Archives de catégorie : Langues

Un canon flamand.

ll y a longtemps qu’on parle de cette commande du gouvernement de Jan Jambon, voilà que le canon est sorti. Une tentative de définir l’identité flamande voulue par Bart De Wever, qui pourtant affirmait jadis au Standaard « L’histoire ne se laisse pas canoniser en une vérité absolue et éternelle. Établir une version officielle du passé est typique des régimes totalitaires ». C’est justement l’un des éléments qui inquiète de nombreux historiens du nord du pays. Plusieurs historiens flamands estiment que le projet « sent la naphtaline » et tente de s’assurer un passé prestigieux.

Il s’agit d’une Bible de l’identité flamande réalisée par une équipe d’historiens « autonomes et pluralistes ». Le canon a listé « tous les points d’ancrage de l’histoire et de la culture flamande ». Il devra notamment être appris par les élèves et les primo-arrivants. L’objectif est de créer un sentiment collectif d’identité nationale en organisant une sorte de culte autour de différents symboles pour renforcer l’identité flamande. Celle du canon flamand ou de celle de notre société multiculturelle demande la VRT ? Ce qu’en dit De Morgen, est traduit pour vous ICI.

Un groupe d’historiens flamands contestent le contenu du canon. Avec une histoire imposée d’en haut, vous obtenez une instrumentalisation politique de l’histoire. Un des outils que la N-VA veut utiliser pour éroder l’attachement à la Belgique. Ils veulent garder l’identité flamande aussi pure que possible, veulent que les Flamands soient fiers de l’histoire de la Flandre et que les gens s’y adaptent, qu’il n’y ait pas de cosmopolitisme qui serait « trop polluant » pour cette identité. Voilà les 60 fenêtres qui composent le sommaire du canon et ici sa version complète déjà en ligne.

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Tous au numérique ?

Le Gang des Vieux en Colère rassemble des Bruxellois et des Bruxelloises excédé.e.s.
« Si nous n’y prenons garde, un jour tous les pans de notre vie basculeront dans le numérique. Pour une place en crèche, à l’école, Actiris, la mutuelle, la bourse d’études, les impôts, la pension… Du berceau au tombeau, tout sera réglé comme du papier… dématérialisé ». Cela suffit !

Le parlement bruxellois doit entamer l’examen d’un projet d’ordonnance « Bruxelles numérique », qui fera basculer toutes les administrations communales et régionales dans le numérique. Actuellement, sans obligation claire en matière de guichets et de services téléphoniques de qualité, pour garantir un accueil humain dans les services publics. Vous voulez en savoir plus ?

Le jeudi 25 mai à l’ULB, le collectif « Ce Qui Nous Arrive »  organise un Grand Débat à ce sujet. Ils veulent y interpeller chacun des groupes politiques francophones représentés au parlement régional.  Cela ne se passera pas en catimini. Inscription gratuite mais obligatoire ICI.

Brusseleir ou Vloms ?

Jean-Jacques De Gheyndt a une conception assez personnelle du fait dialectal bruxellois. Docteur ès Sciences et professeur de brusseleir et de vloms, il a toujours eu le souci d’associer rigueur scientifique et plaisir de l’esprit. Comme il n’a trouvé aucun livre consacré au fait dialectal bruxellois, il a décidé d’écrire ce livre lui-même.

Les dialectes sont souvent présentés comme vulgaires et populaires (dans le sens péjoratif du terme) en comparaison des langues officielles, censées seules capables de traduire un esprit élevé et d’exprimer science, poésie ou philosophie. Les parlers de Bruxelles n’y échappent pas.

Jean-Jacques a toujours été sensible à la convivialité humaine qui anime la faculté d’autodérision des Bruxellois. Son site « Pour la Science et pour la Zwanze » en est la confirmation et en fera rire plus d’un et plus d’une, même lorsqu’il aborde les sujets les plus sérieux.

Happy Monday: Bruxelles se réveille.

Bien avant la naissance de ce blog, des Bruxellois engagés – et fort peu de Bruxelloises faut-il le dire – se réunissaient déjà depuis 1999 à La Tentation, rue de Laeken. Ils y discutaient de l’avenir de Bruxelles, au-delà des barrières linguistiques qui minaient la vie politique et la société civile depuis de très nombreuses années.

 » Si une véritable conscience bruxelloise était déjà en train de naître du côté flamand, la sauce n’avait pas encore pris du côté francophone tant était toujours dominante l’idéologie du Bruxelles français. Ce courant disposait alors d’un puissant moniteur: le quotidien Le Soir qui incarnait sans faiblir l’identité francophone de la ville  » avec le FDF comme maître à penser.

Alors que d’un côté « les Flamingants menaçaient d’annexer « Brüssel » sur fond de bruits de bottes » de l’autre côté « des francophonissimes prétendaient représenter 95% de la population et méprisaient le néerlandais ». Le Club de la Tentation, mais aussi Les Vendredis de la ville vont adopter un autre ton et préfigurer ce qui deviendra bien plus tard le « Nouveau mouvement bruxellois » avec Manifesto, L’Appel des Bruxellois, Les Etats Généraux de Bruxelles repris ICI et puis la publication de « Demain Bruxsels ».

Le Blog Cosmopolite vous en dit plus sur cette longue évolution.

Catholiques minoritaires ?

La diminution de la pratique religieuse catholique en Belgique est telle que Caroline Sägesser s’autorise cette question: les catholiques sont-ils devenus une minorité en Belgique ?  C’est sur base du rapport annuel 2021 de l’Eglise catholique qu’elle se livre pour le CRISP à une analyse détaillée des chiffres et de leur signification.

Si en 1977, on comptait encore 77,7% de mariages à l’église à la suite du mariage civil, ils tombent à 9,9% en 2021. Pour les baptêmes, ils passent de 85,2% en 1977 à 31,2% en 2021. Pour ce qui est des prêtres,  71,3 % d’entre eux sont aujourd’hui âgés de plus de 65 ans et l’Église de Belgique  se voit contrainte de faire appel à l’étranger, notamment au Congo. Il n’y a pas de chiffres spécifiques pour Bruxelles, mais tout porte à croire que la baisse y est encore plus sensible.

La crise Covid-19 n’y est sans doute par pour rien non plus, mais n’explique pas une baisse continue depuis la fin du siècle passé. Toutefois la vitalité du monde catholique reste manifeste dans le monde culturel: organisations caritatives, éducation permanente, coopération internationale et, surtout, enseignement – une majorité d’enfants fréquentent l’enseignement catholique.