Archives de catégorie : Jeunes

Ici et nulle part ailleurs

Des Oiseaux Rares. Jawad a environ 16 ans. Il vient d’Afghanistan. La Belgique l’a déclaré arbitrairement majeur et depuis, il a disparu. Sous un arbre, dans un parc, une halle, un théâtre ou une cafétéria, des gens rassemblés célèbrent les 18 ans que Jawad n’a pas. La suite du spectacle ce sera le 16 mai à 20h à l’Espace Magh, avec des adolescents, dont des Mineurs Non Accompagnés et beaucoup de musique.

La voix du cœur. Les Heartvoice, c’est bien plus qu’une chorale de jeunes bruxellois de diverses origines. Ils et elles partagent une passion commune pour la musique, pour le chant et pour le vivre-ensemble. Découvrez les ICI. Et puis si vous aimez, ce sera à l’Espace Magh, le 7 mai à 19h et vous payerez ce que vous pouvez.

Bruxelles Chaos. C’est le premier spectacle de Gaspard Giersé, mi-guide touristique, mi-historien. Vous baignerez dans un urbanisme en mille morceaux qui révèle les secrets de fabrication de notre ville, à laquelle il fait une déclaration d’amour. Une ville sans dogme, capable du pire comme du meilleur, où la beauté peut surgir du chaos. On apprend, mais on rit aussi beaucoup. A La Tricoterie les 18, 23 et 30 mai à 20h.

A propos de masculinité.

Cela devait arriver. Un contre-mouvement au féminisme se développe et s’appuie sur le mythe d’une « crise de la masculinité » pour défendre le modèle inégalitaire des rapports entre les femmes et les hommes. Le mouvement est diffus, mais s’accentue. Une réalité sans doute dérangeante, six ans après les débuts de la révolution #metoo.

Plus l’engagement en faveur des femmes s’exprime dans le débat public, plus la résistance masculine s’organise. Alors que les jeunes femmes adhèrent de plus en plus aux valeurs progressistes, les hommes du même âge ont tendance à se tourner vers des idées conservatrices. Le Monde en dit plus. Les propos de Donald Trump et Elon Musk confortent les hommes. Les « vrais ». Mark Zuckerberg défend l’énergie masculine et même les bienfaits de l’agressivité.

Trump à Phoenix: “Le wokisme doit s’arrêter ! La politique officielle des États-Unis sera qu’il n’y a que deux genres: homme et femme. Je signerai des décrets pour mettre fin aux mutilations sexuelles des enfants, exclure les transgenres de l’armée et les exclure aussi des écoles primaires, des collèges et des lycées ». Le ton est donné. Les décret suivent et se ressemblent. Le grand retour de la testotérone.

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Le regain du masculinisme.

 Après la révolution #metoo, l’émergence de Balance Ton Bar, une certaine radicalisation du wokisme et le triomphe de Donald Trump et d’Elon Musk, on pouvait s’attendre à l’arrivée d’un nouveau « masculinisme ». La composition du nouveau gouvernement fédéral belge et de son kern en est la démonstration. Les féministes connaissent bien ce « retour du bâton » (backlash).

Claire Legros, journaliste au Monde, consacre une enquête au masculinisme. Un concept qui remonte loin dans l’histoire de l’humanité, mais connaît une réelle affirmation chez nous à partir des années 2000.  « Les femmes dominent désormais les hommes, lesquels doivent défendre leurs droits et restaurer leur identité masculine. Le masculinisme estime que le féminisme est allé trop loin, que les hommes ne peuvent plus rien faire ou dire, qu’il faut un rééquilibrage … » 

La solution passe nécessairement par l’éducation. Celle fournie par l’école en matière de non discrimination des genres et par le développement de l’EVRAS, mais aussi celle prodiguée par la famille et spécialement par les mères, qui se chargent souvent particulièrement de l’éducation de leurs garçons. Il faudra bien tout cela, face à la place prise par les médias sociaux et leurs algorithmes, qui confortent des entre-soi discutables et trop de stéréotypes. 

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Un sentiment d’impunité.

A Bruxelles, de plus en plus de mineurs d’âge se retrouvent traduits devant un juge de la jeunesse pour des faits violents. Encore récemment. Le juge dispose de mesures de placement en institutions, mais aussi d’alternatives de type familial. Pour les faits les plus graves c’est souvent le placement en institution fermée qui est la norme . Sur les 250 places déclarées disponibles, les jeunes Bruxellois compteraient pour moitié.

Avec 28 jeunes en liste d’attente pour un placement en institution fermée, les juges bruxellois sont très démunis. Est-il acceptable qu’ils doivent les libérer faute de place et de leur dire qu’une mesure viendra plus tard ? Les mesures alternatives seraient également saturées pour les uns, mais sous-utilisées pour d’autres, qui estiment que certains placements en institution fermée sont inadéquats.

Cette situation perdure et créée un inévitable sentiment d’impunité dans le chef des jeunes, qui se retrouvent très vite dans la rue avec leurs copains, qui les voient parfois comme des héros. Plus tard, quand la sanction arrive, le temps a passé, le jeune a pu évoluer en s’amendant, en se radicalisant, en faisant des émules. Faudra attendre 2028 pour l’ouverture d’un centre à Bruxelles … qui devrait surtout soulager les établissements wallons ?

Chef de corps: quelle naïveté !

Michel Goovaerts, chef de corps de la zone de police Bruxelles-Capitale – Ixelles, constate que les auteurs de tirs de feux d’artifice sur des policiers ou autres services d’urgence sont des jeunes domiciliés à Bruxelles. Ils y sont nés pour la plupart. “Ce sont donc des Bruxellois qui s’attaquent à ceux qui veillent sur leur propre ville“. Le chef de corps pense donc, que ces jeunes s’imaginent que la police veille sur eux ? et les protège ?

Alors qu’ils se font contrôler l’identité très régulièrement et sans ménagements, sur seule base de leur apparence. Alors qu’ils sont pris collectivement dans des « nasses » lors de manifs. Alors qu’ils attendent toujours justice pour Adil et son non-lieu,  pour Medhi,  Sabrina et  Ouassim et d’autres amis « tués par la police » et dénoncés par la Ligue des Droits Humains. Le chef de corps s’imagine que lorsque ces jeunes voient arriver un policier, ils se sentent rassurés et protégés ?

Il ne s’agit pas ici de justifier des comportements inacceptables vis-à-vis de policiers ou d’autres services d’urgence, qui ont droit au respect de leur fonction. Ils ne sont pas acceptables et doivent être poursuivis sans délais. Par contre, il est temps aussi de mettre fin au aux discriminations, aux amalgames et aux « délits de sale gueule » dont trop de jeunes sont victimes et dont la haine des policiers et de l’autorité sont le résultat.

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