Qu’est-ce que le terme « communauté » recouvre aujourd’hui ? C’est la question que pose Vincent Lefebve dans la revue En Question. Il explore les multiples strates de cette notion aux usages politiques, sociaux et philosophiques mouvants. De la querelle philosophique entre libéraux et communautariens aux tensions politiques belges, en passant par les enjeux écologiques, il montre comment ce palimpseste conceptuel demeure un enjeu central du vivre-ensemble et de la démocratie contemporaine.
Vous aurez vu que cela vole haut, mais la lecture de cet article en vaut la peine, si le sujet vous intéresse. Il évoque les passions qui peuvent alimenter les divers communautarismes et constituer le terreau dans lequel les mouvements nationalistes et populistes enfoncent leurs racines et prospèrent. L’idée de communauté entre la tentation du repli identitaire et du rejet de l’autre et la volonté renouvelée de bâtir un monde commun. La pluralité humaine est ici perçue non comme une imperfection à corriger, mais comme un élément structurant de la condition humaine.
Un sens restreint et péjoratif du terme « communautarisme » s’impose alors dans le débat public, afin de dénoncer un phénomène de repli de certaines populations autour de marqueurs identitaires, le plus souvent culturels ou religieux. Cette accusation va crescendo, au gré d’événements qui surviennent sur les scènes internationale ou nationales, comme la multiplication d’attaques terroristes d’inspiration islamiste dans plusieurs pays européens, dont se rendent notamment coupables des nationaux dits « radicalisés ».

Bonjour, les communautés sont peu l’opposé des sociétés. L’individu se noie dans la société, alors qu’il reste central dans la communauté, non ?