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Logement touristique recadré.

La commission du développement territorial du Parlement bruxellois vient de donner son feu vert à un projet d’ordonnance visant à actualiser la législation de 2014, qui réglemente la mise à disposition d’hébergements touristiques, notamment via les plates-formes digitales. Il s’agit à la fois d’un simple logement chez l’habitant et d’immeubles entiers transformés en « hôtels » sans services.

Accusé de raréfier l’offre de logement à Bruxelles et de faire monter le prix des loyers, le logement touristique est source de profit, mais aussi souvent source de nuisances sonores et d’incivilités. Dans certains quartiers les vrais habitants finissent par être en minorité, remplacés par des occupants festifs occasionnels avec valises à roulettes. La vie de quartier en pâti, une raréfaction des commerces de proximité s’en suit, remplacés par des magasins et des horeca visant les touristes.

Vous lirez dans cette série d’extraits de presse que la nouvelle ordonnance semble loin de résoudre tous les problèmes bureaucratiques générés par la précédente. Des arguments opposés sont développés par l’opposition, par le secteur hôtelier, par les associations citoyennes et par les défenseurs du logement à court terme. Si l’ordonnance est votée sans amendements, gageons qu’il faudra déjà la réviser dès les premiers mois de mise en application …

Une ville stressante.

Les Bruxellois sont nombreux à être victimes de diverses pollutions sonores : les survols, les sirènes, les bars, les voisins, les chantiers, les musiciens de rue amplifiés … et de plus en plus « d’événements » de longue durée, qui semblent ne plus pouvoir se dérouler sans sonos tonitruantes, de jour comme de nuit.

Selon les informations de The Brussels Times, confirmées par Trends Tendances, la Belgique serait aujourd’hui le troisième pays le plus stressant au monde, derrière la Corée du Sud et les États-Unis. Les niveaux de pollution sonore et lumineuse y ont un impact significatif sur la santé mentale, en perturbant la qualité du sommeil et en augmentant le stress et l’anxiété. Bruxelles serait la troisième ville européenne la plus stressante après Rome et Athènes. «On estime que la gravité de la pollution sonore y réduit d’environ huit mois l’espérance de vie de ses habitants ».

Un groupe WhatsApp bruxellois s’est constitué pour répertorier un maximum d’abus de nuisances sonores, afin de pouvoir interpeler les autorités, qui semblent ne pas s’en soucier. Vous pouvez en savoir plus en visitant leur page Facebook et même les rejoindre ICI.

La Bourse aux Bruxellois.

Conçu en 1867 par Léon Suys, le Palais de la Bourse a été construit pour accueillir dignement les sociétés qui avaient besoin de trésorerie et les investisseurs qui disposent de capacités de financement. C’est à la Bourse de Commerce de Bruxelles – devenue place financière internationale –  et dans ses cafés, que se négociaient le grain d’Argentine, la dette turque, les mines congolaises et le prix du charbon … faisant de la Belgique un des pays les plus riches du monde. Après les agents de change et les courtiers, ce sont les six derniers agents d‘Euronext qui ont abandonné les lieux en 2014. Aujourd’hui, tout cela se passe sur Internet en temps réel.

Propriété de la Ville de Bruxelles, après rachat de l’emphytéose, la valeur historique de ce bâtiment se voit révélée par cet article de l’ARAU. Peu occupé depuis près de 10 ans, le palais a été splendidement restauré par le bureau d’architectes Robbrecht et Daem, avec une ardoise qui culmine quand même à quelques 83 millions. Enfin accessible au public, la Bourse est fort heureusement bien plus que le Beer Temple payant annoncé et critiqué. Ouverte de 10 à 22h, la galerie centrale de la Bourse comprend des bancs publics, un café, un restaurant, des salles d’exposition et de réunion, des espaces de coworking et le site archéologique Bruxella 1238.

