Voitures propres ?

Annoncé pour 2025, le durcissement de la zone de basses émissions (LEZ) a été reporté de deux ans pour des raisons sociales. Ce report a été vivement critiqué par le Conseil d’État, parce qu’il met à mal le droit constitutionnel de chacun à un environnement sain. Ce report ne fera cependant que déplacer les difficultés éprouvées par une population modeste, qui ne peut assumer l’achat d’un véhicule électrique, toujours hors de prix.

Pour les personnes qui disposent d’une voiture de société, ce passage à l’électrique se fait sans trop de difficultés. Pour les personnes aux revenus modestes, le fédéral envisage d’introduire un « leasing social ». Il devrait leur permettre  d’utiliser une voiture électrique pour seulement 100 euros par mois pendant quatre ans. Cet article en dit plus.

Reste un bon tiers de la population de classe moyenne, qui ne dispose pas d’une voiture de société et n’aura pas accès au leasing social. Tant que les constructeurs européens n’auront pas produit des voitures plus abordables, ce problème ne sera pas résolu. Soulignons encore l’insuffisance du réseau de rechargement, indispensable pour alimenter le parc automobile électrique.

9 réflexions sur « Voitures propres ? »

  1. robertverstra
    Robert Verstraeten

    Rappelons quand même les problèmes aux matériaux nécessaires à la production des batteries des VE restent entiers: ravages environnementaux, humanitaires et sociaux, et – last but not least- bouleversements géopolitiques.
    Mais il semble que dans l’équation actuelle, cela soit le dernier des soucis, même des plus progressistes…

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  2. VERONIQUE DE POTTER

    Primo, je suis indignée par le report de la LEZ.
    Deuzio, je suis perplexe concernant la soi-disant nécessité d’avoir une voiture personnelle pour se déplacer à Bruxelles ou en dehors.
    Clairement, ceux qui ont besoin d’une voiture pour des raisons professionnelles (taxis, artisans, représentants) sont soit pris en charge par leur employeur s’ils sont employés, soit peuvent déduire de leurs impôts le coût d’achat de leur véhicule et les frais afférents.
    Les personnes handicapées doivent bien sûr être aidées pour leurs déplacements.
    Pour les autres citoyens, ont-ils vraiment besoin d’une voiture perso ? pour aller gonfler les embouteillages à Bruxelles ? pour tourner en rond dans leur quartier pour trouver une place de parking s’ils n’ont pas de garage privé ?
    Il y a maintenant d’autres solutions qu’un véhicule perso pour se déplacer à Bruxelles.
    Il y a d’abord bien sûr les transports en commun (tram, bus, métro, train) qui ne sont peut-être parfaits mais qui ne fonctionnent pas si mal, je trouve.
    Le vélo ensuite, et tout particulièrement le vélo-cargo, que je vois de plus en plus aux abords des écoles. À Bruxelles, comme dit la chanson, à vélo on dépasse les autos. Je vote pour qu’on aide les familles avec enfants à en acheter (même les plus chers coûtent de toute façon moins cher qu’une auto).
    Il y a les taxis, pour lesquels les personnes à mobilité réduite devraient bénéficier de chèques-taxi. (Et, tant qu’à faire les femmes enceintes devraient en recevoir aussi en fin de grossesse…).
    Je ne suis pas fan des trottinettes électriques mais elles ont du succès auprès des jeunes.
    Last but not least, les voitures partagées (de la petite citadine jusqu’à la camionnette, en passant par la berline et le vélo-cargo). Ces véhicules sont nettoyés, entretenus, contrôlés, dépannés, réparés, assurés, et adaptés aux normes en vigueur (il y a encore des voitures à essence mais de plus en plus d’électriques). Outre les véhicules Miles et Poppy (en free-floating), il y a maintenant des stations Cambio partout à Bruxelles. Elles se multiplient rapidement et le nombre de véhicules par station ne cesse d’augmenter. Ne payer l’utilisation d’une voiture que lorsqu’on en a besoin fait quand même sens et c’est beaucoup plus abordable. La seule somme un peu conséquente à débourser est la caution de départ (autour de 400 €) qu’on récupère en quittant le service. Il est même possible de louer des véhicules partagés pour partir en vacances.
    Il convient de noter ici qu’il y a maintenant beaucoup de choses lourdes et encombrantes qu’on peut commander en ligne et se faire livrer à domicile.
    J’allais oublier la marche à pied. Je vois aux abords des écoles des enfants qu’on trimballe et dépose comme des paquets le plus près possible de l’entrée de l’école, alors qu’ils sont parfaitement capables de marcher bien plus longtemps que ne le pensent leurs parents (la règle serait : 3 km à 3 ans, 4 km à 4 ans, etc…).
    J’ai connu des personnes nées dans les années 30 qui parcouraient de longues distances (4 fois par jour parce qu’ils rentraient à midi pour manger chez eux) pour aller et revenir de l’école. Ces personnes-là n’ont jamais souffert de surpoids. Il y avait matin et soir des ‘rangs’ par quartier et par rue, supervisés par des professeurs ou des surveillants.
    Je trouve que ce concept (ou plutôt ce culte) de la voiture personnelle des années 60 est totalement dépassé en 2025.

