les bus, avec un tarif unique et abordable.

Les transports publics sont un mélange de trains, de trams et d’autobus. Cette combinaison peut devenir beaucoup plus attrayante si les différents niveaux politiques travaillent ensemble de manière constructive et complémentaire pour un système de transport public intégré construit autour de nœuds bien choisis pour attirer de nouveaux passagers et offrir au fret ferroviaire des voies de circulation supplémentaires.

L’empreinte écologique des piétons, des cyclistes et des usagers des transports publics est largement inférieure à celle d’un automobiliste. La Suisse et l’Autriche montrent depuis longtemps la voie à suivre. Les trains, trams, bus et métros y circulent plus souvent, plus tôt et plus tard. Ils disposent d’une tarification intégrée, socialement juste, car des transports publics abordables doivent garantir la participation de chaque citoyen à la vie sociale. La réponse est attendue.

Fini les sauts de puce ?

C’est au décollage et à l’atterrissage qu’un avion consomme le plus de kérosène. Il est donc très néfaste de proposer de vols de courtes distances, surtout s’il y a une alternative rapide en train. Il existe cependant des vols entre Bruxelles et Amsterdam et entre Bruxelles et Paris et même de vols entre Bruxelles et Anvers ou Courtrai. C’est pour mettre fin à ces pratiques qu’une « contribution à l’embarquement » a été mise en place par le fédéral.

Elle est de dix euros pour les vols de moins de 500 kilomètres, de deux euros pour les trajets de plus de 500 kilomètres au sein de l’Union, vers le Royaume-Uni et la Suisse, de quatre euros enfin pour les plus grandes distances. Elle a rapporté  40,4 millions  en 2023. Tant mieux pour le budget de l’Etat, mais manifestement insuffisant pour dissuader les usagers. 3.887  mouvements  de jets privés enregistrés Charleroi et 3.115 à Liège Airport. Le dossier du Soir en dit beaucoup plus.

En ne taxant pas le secteur aérien à la mesure de ses émissions et de ses nuisances, la Belgique se prive de moyens budgétaires nécessaires pour décarboner les transports. C’est toujours au nom de l’emploi et de l’économie que les mesures nécessaires ne sont pas prises. La qualité de vie et la santé des personnes survolées passent toujours à l’arrière plan. Avec une taxation plus importante des sauts de puce et une taxation du kérosène à l’échelle européenne, l’effet dissuasif serait plus assuré.

En route pour le futur.

C’est reparti avec des nouvelles quotidiennes à propos de l’avenir de Bruxelles. Il y en a eu cet été … sauf que Bruxelles n’est toujours gouvernée et la Belgique non plus. On devra y revenir.

Améliorer les transports en commun, leur intégration et leurs fréquences semble unanimement reconnu comme une bonne manière de limiter la coûteuse et stressante congestion automobile. Bon score à Bruxelles, qui ne concerne pas seulement la STIB mais aussi les TEC, De Lijn, mais toujours pas les gares urbaines de la SNCB. Des associations s’insurgent. Les Bruxellois n’étant pas les seuls à utiliser ces divers transports, ne serait-il pas normal que le fédéral mette la main au portefeuille pour améliorer la Mobilité dans sa capitale ?

A New York, la gouverneure va instaurer un péage pour les automobilistes qui se rendent dans les zones les plus encombrées de Manhattan. Cela générerait un milliard de dollars par an, que la MTA emprunterait pour débloquer 15 milliards de dollars, en vue de moderniser son réseau, y compris le métro sous la deuxième avenue. Tiens un plan pour le Métro 3 ?

Audi nous a coûté cher.

Audi va mettre fin à la production de ses véhicules électriques haut de gamme produits à Forest faute de clients. Victime qu’elle est du fourvoiement de l’industrie automobile européenne, qui a voulu se concentrer sur des voitures de luxe pour amortir ses investissements. Une industrie qui exige aujourd’hui que l’Europe taxe lourdement les marques chinoises qui produisent des véhicules à moins de 25.000 €. Sauver les gaffes de l’industrie en pénalisant le consommateur ?

C’est incontestablement un drame à venir pour les travailleurs d’Audi. Personne ne s’en réjouit. Alors qu’elle a déjà investi plus 8 millions d’argent public dans cette entreprise privée, Bruxelles va-t-elle continuer à soutenir une énorme usine qui occupe 540 000 m², soit 10 % du territoire de Forest, mais emploie à peine 10% de Bruxellois. Vous en lirez plus sur cette compilation d’extraits de presse.

Que la Flandre pousse De Croo et sa task force à offrir de nouveaux avantages financiers à Audi, on peut le comprendre, puisqu’elle profite de la majorité des emplois. Mais Bruxelles doit-elle encore passer à la caisse ? Ces diverses aides faussent aussi la concurrence, que l’Europe ne tardera pas épingler. Tenter de sauver Audi est une noble entreprise, mais doit pouvoir se réaliser sans la Région de Bruxelles, qui en a déjà fait beaucoup pour bien peu d’emplois.