Archives de catégorie : Culture

La société civile se mobilise.

Coup sur coup, des académiques, des institutions, des citoyennes et des citoyens viennent de manifester leur volonté de redorer l’image de Bruxelles, ternie par plus de 600 jours de d’inaction et d’irresponsabilité. Une volonté affirmée de lui donner un avenir et de tenter de la mettre à l’abri de crises politiques, comme celle que nous venons de vivre. Des listes bilingues, un seul collège, le droit de vote pour tous, une protection des minorités sans privilèges, une Région aux pouvoirs étendus, etc …

Cela a débuté par un débat organisé par le mouvement Volt, qui a réuni deux parlementaires bruxellois, un académique et une citoyenne sérieusement remontée. Des questions sans tabou et une volonté d’éliminer les causes du désarroi. Les propositions d’Aula Magna et celles de Re-Bel restent toujours d’actualité. Affirmation claire du fait régional et évacuation de toute velléité de tutelle.

Une carte blanche, signée par un certain nombre d’académiques, vient de paraître dans Le Soir et De Standaard. Elle évoque une nécessaire réforme du système électoral, détaillée ICI par Brussels Studies. La veille, c’est le professeur Corijn qui publiait une carte blanche. Il appelle à créer un autre récit auquel les citadins peuvent s’identifier et pas un simple marketing pour redorer son image. Ce lundi 9 mars, Re-Bel mettra ses propositions en débat. Ce sera à 17h à la Fondation universitaire et en ligne en direct. Cela bouge à Bruxelles.

Au cours du débat de Volt

 

 

 

Monuments et Sites en péril.

Ce n’est pas encore une Ordonnance, mais le nouveau gouvernement a annoncé son intention de supprimer l’avis conforme de la Commission royale des Monuments et des Sites, en vue de simplifier et accélérer les procédures d’urbanisme et de « déverrouiller le marché immobilier ». L’avis de la Commission ne serait donc plus contraignant mais seulement consultatif.

La Commission ne dispose que de 30 jours pour émettre un avis. Elle affirme mettre un point d’honneur à respecter ce très court délais, selon Quentin De Radiguès, avocat membre de la Commission. Ce ne serait donc pas elle la cause des lenteurs excessives dans la délivrance de la plupart des permis.

Le caractère « consultatif  » de ses avis mettrait désormais le patrimoine bruxellois en danger. Un collectif soutenu par 34 associations dénonce cette situation et lance une pétition pour refuser ce qu’elle appelle un « affront au patrimoine ». Un article de la RTBF résume bien la situation, entre soulagement des propriétaires et inquiétude des associations de défense du  patrimoine de notre ville.

Plein feu sur Kanal.

Acheté pour 30 millions d’euros, l’ancien garage Citroën a donné le jour au projet Kanal. Il a pour a pour ambition de le reconvertir en un lieu d’art contemporain et d’échange ouvert à tous, mettant à l‘honneur la création bruxelloise et visant à renforcer l’attractivité culturelle et le rayonnement international de Bruxelles. Vous lirez ICI tout le bien que la BBC en pense. « Son lancement est considéré comme l’une des six ouvertures de musées les plus importantes au monde en 2026. Il devrait devenir « le nouveau bastion européen de l’art moderne et contemporain ».

Le bâtiment Art déco est qualifié de modèle de reconversion du patrimoine industriel. « La révolution industrielle nous a laissé de tels monuments. Ce sont nos cathédrales et nos châteaux d’aujourd’hui. » Rien que cela, mais ne disposant pas de collection propre, la Région a passé un accord assez coûteux avec le Centre Pompidou – qui est en chantier – et dont une partie des collections sera donc disponibles temporairement pour Kanal et pour les 10 expositions phares de son ouverture le 28 novembre.

Vision rassurante, on pourrait être fiers. Tout cela pourrait être magnifique pour la capitale de l’Europe, si ce n’était la révélation de dépassement budgetaires, la trentaine de millions de frais de fonctionnement annuels et le budget déficitaire de la Région. Sous-financée – et parfois mal gérée – la Région s’est engagée dans une aventure dont on aimerait assister à la réussite, mais qui risque de se faire au détriment d’autres projets socialement et économiquement plus urgents.

Les seniors infantilisés.

Beaucoup de personnes âgées sont aujourd’hui maltraitées, Infantilisées, invisibilisées. Cette discrimination porte un nom: l’âgisme. A Bruxelles, comme ailleurs, les seniors sont de plus en plus victimes de cette forme d’exclusion. L’âgisme touche même plus de gens que le racisme ou le sexisme. C’est le numérique qui exclut le plus les personnes âgées.

Cela peut avoir des conséquences graves sur leur vie quotidienne: difficultés d’accès à des services essentiels, aux administrations, aux soins, voire exclusion bancaire ou mise sous tutelle par la justice. Près de 163.000 Bruxellois ont plus de 65 ans. Pour beaucoup, le quotidien est devenu un véritable parcours d’obstacles. La RTBF vient de publier une enquête à propos de l’Âgisme, pour tenter de comprendre comment le tout numérique met nos aînés sur la touche.

Le Gang des Vieux en Colère a introduit un recours à la Cour constitutionnelle, qui a abouti à la reconnaissance du droit pour les citoyens de ne pas devoir recourir obligatoirement au numérique. Avec pas moins de 320 associations, il a aussi publié une lettre ouverte demandant que la loi garantisse l’accès non numérique à chaque administration, via des guichets physiques, un service téléphonique et par voie postale.

Dépossédés de notre vote ?

Seuls quatre des huit membres du nouveau gouvernement régional ont été élus au Parlement bruxellois le 9 juin 2024: Ahmed Laaouej, Karine Lalieux, Elke Van den Brandt et Ans Persoons. Les quatre autres n’ont pas sollicité nos suffrages pour le parlement bruxellois. C’est Caroline Sägesser du CRISP qui pointe cette situation, qui peut sembler étonnante et peu démocratique, mais néanmoins légale. Cela mérite réflexion.

Sur base des voix de préférence exprimées le 9 juin ont aurait eu : Ahmed Laaouej, David Leisterh, Françoise De Smedt, Soulaimane El Mokadem, Hadja Lahbib et Elke Van den Brandt, Fouah Ahidar, Lotte Stoops. Notre mode de scrutin ne le permet pas, mais cela cause un éloignement entre les résultats des élections et le choix des personnes qui nous gouvernent.

Scrutin proportionnel, gouvernements de coalition, particratie obligent. Les Bruxellois peuvent légitimement se sentir dépossédés de leur vote. Cela ne suscite guère l’enthousiasme de l’électeur et n’a pas tendance à renforcer sa confiance dans le système… Soulagée d’avoir, enfin, un gouvernement, Caroline Sägesser en dit plus ICI.

 

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