Sur le plan climatique, le futur de Bruxelles ne se décide pas chez nous. Les changements climatiques auxquels nous assistons sont planétaires … mais il n’y a pas de gouvernement de la planète. L’ONU et la COP28, qui tentent d’en tenir lieu, n’ont pas de pouvoir contraignant et sont l’objet d’importantes manœuvres de lobbying, notamment des détenteurs d’énergies fossiles. Les conclusions de la COP 28 seront attendues avec espoir, mais ne suffiront très probablement pas à atteindre les objectifs fixés à Paris.
Le bilan 2023 de « Global Carbon Project » révèle qu’au lieu de diminuer, les émissions globales de CO2 ont encore augmenté de 1,1% par rapport à 2022. La combustion des énergies fossiles va produire 36,8 milliards de tonnes de gaz à effet de serre auxquels il faut ajouter 4,1 milliards de tonnes provenant de la déforestation et du changement d’occupation des sols. Pour la première fois, les émissions totales dépasseront les 40 milliards de tonnes.
Tout va se jouer dans les 10 ans qui viennent, selon un article à paraître dans Earth System Science Data repris par Loïc Chauveau, dans un billet que je vous invite à lire. Tout n’est donc pas encore plié, il n’est pas encore tout à fait trop tard, mais les Etats doivent arrêter de tergiverser et de penser court terme. Ils doivent mettre l’industrie au pas, revoir tout projet à l’aune de sa durabilité, encourager les comportements vertueux et lutter contre les inégalités qui ne cessent de croître.

Le slogan affiché est « réduire les productions de CO2 et limiter les gaz à effet de serre ». C’est un mauvais slogan : si on annonce « protégeons massivement la biodiversité » on protège les écosystèmes et, en plus, on limite l’effet de serre. En effet en protégeant la biodiversité, on maintient les forêts, on maintient les symbioses entre le vivant, on est obligé de limiter l’effet de serre, etc.
Bref, on se trompe de slogan, on se trompe de « marketing environnemental ».
Par ailleurs, ce ne sont plus les Etats qui dirigent, mais les lobbies.
On ne prendra les bonnes mesures que quand les intérêts financiers majeurs seront menacés. Et on en est loin, puisque les riches achètent des paradis en altitude et dans le nord et qu’une industrie de protection contre la chaleur se développe.
Bref, je suis inquiet pour les 50 prochaines années.
Bernard