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  3. Koen Van Wonterghem

    Tout à fait d’accord avec la réflexion de Jean-Marc Sparenberg. En tant que cycliste au quotidien et attentif aux questions de la mobilité (et de la sécurité routière) , habitant un quartier de Bruxelles bien fourni en bornes de recharge et avec pas mal de VE, je vois systématiquement des bornes inutilisées, à toute heure de la journée ou de la soirée. L’affirmation ‘répétée’ concernant l’insuffisance du réseau de chargement est un leurre (avéré).
    Par ailleurs, je me permets de renvoyer au site http://www.lisacar.eu (projet démarré en 2014 déjà, concernant l’autobésité).

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  4. Bernard gentil

    ¨Pourquoi les fabricants européens de voitures électriques ne s’associent-ils pas pour faire une seule voiture bas de gamme (pas de lève-vitres électriques, réglage des rétroviseurs extérieurs manuel, 3 peintures extérieures, une seul couleur de siège, etc etc). Autrement dit un véhicule électrique low cost standard (un peu comme la Vw (voiture du peuple) il y a 80 ans.
    De la sorte on aurait quelque chose de plus abordable et à la portée du plus grand nombre. Reste aux communicants à booster ce modèle.

    FAute de quoi la Chine va ravager nos constructeurs européens…

    Bernard

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    1. Yvan Vandenbergh

      Merci pour ces commentaires. Selon moi, l’industrie automobile européenne a trop tardé à s’intéresser à la voiture électrique. Quand elle l’a fait, elle s’est concentrée sur la production de grosses berlines de prestige et de SUV, qui lui procuraient les marges nécessaires pour amortir la lourde rénovation de ses chaînes de montage. Alors que l’Europe a été capable de produire à bas prix des Citroën 2CV et des Renault 4, ses constructeurs ont aujourd’hui laissé la voie libre à la Chine pour la production de voitures populaires. En construisant une usine en Hongrie, la société chinoise BYD contourne les taxes douanières de l’Europe et met une voiture à moins de 20.000€ à disposition d’un public de classe moyenne. Bien joué et dommage pour l’industrie automobile européenne qui procure de l’emploi à plus de 2 millions de travailleurs directs. Ceci dit, on peut se demander si la voiture privée doit rester le mode de transport principal pour une grande partie des Bruxellois et des navetteurs ? Avec 20% de voitures en moins on élimine la plupart des embouteillages de la ville.

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  5. Jean-Marc Sparenberg – Brussels
    Jean-Marc Sparenberg

    « Heureusement », les voitures chinoises bon marché ou (pas encore « et ») à charge ultrarapide arrivent! Les problèmes du prix et du réseau de recharge devraient donc se résoudre « tout seuls » d’ici quelques mois/années! Il me semble donc urgent d’attendre (surtout avant de placer de nouvelles bornes dans l’espace public, qui privatisent des emplacements de parking au profit des plus privilégiés)!

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    1. Bernard gentil

      Je vous suis et je regrette qu’on doive dire « heureusement » les voiture chinoises arrivent.

      Comment les européens ne s’associent-ils pas pour faire un seul modèle low-cost standard. Tout se passe comme si on avait un cerveau si pauvre en créativité

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  6. Stéphane LAGASSE

    Il faudrait pénaliser tous ces véhicule d’abord au poids.
    Et considérer la voiture individuelle comme tous les autres : à partager. Et posséder une voiture individuelle, un objet de luxe dont l’empreinte écologique doit être responsabilisée.
    Entrons enfin dans une autre prospérité compatible avec les limites planétaires que nous dépassons criminellement et qui est suicidaire !
    Pilorisons, criminalisons cette société extractiviste, productiviste et consumériste.

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