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La société civile en action.

Des centaines de Bruxelloises et de Bruxellois se sont rassemblés à la Bourse vendredi pour exiger des partis la mise en place d’un gouvernement. Des parlementaires convaincus faisaient partie de la foule. Même si on en aurait voulu des milliers, ce fut une manifestation réussie et réjouissante de la société civile.

Respect Brussels et We are Brussels ont aussi réussi à convaincre tous les partis (sauf Vlaams Belang non invité) de se retrouver autour de la table dimanche matin. Cela n’était plus arrivé depuis les élections de juin 2024. Personne n’a osé refuser l’invitation et le climat s’est avéré constructif, même si tous les tabous n’ont pas encore été entièrement levés,

C’est à un duo de démineurs que va être confiée la tâche d’aller plus loin. L’assemblée ne s’est pas encore entendue pour désigner ce duo, qui devra être composé d’une personne francophone et d’une néerlandophone. Deux noms circulent, mais rien de définitif : Yvan Verougstraete et Elke Van den Brandt, qui ont déjà été à la manœuvre. La société civile peut se réjouir de son exploit, même si le plus dur reste à faire.

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Plus qu’un musée.

Toujours en chantier, l’ancien garage Citroën poursuit sa mue en musée d’art moderne et contemporain. En bordure du canal, il compte cependant bien dépasser le simple musée, pour créer “une ville ouverte sur la ville”. Un projet enthousiasmant qui placera Bruxelles sur la carte de l’art contemporain et qu’Yves Goldstein défend farouchement. Même TV5 Monde en parle.

Kanal vient de rendre public son programme d’ouverture de fin novembre. Pas moins de 10 expositions et installations longuement préparées par sa directrice artistique avec la (coûteuse) collaboration du Centre Pompidou, qui prêtera des œuvres à Kanal, qui n’a pas de collection et n’a pu convaincre le Musée des Beaux-Arts fédéral de lui prêter sa collection d’art moderne, largement en réserve.

Mais voilà, il manque la bagatelle de 50 millions pour finir les travaux et 29 millions pour les frais de fonctionnement annuels. La RTBF fait part  d’inquiètudes et L’Echo livre une analyse de la situation. Un peu comme pour le Métro 3, la Région sous financée pouvait elle se lancer dans une telle aventure ?

>>>  serez-vous à la Bourse ce soir ?

Électricité: 64% de frais et taxes.

Seuls 36% de votre facture sert à payer l’électricité consommée, tout le reste ce sont des frais de distribution, des accises et des taxes ! Vous en trouverez tout le détail ICI, mais bien plus encore dans l’émission Les Clés. Ce n’est pas comme cela qu’on va convaincre les Bruxellois de se déplacer et de se chauffer avec une énergie électrique performante (1).

Il y a donc de la marge pour réduire le prix de l’électricité, si on veut la privilégier comme source d’énergie performante et productible localement sans polluer la planète. Cela dépend largement du Fédéral. S’il ne peut se permettre de perdre cette rentrée, il pourrait mettre sur le gaz la TVA et les accises qu’il supprimerait sur l’électricité.

L’augmentation progressive de la taxation du gaz – dont on veut réduire l’usage vu la dépendance et la pollution qu’il entraîne – pourrait donc servir à baisser le prix de l’électricité, sans déséquilibrer le budget de l’État. Un signal clair et rapide doit être donné aux Bruxellois, dont certains en passe de devoir choisir une nouvelle source d’énergie et le matériel nécessaire pour l’utiliser à bon escient. On en reparlera.

(1) Avec une pompe à chaleur, chaque kWh consommé produit en moyenne 3 à 5 kW (kWh) de chaleur. Avec une chaudière à énergie fossile, le rendement n’est que de 1.

 

Vers une ville plus conviviale.

Si une ville se doit d’être fonctionnelle, ne doit-elle pas aussi être relationnelle ? Selon les auteurs d’un livre qui vient de paraître « Cinq leviers de la Ville relationnelle » ces deux notions doivent se compléter. La ville relationnelle a cependant du retard à rattraper et cela ne se fait pas en une mandature. Le temps des politiques et celui de l’urbanisme d’une ville ne sont pas alignés.

Vous voulez connaître ces cinq leviers pour une ville où l’on se sent bien ? Les voici sans commentaires. « Les ruisseaux de fraîcheur. La deuxième peau des parcs. Les bandes ludiques. Les carrefours vivants. Les parkings prévenants ». Cela demande évidemment des explications et des exemples de réussite. Les auteurs ont été se balader à Lyon, à Nantes mais aussi à Namur, Liège et Bruxelles à la découverte de quartiers conviviaux.

Vous en découvrirez quelques aspects ICI et pourriez en devenir des partisans. Les auteurs ne cachent cependant pas la résistance qui s’exprime chez les automobilistes mais surtout chez les commerçants, qui ont peur du changement. Il faut faire preuve de beaucoup de pédagogie pour leur expliquer qu’à moyen terme leurs affaires retrouveront un équilibre et même une progression. Mais tous ne peuvent tenir le coup si longtemps.

 

Parquer devant chez soi.

N’essayez pas de poser impunément une table et deux chaises sur la chaussée. Par contre, depuis les années 30, vous pouvez y stationner indéfiniment votre automobile, sauf exceptions dûment signalées. Même sur la Grand-Place jusqu’en 1972. Les Bruxellois ont pris de mauvaises habitudes et ont vite considéré que parquer devant sa porte était un droit et même de préférence gratuitement.

Avec l’explosion du nombre de voitures en circulation, ce « droit » s’est exercé au détriment des droits des autres usagers d’un espace public restreint: les piétons, les cyclistes, les voitures d’enfant, les fauteuils roulants, les terrasses. Considéré comme un avantage acquis, supprimer des places de stationnement se heurte souvent à de violentes contestations, surtout de la part de ceux et celles qui n’ont pas les moyens de se payer un garage.

Si vous ne pouvez plus stationner gratuitement devant chez vous, que vous propose-t-on à la place: une terrasse ? un petit parc à deux pas ? un espace de jeux sécurisé pour vos enfants ? A Anderlecht et Molenbeek on trouve des pour et des contre. il semble que nous ne soyons pas très doués pour vendre cette vision, pour changer les mentalités. Du pain sur la planche.

publication de Kadir Gübüdük