Des enseignants francophones et flamands marchaient hier dans Bruxelles pour exiger de tous les partis qu’ils s’engagent à faire de l’éducation une priorité. S’il faut faire des économies, cela ne peut s’opérer sur l’éducation des jeunes. Ce serait se tirer une balle dans le pied. Il y a trop d’élèves par classe et il y a un manque de professeurs. Il faut y remédier de toute urgence. Il en va de la formation d’une nouvelle génération.
Pour celles et ceux qui ont vu le film Amal de Jawad Rhalib ou lu ces témoignages, il n’est pas nécessaire de rappeler combien l’école est essentielle, surtout dans une ville aussi métissée que Bruxelles. Maîtriser sa langue maternelle et maîtriser la langue de l’école, pour pouvoir parler à ses voisins, pour s’enrichir de nouvelles relations, pour s’adonner à la lecture avec plaisir. On pense avec des mots, plus ils sont divers, plus la pensée est riche et subtile. Plus ils sont pauvres, moins le langage est convaincant et mène parfois même à la violence physique.
Faire peuple à Bruxelles repose largement sur le passage par l’école. Pas seulement pour lire, écrire et calculer, mais aussi pour exprimer des espoirs, des sentiments, des émotions. Une école simplement ouverte, exigeante et tolérante, qui conduit à une société riche des apports de toutes les cultures et basée sur le respect des convictions de chacun. Une société qui reconnaît la dignité de chaque femme, de chaque homme, de chaque enfant. On peut rêver. On doit rêver.
