Archives de catégorie : Commerce

Cette chère eau.

Après les très nombreux articles à propos de l’eau du Hainaut contaminée par TotalEnergies aux PFAS – ce polluant éternel – et encore  ces articles sur les quantités astronomiques de microplastiques trouvés dans l’eau en bouteille, les Bruxellois sont désemparés. Qui croire ? Que faire ?

Alors qu’à Bruxelles, l’eau de distribution est propre à la consommation et surveillée de très près par Vivaqua et malgré le succès de la gourde, pourquoi la lourde et encombrante eau en bouteille, aussi coûteuse pour le porte-monnaie et pour l’environnement, a toujours autant de succès ? L’eau du robinet est de bonne qualité et si le goût de son désinfectant chloré vous déplaît, mettez-là quelques heures au frigo dans une cruche en verre avec quelques feuilles de menthe ou un peu de citron.

D’autres formules plus coûteuses, mais pas indispensables, son fort bien décrites ICI par Écoconso. Pour mettre fin aux idées reçues à propos l’eau, cet article de The Conversation remet les pendules à l’heure. Et si vous trouvez votre eau de distribution trop chère, n’oubliez pas que ce prix comporte aussi l’entretien du réseau de canalisations et l’assainissement de toutes les eaux que vous rejetez. 

L’eau n’est elle pas un bien commun ? Chacun ne devrait-il pas avoir droit à un minimum décent d’eau gratuite et au-delà, un vrai prix qui tient compte de tous les frais de traitement et d’acheminement ?

Happy Monday: alimentation + saine.

BX1 annonce que la STIB va tester des distributeurs automatiques de snacks sains dans trois stations de métro. Un premier pas vers une offre alimentaire plus saine sur le réseau des transports en commun ? Un enjeu à la fois sanitaire, environnemental et culturel. Encore faut-il arriver à rendre ces produits désirables, attractifs et payables pour s’implanter durablement. 

Qualifié de « Malbouffe Valley » par un article de la DH, le piétonnier – destiné à être la vitrine de Bruxelles – a échoué à installer un horeca qualitatif. Durums, hamburgers, mitraillettes, frites et pizza industrielle ont envahi la ville et la publicité alimentaire. Pas chère et rapide, cette offre séduit nombre de jeunes, mais pas qu’eux. Futura en décrit ICI la composition et les effets.

Une découverte récente révèle que la malbouffe s’attaque même au cerveau des enfants. Sucre, sel et graisse sont addictifs. Ne pourrait-on pas commencer par supprimer les distributeurs de snacks et de sodas dans toutes les écoles ? et y proposer des pommes, des bananes et de l’eau ? Interdire ou taxer les nombreux produits malsains présents dans les supermarchés comme l’épinglent la RTBF  et cet article de L’Echo ?

Illustration extraite de Futura

Un pouvoir non violent.

A Bruxelles, un groupe de manifestants a appelé au boycott d’Israël. Des cafés Starbucks et des magasins de vêtements Zara ont été hués. Une vitrine de Zara a été maculée de faux sang.  “Zara participe au génocide ! Zara assassine les enfants de Palestine !”. Ils ont aussi accusé Howard Shultz, le président de Starbucks, d’être un « propagandiste pour Israël », un sioniste convaincu. Des infos que nous n’avons pu vérifier.

Face aux multinationales et à leur puissant lobbying, le bulletin de vote ne suffit plus. Le boycott devient une arme citoyenne efficace. Il n’agit plus seulement sur le manque à gagner (baisse des ventes) mais aussi sur l’image d’une entreprise. Acheter, et surtout – ne pas acheter – constituent une stratégie non-violente, qui refuse toute coopération avec l’injustice. Nous avons tous le pouvoir de ne pas acheter un produit lié à une injustice ou néfaste à la santé.

