Archives de catégorie : Culture

Plus qu’un musée.

Toujours en chantier, l’ancien garage Citroën poursuit sa mue en musée d’art moderne et contemporain. En bordure du canal, il compte cependant bien dépasser le simple musée, pour créer “une ville ouverte sur la ville”. Un projet enthousiasmant qui placera Bruxelles sur la carte de l’art contemporain et qu’Yves Goldstein défend farouchement. Même TV5 Monde en parle.

Kanal vient de rendre public son programme d’ouverture de fin novembre. Pas moins de 10 expositions et installations longuement préparées par sa directrice artistique avec la (coûteuse) collaboration du Centre Pompidou, qui prêtera des œuvres à Kanal, qui n’a pas de collection et n’a pu convaincre le Musée des Beaux-Arts fédéral de lui prêter sa collection d’art moderne, largement en réserve.

Mais voilà, il manque la bagatelle de 50 millions pour finir les travaux et 29 millions pour les frais de fonctionnement annuels. La RTBF fait part  d’inquiètudes et L’Echo livre une analyse de la situation. Un peu comme pour le Métro 3, la Région sous financée pouvait elle se lancer dans une telle aventure ?

>>>  serez-vous à la Bourse ce soir ?

Des démocraties victorieuses.

Un peu partout dans le monde, des partis de droite extrême et des autocrates autoritaires accèdent au pouvoir et minent la démocratie et l’État de droit. Au Nord du pays, il est réjouissant d’y avoir pu constater des reculs sensibles. En Flandre, la N.VA a réussi à priver le Vlaams Belang de sa victoire annoncée. Aux Pays-Bas, le parti centriste D66 a infligé un revers sévère à Geert Wilders, du parti d’extrême-droite PVV (Parti de la Liberté).

La campagne du parti D66 s’est caractérisée par un optimisme constant, symbolisé par son slogan « Het kan wel ! » (« On peut y arriver ! »). Son président Rob Jetten a répété: Non, l’extrême droite n’est pas invincible ! Oui, il est possible de stopper son offensive. Nous, les démocrates, nous voulons marquer un point. Un point contre le langage de l’exclusion et de la division. Un point contre les forces négatives et les vrais fauteurs de troubles.

Et il a poursuivi: Les Néerlandais sont des gens qui se respectent les uns les autres. Qui sont attachés à la liberté de pouvoir être qui vous êtes. Les Pays-Bas sont un pays où règne l’humanisme et le souci d’autrui. Un pays de forces positives. Voilà qui sont les vrais Néerlandais. Le magazine Wilfried, à qui nous devons ces informations encourageantes mais peu médiatisées, en dit plus ICI.

En finir avec la bruxellisation.

En urbanisme, la « bruxellisation » désigne la transformation rapide et brutale du patrimoine urbain remarquable d’une ville dans un contexte de forte spéculation immobilière. L’expression est née dans les années 60, lors des bouleversements urbanistiques subis par Bruxelles, livrée aux rêves modernistes de promoteurs incontrôlés, au détriment du cadre de vie des habitants.

C’est au cœur de la « Bataille des Marolles » qu’une réaction populaire a surgi en 1969 avec l’abbé Jacques Van Der Biest. Il a pu compter sur l’avocat Philippe De Keyser pour des conseils juridiques aux militants. Philippe a aussi contribué à la naissance du Comité général d’action des Marolles. C’est pour lutter contre la « bruxellisation » et l’exode urbain, qu’il  va cofonder ensuite l’Atelier de Recherche et d’Action Urbaines (ARAU). Plus tard, le CGAM et l’ARAU vont arriver à rassembler les diverses associations urbaines au sein de la fédération Inter-Environnement Bruxelles (IEB).

Les compétences juridiques de Philippe De Keyser, et son talent pour forger des consensus, ont permis à la société civile bruxelloise d’arriver à parler d’une seule voix. Il était un fervent défenseur d’une Région bruxelloise autonome, qui prend son destin en main. L’impasse politique actuelle est en contradiction totale avec sa vision pour Bruxelles. Il vient de nous quitter et il nous manque déjà.

Une Région gouvernable.

Gouverner, c’est le but de tous les partis qui se présentent aux élections. Faute d’arriver à récolter plus de la moitié des voix, ils savent qu’il va falloir faire des compromis pour gouverner avec les partis les plus proches pour établir un programme et un budget. A Bruxelles, cela se complique, parce qu’il faut obtenir une majorité dans chacun des deux groupes linguistiques. Pour la première fois, ils n’y arrivent toujours pas.

Il en va de la crédibilité de la Région bruxelloise. Le Soir s’inquiète et évoque une mort annoncée: « Sans capitaine à la barre depuis le 9 juin 2024, la Région bruxelloise fait face à une situation budgétaire inquiétante et une remise en cause de son autonomie. L’impasse politique fait naître des inquiétudes concernant sa gouvernabilité. La menace de mise sous tutelle agitée par Georges-Louis Bouchez et les signaux envoyés par le fédéral accentuent les inquiétudes sur l’autonomie bruxelloise. »

Le quotidien a interrogé une dizaine d’experts qui émettent ICI des avis moins négatifs, même s’il ne faut pas les prendre à la légère. Non, on ne va pas rester en affaires courantes pendant cinq ans. Non, personne n’a autorité pour dissoudre la Région. Oui, la tentative du médiateur Yvan Verougstraete (Les Engagés) peut aboutir, si les partis mettent l’intérêt général au-dessus des intérêts immédiats de leurs partis. A eux de démontrer que la particratie qu’ils ont créée est encore capable de sauver Bruxelles.

The Brussels Times, vous connaissez ?

The Brussels Times est un média anglophone en ligne qui couvre l’actualité bruxelloise et européenne, à l’intention des expats, des touristes et des lecteurs qui ne maitrisent ni le français, ni le néerlandais. Vous y découvrirez souvent le regard original et parfois inattendu que des expats portent sur la ville qui les accueille.

Intéressant de constater tout ce qui étonne et interpelle leurs journalistes dans nos habitudes, notre mode de vie et notre surréalisme. Ils ignorent parfois notre facilité quasi instinctive à se moquer de nous-mêmes. Ils peuvent aussi se montrer très critiques sur des sujets à propos desquels nous ne les avons pas attendus pour être nous-mêmes très critiques …

Tenu par une petite équipe rédactionnelle, essentiellement sur base de nouvelles d’agences, on ne peut pas considérer The Brussels Times comme un média de référence. Sur des notions complexes il y a parfois un manque de subtilité et des approximations occasionnelles, mais ce regard extérieur peut être rafraichissant et interpellant, de la part de ces Néo Bruxellois qui s’intéressent à notre ville, qu’ils tentent de faire la leur.

 

4
1