Archives de catégorie : Langues

Un atout et un défi linguistique.

Avec la présence de 104 langues et 189 nationalités sur son territoire, Bruxelles est une véritable ville multilingue, mais les Bruxellois le sont-ils ? L’école est supposée délivrer des citoyens bilingues, voire trilingues, s’ils parlent à la maison une autre langue que le français ou le néerlandais.

En secondaire s’ajoute encore l’anglais, avec pour ces langues peu de native speakers en mesure de faire aimer la langue et découvrir sa culture. Les classes d’immersion à Bruxelles sont trop peu nombreuses. Les formations destinées aux régents en langues germaniques et celles de master en langue et littérature sont-elles adaptées pour enseigner les langues au public de nos classes ? Les résultats semblent peu probants ?

Le Conseil bruxellois pour le multilinguisme s’est penché sur toutes ces questions. Il vient de publier un communiqué de presse qui contient le résumé des recommandations qu’il adresse aux différents gouvernements. Il le fait avec lucidité et n’évite pas les questions les plus sensibles. Le mémorandum complet peut-être chargé depuis leur site.

La parole à la diversité.

Bruxelles est la ville d’Europe la plus diverse selon l’origine de ses habitant·es, très loin devant Londres, Amsterdam et Paris. À Bruxelles, en 2021, seuls 22,5% des Bruxellois avaient deux parents belges à la naissance, alors que ce chiffre frôle les 60% en Wallonie et dépasse les 70% en Flandre. C’est dire si la capitale de l’Europe est représentative de la diversité des habitants de l’Europe et de celle des pays qui l’entourent.

Malgré la diversité de son personnel politique et de nombreuses proclamations plutôt sympathiques, Bruxelles reste marquée par des discriminations persistantes et par un déni de sa propre diversité ethnoculturelle constitutive. La police, par exemple, est fort peu à l’image de la population de la ville. C’est en vue des prochaines élections que Les Lundis Cosmopolites ont commencé à donner la parole à la diversité ethnoculturelle bruxelloise à propos des questions qui les préocupent et pour mieux inscrire cette diversité dans l’identité bruxelloise, au-delà des clichés et des stéréotypes.

Ces rencontres se poursuivent à la Maison commune, au 81 rue Mercelis à Ixelles. Les débats seront animés par Maryam Benayad et Henri Goldman. Le public est convié à participer. Une synthèse au vol sera opérée par Edgar Szoc, président de la Ligue des droits humains. Le programme des lundis se trouve ICI.

L’intelligence artificielle est là.

Ici, on parle rarement d’Intelligence Artificielle (IA). Et pourtant, les « techies » d’aujourd’hui sont bien éloignés des programmeurs de la génération précédente. Ils se contentaient souvent de travailler à « inventer des applications pour commander à manger » … Les créateurs de l’IA sont eux persuadés de participer à « la plus grande révolution de l’histoire de l’humanité ». Même si un lecteur préfère parler de « synthétiseurs » artificiels plutôt que d’intelligence. Il se méfie d’un discours consensuel vite considéré comme « la » vérité.

Les grands modèles de langage, capables de générer du texte, vont devenir si performants que « le concept entier de programmation d’ordinateurs va, à terme, être remplacé ». Plus besoin de codeurs. Les « perturbateurs » d’hier seront les perturbés de demain… « Nous ne serons plus des consommateurs, mais des producteurs »« Dans vingt ans, les gens feront peut-être des choses plus intéressantes que de répondre au téléphone toute la journée dans les centres d’appels »Le Monde en dit plus ÌCI.

L’intelligence artificielle est la nouvelle ruée vers l’or. Les investisseurs déversent leur argent sur les start-up, comme il y a dix ans sur les réseaux sociaux. San Francisco était dite en perdition, aujourd’hui elle est la capitale mondiale de l’IA. Le maire y a proclamé des réductions d’impôt pour les entreprises technologiques qui y signeraient un bail de plus de trois ans. Et Rudi Vervoort ?

Déjà chargé et testé l’application CoPilot de Microsoft ?

Bibliothèques nouvelles.

On aurait pu les croire disparues avec l’arrivée de l’informatique, mais les bibliothèques ont fait peau neuve à Bruxelles et se sont donné de nouveaux objectifs. Carrefour de culture et de réflexion, lieu de connaissance et d’action sociale, elles ont diversifié leurs médias. Sur demande, elles donnent même accès à toutes les collections des anciens Points Culture. Les nouvelles bibliothèques préparent le futur de Bruxelles.

Implantées dans 56 quartiers, elles varient en tailles et leur dynamisme est lié à la créativité de leurs animatrices et animateurs. Le réseau bruxellois propose régulièrement des présentations de livres par leurs auteurs, des groupes de lecture, des nocturnes, lire dans les parcs, des arpentages collectifs, des ateliers d’écriture,  la confection de livres uniques, une initiation à l’informatique, du soutien aux étudiants, … et même des écrivains publics. Tous les services sont aujourd’hui gratuits. Moustique y consacre un reportage assez vivant.

Deux millions de livres, 96.000 films et séries, le site de la Fédération Wallonie Bruxelles en dit plus sur ses trésors. Elle soutient le réseau de bibliothèques et leur assigne des missions. Les membres de chaque bibliothèque sont amenés annuellement à s’exprimer sur leur degré de satisfaction et à émettre des suggestions. Il existe aussi un réseau de bibliothèques néerlandophones dont le centre multilingue Muntpunt à la Monnaie.

Déjà découvert votre bibliothèque de quartier ?

Réglementations illisibles.

Nul n’est censé ignorer la loi. C’est la base de notre vie en commun. Sauf que, la loi c’est des milliers de pages que même les juristes peinent à mémoriser et à interpréter. Sauf que, le langage utilisé est souvent incompréhensible pour une très large partie de la population, police y compris.

Pour mettre les services d’urgence et les forces de police à l’abri d’un usage offensif des feux d’artifice, Rudi Vervoort vient de transmettre à Belga la réglementation qui sera d’application du 15 décembre au 3 janvier. Je vous invite à découvrir ICI cette littérature, dont Kafka n’aurait pas à rougir et que la police est cependant chargée de faire respecter. Un florilège. Vous allez vous délecter.

À Bruxelles, où plus de la moitié de la population n’a ni le français, ni le néerlandais pour langue maternelle, ne devrait-on pas être particulièrement attentif à la rédaction des règles et arrêtés que les citoyens sont supposés comprendre et appliquer ? Il ne s’agit pas  seulement d’être juridiquement imparable, mais aussi d’être compréhensible par la population. Une relecture, une vulgarisation à soumettre systématiquement avant publication ?