Archives de catégorie : Energie

Audi nous a coûté cher.

Audi va mettre fin à la production de ses véhicules électriques haut de gamme produits à Forest faute de clients. Victime qu’elle est du fourvoiement de l’industrie automobile européenne, qui a voulu se concentrer sur des voitures de luxe pour amortir ses investissements. Une industrie qui exige aujourd’hui que l’Europe taxe lourdement les marques chinoises qui produisent des véhicules à moins de 25.000 €. Sauver les gaffes de l’industrie en pénalisant le consommateur ?

C’est incontestablement un drame à venir pour les travailleurs d’Audi. Personne ne s’en réjouit. Alors qu’elle a déjà investi plus 8 millions d’argent public dans cette entreprise privée, Bruxelles va-t-elle continuer à soutenir une énorme usine qui occupe 540 000 m², soit 10 % du territoire de Forest, mais emploie à peine 10% de Bruxellois. Vous en lirez plus sur cette compilation d’extraits de presse.

Que la Flandre pousse De Croo et sa task force à offrir de nouveaux avantages financiers à Audi, on peut le comprendre, puisqu’elle profite de la majorité des emplois. Mais Bruxelles doit-elle encore passer à la caisse ? Ces diverses aides faussent aussi la concurrence, que l’Europe ne tardera pas épingler. Tenter de sauver Audi est une noble entreprise, mais doit pouvoir se réaliser sans la Région de Bruxelles, qui en a déjà fait beaucoup pour bien peu d’emplois.

48% des Belges partiront en avion.

Selon le baromètre établi par Europ Assistance, repris dans cet article de L’Echo, les Belges seront 65% à partir en vacances cet été et 48% prendront l’avion au lieu de 37% l’an dernier. Brussels Airport Company en pleine croissance renoue avec un bénéfice significatif. Les affaires tournent pour Arnaud Feist, le CEO de la compagnie. Tant mieux pour les actionnaires canadiens et pour l’emploi. Tant pis pour la santé des personnes survolées et pour le climat.

Comme toujours, la presse semble se réjouir des résultats finaciers en progrès. Elle ne relève que très rarement que « l’avion décolle, mais que le train plafonne ». Elle « oublie » toujours de rappeler que le kérosène des avions n’est pas taxé. Que l’aéroport de Zaventem n’a procédé à aucune expropriation et autorise toujours de vieux avions polluants, moyennant un taxe supplémentaire qu’il empoche.

Une étude toute récente démontre que les populations résidant dans les 20 km d’un aéroport sont victimes des particules ultrafines (PM0,1) déversées par les avions et nocives pour la santé respiratoire et cardiovasculaire. Le Soir y consacre un article et T&E en dit plus en anglais sur son étude.

Communautés d’énergie.

Un quartier qui deviendrait autonome en produisant sa propre énergie verte n’est plus un projet pour le futur, mais est dès aujourd’hui une réalité concrète. Avec plus de 70 membres, « Energie Solidaire du Balai » a démarré ses activités il y a quelques semaines à Boitsfort avec le soutien de la Région et de la commune. Bruzz y consacre un article traduit pour vous ICI.

74 familles ont commencé à y échanger de l’électricité renouvelable et locale. Les participants du partage ont évidemment intérêt à consommer l’énergie lorsqu’elle est produite, ce qui peut réduire la surcharge du réseau électrique. Grace à leur solidarité, les participants se garantissent un prix stable, maîtrisent leur propre production d’énergie et participent à la lutte contre le réchauffement climatique.

Bien sûr, cela suppose une certaine motivation et une solidarité de quartier. Un millier de Bruxellois, tentés par ce type d’aventure, ont déjà fait appel au « Facilitateur », que Bruxelles Environnement met gratuitement à disposition, pour vérifier la faisabilité dans leur immeuble ou dans leur îlot.

Plus d’urgence climatique.

Avez-vous lu qu’il n’y a plus d’urgence climatique (fini) ou qu’il faut plus (davantage)  d’urgence ? La langue française est ainsi faite et crée le trouble dans les esprits. L’urgence climatique n’est plus une priorité. La crise de l’énergie et la crise agricole sont passées par là depuis lors, accompagnées d’une forte inflation. Le soutien au Green Deal (Pacte vert ) se craquelle de plus en plus et le climat passe à la trappe.

Alexander De Croo  et  Emmanuel Macron ont tiré le frein à main. Ils ont appelé à une pause  en matière d’environnement. Le détricotage du Green Deal a commencé. Au placard la révision Reach à propos des substances chimiques. La Commission von der Leyen a enterré le règlement qui devait réduire de moitié l’usage de pesticides d’ici 2030 et l’autorisation du glyphosate a été prolongé de dix ans. La restauration de la nature a été reportée sine die.

Les agriculteurs ont fait reculer l’UE sur la jachère, la rotation des cultures, le contrôle des petits exploitants… Les extrémistes de la droite dure épinglent à l’envi le «fanatisme vert» du Green Deal et l’écologie «punitive». Comment freiner la montée des partis de la droite extrême lors du vote européen ? Les renoncements climatiques s’expliquent aussi par la pression populiste qui a pesé sur l’ensemble des partis. Certains disent même ouvertement que cette stratégie permettra de mieux relancer les mesures environnementales s’ils sont au pouvoir après les élections

Good Move: stop ou encore ?

Non, la ministre Elke Van den Brandt de Groen n’en a pas fait trop: elle aurait même dû en faire plus. Le changement climatique n’attend pas et progresse inexorablement, tandis que Bruxelles tarde à prendre les mesures connues et nécessaires – mais impopulaires – pour limiter ce changement. Certains francophones pensent qu’il faudra voter pour elle chez Groen, à la fois pour qu’elle puisse poursuivre sa tâche et la corriger, mais aussi pour contrer la montée en puissance du Vlaams Belang.

En pleine campagne électorale, les partis en profitent pour lui faire porter le chapeau des réactions négatives à Good Move, surtout enregistrées dans les communes qui n’ont pas mené de bonnes campagnes d’information sur des décisions, cependant prises à l’unanimité par le gouvernement bruxellois, dont la plupart font partie. Un clientélisme aussi  facile que mesquin. Les articles de L’Echo et de BX1 en disent plus.

PTB et MR sont les plus hostiles et parlent de harcèlement et évoquent la liberté de choix de son moyen de transport. Ahmed Laaouej (PS) affirme: « le plan Good Move doit être mis de côté pour une nouvelle politique de mobilité, inclusive, au service des Bruxellois. Nous ne voulons pas de taxe kilométrique. Certains ont besoin d’un voiture pour travailler. Il faut un renforcement du transport public ». Ecolo et Groen parlent de rééquilibrage de l’espace public au bénéfice des modes alternatifs à la voiture (piéton, vélo, transports publics) qui seront poursuivis.

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