« Qu’avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus. » Beaumarchais (1778).
Faut-il diminuer ou augmenter les droits de succession à Bruxelles ? Un sujet très polémique. Qu’on hérite de la maison familiale et d’objets auxquels on est attaché et même d’un peu d’argent, peut sembler naturel et équitable. En va-t-il de même s’il s’agit d’hériter d’un empire immobilier ? d’une usine qui emploie mille ouvriers ? d’une forêt de centaines d’hectares ? Pourquoi les économistes défendent une plus forte taxation de l’héritage ?
Selon le rapport d’Oxfam 79 % de la richesse des milliardaires belges est héritée. La part du patrimoine hérité dans le patrimoine total représente désormais 60 %, contre 35 % au début des années 1970. Vers une société de rentiers ? Tout le monde ne devrait-il pas idéalement avoir les mêmes chances de départ ?
« Personne ne devrait commencer la vie avec 10 millions ». Paul De Grauwe en dit plus.
Deux tiers de Belges pensent que les droits de succession réduisent les inégalités dans la société, 38 % ne sont pas de cet avis. Ce n’est cependant pas un « impôt sur la mort« .
En Belgique, les droits de succession sont de compétence régionale et différent de Région à Région, dont ils alimentent le budget. A Bruxelles, ils sont nécessaires pour améliorer le réseau de transports en commun, pour entretenir les voiries et les tunnels, pour verduriser la ville, pour ramasser et traiter les déchets, pour fournir de l’eau à tous, … Certains estiment cependant qu’ils ne peuvent contrôler le bon usage qui sera fait de leur argent et préfèrent léguer leurs biens à des associations ou des fondations dont les objectifs sont connus. On en reparlera.
