Archives de catégorie : Urbanisme

Rénovation versus démolition.

CityLab nous présente un bâtiment horrible. Une construction moderniste de la fin des années 60, une forteresse carrée flanquée d’une tour à proximité du centre-ville. Et bien non, ce n’est pas à Bruxelles, même si cela évoque immanquablement quelques exemples bien connus. Il s’agit du siège de la Nederlandsche Bank, le bâtiment le plus laid de la ville, selon les Amstellodamois. Il est arrivé en fin de vie il y a 5 ans et la question de son futur était sur la table. Rénovation versus Démolition.

Déjà mentalement détruit dans la tête des riverains et de certains employés, cette île isolée est une tour d’ivoire coupée de la société et très énergivore. Au lieu de fuir vers un quartier d’affaires plus éloigné, la banque a finalement opté pour une rénovation en profondeur dans un autre état d’esprit, afin de pouvoir se maintenir dans le centre-ville. La rénovation sera lourde, mais va cependant éviter la destruction de tonnes matériaux de construction et devrait  réduire la consommation d’énergie et les émissions de carbone de plus de 80 %.

Avec ce nouvel espace, la banque centrale a enfin réglé sa dette envers la ville. Outre ses activités financières, elle fait de la place pour des salles d’étude, des salles de conférence et des expositions accessibles au public. Pas moins chère que la démolition-reconstruction, cette rénovation permet à la banque de s’intègrer dans la ville, préserve un témoin de l’architecture moderniste et serait finalement rentable à moyen terme. En savoir plus dans la traduction de l’article de CiyLab et pour les photos c’est ICI.

photos CityLab Bloomberg courtesy of De Nederlandsche Bank

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Meilleures villes pour se déplacer.

La technologie et l’innovation ont pesé lourd dans l’évaluation des villes mondiales qui se préparent le mieux à la mobilité future. Selon cet article de CityLab, Singapour s’est distinguée par la qualité de ses transports en commun, l’adoption des véhicules électriques et la sécurité de ses rues. Bruxelles semble ne pas figurer dans l’étude détaillée d’Oliver Wyman Forum (1).

San Francisco serait la ville la mieux préparée à l’avenir de la mobilité urbaine. L’adoption par la ville de véhicules électriques et d’autres innovations de haute technologie a éclipsé sa dépendance à l’égard des voitures particulières, ce qui lui a valu la première place dans un classement de 70 villes mondiales.

Les chercheurs ont notamment pris en compte des facteurs tels que l’accessibilité à pied, la qualité de l’air et l’utilisation de bus à émissions nulles pour établir un indice de préparation à la mobilité urbaine, qui analyse la capacité des personnes et des marchandises à se déplacer dans une ville et vers les centres habités environnants. Paris, Munich et Amsterdam, se sont distinguées par leurs systèmes de transport public robustes et par des universités qui collaborent avec succès avec le secteur privé.

(1) De taille moyenne, Leuven semble être un bon laboratoire pour le futur de la Mobilité, à laquelle elle consacre des études et des expériences avec l’université. De Lijn va y expérimenter des bus sans conducteur.

Automobile: idées reçues.

Les croyances ne manquent pas à propos de l’automobile et elles ont la vie dure.
Les femmes seraient-elles plus dangereuses au volant que les hommes ? C’est tout le contraire, décryptent trois sociologues. Mais l’imaginaire de la route s’est bâti autour d’une conduite automobile « virile », qui fait énormément de morts sur les routes chaque année. Mettra-t-on ma grand-mère sur un vélo ? Il faut accepter que pour certaines personnes et certains professionnels, il n’y a toujours pas d’alternative à la voiture.

Autre croyance: réduire la place de la voiture en ville serait impopulaire. C’est ce que pensent beaucoup d’élus, craignant de s’aliéner une part de leur électorat. Il s’agit pourtant d’une idée reçue révèle une étude française de l’ADME. Des mesures contestées au départ sont souvent plébiscitées par les citoyens quelques années plus tard. Un peu de courage politique donc et un peu moins de démagogie.

Une chose est sûre: en ville, la cohabitation entre automobilistes, piétons et mal aimés cyclistes peut virer au drame. L’aménagement urbain et le code de la route – pourtant devenu récemment code de la rue – sont-ils suffisamment adaptés à la multiplicité des usages qui se répand en ville ? Un autre Good Move ne s’impose-t-il pas d’urgence à Bruxelles, en faisant fi des offres simplistes et clientélistes de certains partis ?

La saga du Métro 3.

Une ligne de métro reliant le Nord de Bruxelles au Sud complèterait utilement le réseau de la STIB. La Région est-elle en mesure d’en assumer le coût ? Elle s’est manifestement lancée tête baissée dans ce projet pharaonique hors de contrôle, sans avoir la garantie de pouvoir le financer. En février on en était déjà à 4,7 milliards et l’ardoise ne cesse d’augmenter avec les problèmes « imprévus » survenus au Palais du Midi, sous les voies de la Gare du Nord et pour le percement du tunnel vers Bordet.

Que faire face à cette situation, qui mettrait les finances de la Région dans le rouge pour de très nombreuses années et empêcherait tout nouveau projet au profit de la population ? Certains pensent qu’il voudrait mieux abandonner le projet et arrêter les frais, certains parlent d’alternatives, d’autres estiment que c’est au fédéral à soutenir un projet qui ne profiterait pas seulement aux habitants de Bruxelles, d’autres encore mettent leurs espoirs dans un partenariat public-privé pour achever la ligne d’ici 2033. Le BRAL fait le point.

Toujours sans gouvernement pour arbitrer la situation, Beliris poursuit les travaux sur plusieurs sites. Les commerçants du Palais du Midi viennent d’être invités à résilier leur bail par la Régie foncière de la Ville, alors que le permis de démolition du Palais du Midi n’est pas encore accordé. N’est-il pas plus que temps que des partis s’accordent pour former un gouvernement bruxellois de plein exercice qui maîtrise cette situation ?

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Être propriétaire à Bruxelles.

Le PS tente de faire adopter un projet de loi Loyers avec une majorité de gauche alternative au parlement bruxellois. En effet, des générations de locataires ont eu bien du mal à résister au pouvoir d’un certain nombre de gros propriétaires immobiliers parfois très gourmands. Dans le passé, le gouvernement régional a déjà voulu y mettre fin, en garantissant davantage de droits aux locataires. Trop de droits aujourd’hui  Certains propriétaires estiment ne plus être maîtres de leurs biens et menacent de désinvestir.

A Bruxelles, le marché locatif se trouve dependant largement dans les mains de petits propriétaires, investissant pour s’assurer un complément de retraite. Pour des raisons environnementales, de PEB et de sécurité, ils sont obligés de financer de nouveaux investissements souvent considérables. Simplement pour maintenir le niveau de leurs revenus, ils sont obligés d’augmenter les loyers. Une protection excessive des locataires finit donc parfois par se retourner contre eux.

Une population qui augmente et une offre de logement insuffisante – souvent peu adaptée à la situation financière d’un grand nombre d’entre eux – explique pourquoi plus de 50.000 ménages sont demandeurs reconnus d’un logement social. De multiples réglementations d’urbanisme et des délais scandaleusement longs pour délivrer des permis, freinent aussi la création de nouveaux logements. Une professeur de l’ULB prend ici manifestement la défense des propriétaires, trop généralement présentés comme des monstres sans âme. Un autre point de vue.

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