« Ceux qui ont vraiment le pouvoir, c’est nous. Nous avons le pouvoir, mais nous refusons de l’exercer. Si nous refusions de porter des vêtements mal produits, d’utiliser des moyens de transport polluants ou de consommer des aliments artificiels, l’économie changerait radicalement. » Jacques Attali dans un article de L’Echo. Code Rouge vient de mener une action exemplaire et spectaculaire contre les jets privés à Anvers et Alibaba à l’aéroport de Liège. Ils organisent et soutiennent  la désobéissance civile de leurs 1.200 participants.

« Je suis terrifié. Mais j’ai encore plus peur de l’inaction face au dérèglement climatique »

Le centre ville doit changer.

Billet d’humeur.

Le centre-ville et son large espace piétonnier sont loin d’être déserts – et il faut s’en réjouir – mais leur fréquentation ne reflète pas la grande diversité des citoyens de Bruxelles. Les habitants du haut de la ville s’en plaignent et donc n’y viennent plus. Ils sont de plus en plus nombreux à se rendre à la chaussée de Waterloo et à Waterloo, voire même à Anvers *.

Faut-il se résigner face à cette situation ? Faut-il accepter ces entre-soi réciproques qui se développent rapidement ? Faut-il laisser une partie de la population et les touristes s’emparer du berceau historique de notre ville ? Ne va-t-on pas le regretter ? Le Collège de la Ville croit-il que c’est avec de T dance party, des DJ tonitruants, des cannabis store et des durums qu’elle peut espérer concurrencer le pouvoir d’attraction d’Anvers et de Waterloo ? Et tout cela sans en finir avec le style Parc à Thème, sans remédier au bruit, à la malpropreté, à la présence des dealers, de personnes sous influence et de malades mentaux laissés sans soins ?

La Ville de Bruxelles ne doit-elle pas se rendre capable d’assurer la propreté de l’espace public et de mieux baliser les divers accès vers le centre ? De favoriser une mixité commerciale qui fait aussi de la place aux commerces d’exception ? Tout cela ne donnera cependant de résultats sans le retour des habitants du haut de la ville. A eux aussi de ne pas abandonner leur centre historique. A contribuer à l’émergence  d’une ville mixte. La poule et l’œuf ?

* Le Sablon a organisé ses « Nocturnes ». Une occasion pour les commerçants d’essayer de retrouver les clients d’avant, qui se rendent désormais à Waterloo et Anvers. (extrait BX1)

10

Le pouvoir des influenceurs.

Nous nous trouvons face à l’incroyable succès de marketing de Prime, « boisson énergisante pour sportifs ». En quelques mois, la marque Prime Hydration, lancée par deux influenceurs, est devenue une référence. La boisson isotonique s’affiche déjà au FC Barcelone, Arsenal et au Bayern Munich. Elle n’a pourtant pas vraiment d’intérêt nutritif, comme le démontre une nutritionniste.

On vend donc du vent. Et cela marche. Prime est donc, avant tout, un succès marketing sans réel contenu. Pour s’installer sur le marché, les deux apprentis entrepreneurs ont largement compté sur leurs 50 millions de fans. Ils ont joué sur l’engagement. « Il ne faut pas juste aimer, il faut aussi partager autour de soi ». On trouve des élèves revendeurs. C’est le quotidien économique L’Echo qui révèle tout cela. Prime se retrouve  déjà à Bruxelles, notamment chez Colruyt. Au Canada, Prime a cependant été interdit pour avoir dépassé la dose de caféine tolérée.

Ce qui est le plus préoccupant, c’est que ces influenceurs pourraient vendre n’importe quoi. Et si pas eux, d’autres influenceurs. Agir contre des publicités mensongères, développer l’esprit critique dans nos écoles, promouvoir une alimentation saine et attrayante, s’avère indispensable pour combattre la malbouffe, dont les jeunes sont les premières victimes, mais pas seulement. L’offre  commerciale peu variée du piétonnier en est un triste exemple. 

Photo tirée du compte Facebook drinkprime KSI et Logan Paul

6
1