Quatre mois après son ouverture, sa directrice – Nel Vandevannet – est fière de son bilan et des 200.000 personnes qui ont déjà traversé la Bourse. Vous pouvez la découvrir ICI et même à 360°. Et encore mieux en vous rendant sur place. Après une première visite de découverte des lieux, les Bruxellois n’y reviendront que s’il s’y passe quelque chose. Certains pensent que des expositions de prestige pourraient faire revenir des habitants du haut de la ville, qui actuellement boudent encore le centre

Photo extraite de l’article de BX1


L’Expo Steve McCurryà la Bourse en 2017 a reçu plus 80.000 visiteurs et a dû être prolongée

Le centre ville doit changer.

Billet d’humeur.

Le centre-ville et son large espace piétonnier sont loin d’être déserts – et il faut s’en réjouir – mais leur fréquentation ne reflète pas la grande diversité des citoyens de Bruxelles. Les habitants du haut de la ville s’en plaignent et donc n’y viennent plus. Ils sont de plus en plus nombreux à se rendre à la chaussée de Waterloo et à Waterloo, voire même à Anvers *.

Faut-il se résigner face à cette situation ? Faut-il accepter ces entre-soi réciproques qui se développent rapidement ? Faut-il laisser une partie de la population et les touristes s’emparer du berceau historique de notre ville ? Ne va-t-on pas le regretter ? Le Collège de la Ville croit-il que c’est avec de T dance party, des DJ tonitruants, des cannabis store et des durums qu’elle peut espérer concurrencer le pouvoir d’attraction d’Anvers et de Waterloo ? Et tout cela sans en finir avec le style Parc à Thème, sans remédier au bruit, à la malpropreté, à la présence des dealers, de personnes sous influence et de malades mentaux laissés sans soins ?

La Ville de Bruxelles ne doit-elle pas se rendre capable d’assurer la propreté de l’espace public et de mieux baliser les divers accès vers le centre ? De favoriser une mixité commerciale qui fait aussi de la place aux commerces d’exception ? Tout cela ne donnera cependant de résultats sans le retour des habitants du haut de la ville. A eux aussi de ne pas abandonner leur centre historique. A contribuer à l’émergence  d’une ville mixte. La poule et l’œuf ?

* Le Sablon a organisé ses « Nocturnes ». Une occasion pour les commerçants d’essayer de retrouver les clients d’avant, qui se rendent désormais à Waterloo et Anvers. (extrait BX1)

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Locations touristiques encadrées.

La pénurie de logements fait rage à New York et à Paris, où elle est encore bien plus forte qu’à Bruxelles. Toutefois, le développement rapide des locations touristiques a amplifié cette pénurie, en soustrayant de nombreux logements du marché immobilier. Paris a pris des mesures et obtenu gain de cause en justice, mais New York a été encore plus radical, comme vous le verrez plus loin.

La municipalité de NY a voté une loi qui interdit aux propriétaires de louer des dizaines de milliers de meublés touristiques pour une période inférieure à 30 jours. Elle autorise un propriétaire à louer une pièce de son appartement à condition qu’il soit chez lui durant tout le séjour. Les locataires touristiques ne peuvent être plus de deux. Chaque propriétaire-bailleur de courte durée doit s’enregistrer auprès de la mairie et lui verser une taxe de 145 dollars tous les deux ans.

Certains pensent que Bruxelles – qui compte un grand nombre d’investisseurs et de professionnels du logement touristique – pourrait s’inspirer de cette procédure. Elle pourrait remettre de nombreux logements sur le marché et espérer ainsi des prix de location plus abordables. L’article de la RTBF relève cependant un certain nombre d’impacts négatifs que cette législation new yorkaise risque d’entraîner. Un article plus complet en anglais se trouve ICI. L’Europe s’interroge. La ville de Bruxelles contre-attaque et la Région s’apprête à revoir sa règlementation actuelle. La nouvelle est déjà contestée. Nous y reviendrons.