Archives de catégorie : Urbanisme

Métamorphose du Quartier Nord.

Le Quartier Nord que vous connaissez, c’est ce qui reste du méga projet Manhattan  inachevé des années Vanden Boeynants – De Pauw. Une enquête publique a été lancée pour son réaménagement.  Si tout le monde regrette que l’on ait détruit tout un pan ville il y a soixante ans, les avis divergent à propos de son réaménagement.

Certains estiment que dès lors que ce quartier est devenu un quartier d’affaires. Il faut à la fois le rendre multi-fonctionnel et assumer sa verticalité. Le projet introduit est largement mixte. Il marie 520 logement avec des bureaux et des équipements collectifs. Il renforcera la skyline d’un quartier qui compte déjà de nombreuse tours et va redonner à la gare du Nord une visibilité perdue et va interagir avec la rue et donc la ville.

L’association Inter Environnement Bruxelles est d’un tout autre avis. Pour elle, tout transpire la démesure: quatre nouvelles tours, 80.000 m² de bureaux de plus, 500 logements et des milliers de m² de galerie commerçante. IEB demande que ce projet soit mis en pause en attendant les études de mobilité en cours  et la décision du Conseil d’État dans le recours lancé depuis un an. L’ARAU évoque  les premiers pas de « l’Urban Ruling« .

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Vers une ville apaisée ?


A deux pas de la place Sainte-Catherine, l’ancien Hospice Pachéco a une longue histoire. Un ensemble de bâtiments classés entourent deux grands jardins. Un véritable havre de paix en pleine ville à deux pas du quartier du Béguinage. On y entend même des oiseaux. En attendant d’importants travaux de rénovation et de réaffectation, le CPAS  a mis les lieux à disposition d’une association culturelle pour les animer à titre temporaire.

C’était sans compter sur les réactions des riverains du quartier du Béguinage, qui ne sont pas des pisse-vinaigre, mais qui n’en peuvent plus des nuisances qu’ils subissent. Une demande de permis de l’asbl leur a donné l’occasion de faire part de leurs inquiétudes et de préciser leurs exigences en vue d’une cohabitation plus harmonieuse.

La Commission de Concertation a donné un avis positif mais – et c’est exceptionnel –  elle a assorti ce permis de toute une série de conditions, qui reprennent scrupuleusement et de manière exhaustive l’ensemble des critiques formulées par les riverains, par la Commission Royale des Monuments et Sites et par l’ARAU. Il ne s’agit évidement pas de faire de la ville un dortoir, mais de rechercher un équilibre entre les différentes fonctions de la ville et de les faire respecter.

Un débat survolté.

Plus de 400 personnes se sont retrouvées à l’AB ce dimanche à 17h pour débattre de la place et de la nature de l’espace public à Bruxelles, en présence des candidats aux prochaines élections communales. Priés de répondre aux questions, ils étaient aussi priés d’interroger l’assistance et d’écouter ses propositions. Une sonnette de tram interrompant les bavards et des aboiements de chiens coupant tout propos injurieux. Le ton est donné pour un débat atypique.

Les bancs publics enlevés à Saint- Catherine pour faire place aux terrasses commerciales est le point de départ. Si vous êtes élus, les remettrez-vous ? Les réponses fusent. Quelques acteurs envahissent l’estrade et repoussent les politiciens de leurs bancs pour installer une terrasse payante. Le débat se poursuit en toutes langues, interrompu par des performances et des rappeurs, qui illustrent concrètement les propos, sous les applaudissement d’une foule excitée.

Des Bruxelloises et des Bruxellois sont contraints d’habiter plus petit. Des espaces publics accessibles et verts leur sont  donc indispensables. Le débat se poursuit à propos de la sécurité, de la propreté, de l’action de la police, de l’écoute réservée aux travailleurs de terrain et à la société civile. Des réponses sont applaudies et d’autres huées. Ça chauffe. La trentaine de bancs payés par crowdfunding vont-ils partir dans le camion ou on les amène place Sainte Catherine ? La réponse sur les photos. Désobéissance civile pour une bonne cause ? Un débat passionné au-delà de la langue de bois.

La ville de demain.

« La ville à 10 minutes » est toujours un slogan plus qu’une réalité, mais il révèle une intention. Le bourgmestre de Bruxelles affirmait déjà en 2023 vouloir remodeler les quartiers, afin que chacun dispose au quotidien de l’essentiel à 10 minutes à pied de chez lui. Reste à le concrétiser. Les élections prochaines sont l’occasion de demander aux partis de mettre cela à leur programme.

Un boulanger, un boucher, une épicerie, mais aussi une école fondamentale, une crèche, un espace vert, un distributeur de billets et un arrêt de tram ou de bus, si pas un métro. Un confort nouveau pour tous les habitants et une réponse à trop de déplacements inutiles et polluants. Brussels Studies Insitute y a consacré une recherche.

On peut attendre des différents partis qu’ils s’en inspirent et l’inscrivent à leur programme pour le 13 octobre. Un agent de quartier pourrait être bienvenu. Les habitants pourraient investir l’école de leur quartier. Des comités de quartier pourraient assurer le relais avec leur commune. Des apéros urbains et des fêtes des voisins pourraient renforcer la convivialité et rompre l’isolement des familles. On peut rêver ou alors soumettre le projet aux partis les plus proches de sa commune.

La natation refait surface.

Le jour où paraissait notre billet SOS Natation, la chaîne d’info bruxelloise BX1 publiait un reportage cinglant qui posait la question: les Bruxellois savent-ils encore nager ? En 3ème primaire de nombreux enfants bruxellois n’ont presque jamais vu l’eau. Faute de place, d’infrastructures, de temps ou de moyens, certaines écoles suppriment les cours de natation et les parents n’ont pas toujours le projet ou le temps d’assurer cet apprentissage qui est pourtant une vraie assurance vie.

Dans notre pays, chaque année une dizaine de jeunes de moins de 24 ans perdent la vie par noyade. Une lectrice et un lecteur nous signalent qu’entre 1995 et 2019 le nombre de piscines accessibles au public en Flandre et à Bruxelles est passé de 486 à 299, par contre les centres aquatiques privés eux progressent. Des inégalités sociales importantes découlent évidemment de ce délitement de l’équipement public.

C’est Bruxelles en Mouvement qui fait ce constat dans son numéro de juin consacré au Sport. Dans l’article « Et moi je veux nager » on trouve une analyse détaillée de la situation. Avec son budget dans le rouge, on se demande comment la Région va pouvoir y remédier. Mais deux raisons d’espérer se pointent ICI.