Archives de catégorie : Justice

Peur de manifester ?

Manifester ses opinions ou revendications pacifiquement dans l’espace public est un droit garanti par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Il se fait que dans de nombreuses manifestations, des groupes de casseurs – souvent cagoulés – s’immiscent dans le cortège et procèdent à des dégradations, des bris de vitrines et des violences, qui nécessitent l’intervention de la police pour tenter de maintenir l’ordre.

Un peu comme les hooligans dans le foot, ils nuisent à l’image des citoyens qui sont dans la rue pour le maintien pacifique de leurs droits. Pour les hooligans on a parfois trouvé des solutions, pas pour les casseurs professionnels. Bien qu’ils dénaturent l’objet des manifestations qu’ils infiltrent, l’enfermement préventif des causeurs de trouble, à la veille des manifestations, a vu sa légalité contestée, en Belgique comme en France.

Si les interventions agressives et disproportionnées de certains policiers vis-à-vis de manifestantes et manifestants pacifique est inadmissible, leur passivité devant les débordements ne serait pas davantage acceptable. Ce qui doit nous inquiéter aujourd’hui, c’est qu’il y a des gens qui ne vont plus oser participer à des manifestations. Les violences des casseurs et de certains policiers comme arme d’intimidation ? Cet article de Bruzz traduit pour vous ICI en dit plus.

extrait vidéo RTBF

Screenshot

Le futur des trottinettes.

La trottinette, facile pour se déplacer en ville et facile à ranger. Elle soulève pourtant toujours des questions: l’encombrement des trottoirs et des coins de rue, une utilisation excessive, une présence qui distrait et inquiète, une fréquence des décès parmi les utilisateurs qui augmente. Brussels Times estime qu’il est temps de réfléchir sur la manière dont nous traitons cette question, dont nous réglementons l’usage et éduquons les utilisateurs.

Des mesures ont été prises pour les autres modes de transport, non seulement dans l’intérêt des citoyens qui ne les utilisent pas, mais aussi dans l’intérêt des utilisateurs eux-mêmes. Ceintures de sécurité dans les voitures, casques pour les cyclistes, gilets de sauvetage sur les bateaux. Voire même des formations et des tests pour obtenir un permis. A quand pour les trottinettes ? alors que le nombre d’accidents enregistrés est passé à 470 au cours des trois premiers mois de 2025 contre 291 en 2024.

À Bruxelles, la vitesse maximale des trottinettes électriques partagées est déjà limitée automatiquement à 20 km/h dans toute la Région, et même à 8 km/h dans certaines zones spécifiques. Les trottinettes privées y échappent, parfois flashées à 106 km/h. Parmi les propositions on trouve: la réduction de la vitesse de 25 à 20 km/h pour tous, l’interdiction à la vente de véhicules dépassant les 20 km/h, le port d’un casque, une immatriculation, un examen et un test de conduite. C’est à ce prix que la trottinette pourrait trouver sa place dans le trafic.

 

Financer l’armement ?

La plupart des banques ont récemment revu leur politique d’investissement pour les portefeuilles qu’elles gèrent au nom de leurs clients. De nombreux clients estiment qu’elles devraient investir davantage dans la défense du pays. D’autres rappellent qu’il existe aussi des clients qui préfèrent éviter ce secteur, même s’il s’avère rentable.

Les banques disent tracer une ligne nette entre les armes conventionnelles et celles dites controversées. Elles s’abstiennent de financer des armes proscrites par des traités internationaux: armes à sous-munitions, mines antipersonnel, ainsi que les armes biologiques et chimiques. Pour Belfius, à la différence de KBC ou de Delen Private Bank, investir dans une entreprise produisant des armes nucléaires est parfois considéré comme acceptable. L’Echo en dit plus et publie une liste noire ICI.

L’excellente performance boursière des entreprises actives dans ce secteur – autrefois ostracisé- est évidemment un argument de poids. Vu la relative discrétion qui pèse sur l’information, si vous disposez d’un portefeuille, il peut être judicieux de prendre contact avec votre banque pour lui préciser les types de placements que vous acceptez et ceux auxquels vous refusez de contribuer.

Un scandale à bas bruit.

C’est dans un chronique pour Le Soir, que le politologue et philosophe Vincent de Coorebyter évoque un scandale à propos d’une ville sans gouvernement, quinze mois après les élections. Il s’étonne du peu de réactions de la population face à l’incapacité des partis à dépasser leurs divisions. Si Frédéric De Gucht (Open VLD) en apparaît comme le principal responsable, pour de Coorebyter, l’impasse dans laquelle se trouvent les négociateurs s’explique par bien d’autres raisons.

Passant par des élections au scrutin proportionnel, la démocratie représentative repose sur un contrat tacite. Les citoyens acceptent de se laisser déposséder de leur souveraineté: leurs votes ne déterminent ni la composition du gouvernement, ni le contenu des politiques menées. En échange, les élus doivent mériter leur pouvoir, démontrer leur capacité à former des majorités solides, qui noueront les compromis nécessaires à une bonne gouvernance.

Toujours sans gouvernement, ce pacte démocratique s’effondre. La légitimité du personnel politique s’approche de zéro. Des partis contestent toujours les choix de l’aile linguistique qui n’est pas la leur, alors que c’est quand ces ailes sont constituées que les négociations commencent, autour d’un programme sans exclusives. Les décennies précédentes on a vu des élus néerlandophones de Bruxelles s’émanciper de leur parti pour collaborer à un projet bruxellois transcommunautaire. La chronique complète vous en dira bien plus.

Communautés et communutarisme.

Qu’est-ce que le terme « communauté » recouvre aujourd’hui ? C’est la question que pose Vincent Lefebve dans la revue En Question. Il explore les multiples strates de cette notion aux usages politiques, sociaux et philosophiques mouvants. De la querelle philosophique entre libéraux et communautariens aux tensions politiques belges, en passant par les enjeux écologiques, il montre comment ce palimpseste conceptuel demeure un enjeu central du vivre-ensemble et de la démocratie contemporaine.

Vous aurez vu que cela vole haut, mais la lecture de cet article en vaut la peine, si le sujet vous intéresse. Il évoque les passions qui peuvent alimenter les divers communautarismes et constituer le terreau dans lequel les mouvements nationalistes et populistes enfoncent leurs racines et prospèrent. L’idée de communauté entre la tentation du repli identitaire et du rejet de l’autre et la volonté renouvelée de bâtir un monde commun. La pluralité humaine est ici perçue non comme une imperfection à corriger, mais comme un élément structurant de la condition humaine.

Un sens restreint et péjoratif du terme « communautarisme » s’impose alors dans le débat public, afin de dénoncer un phénomène de repli de certaines populations autour de marqueurs identitaires, le plus souvent culturels ou religieux. Cette accusation va crescendo, au gré d’événements qui surviennent sur les scènes internationale ou nationales, comme la multiplication d’attaques terroristes d’inspiration islamiste dans plusieurs pays européens, dont se rendent notamment coupables des nationaux dits « radicalisés ».