Archives de catégorie : Commerce

Chasse au blanchiment.

À partir du mois de juin, la ville de Bruxelles entend contrôler les activités des criminels qui blanchissent leur argent via des établissements horeca. Ce sera grâce à une collaboration (enfin) plus étroite avec la police et le parquet. Philippe Close dans un article de Bruzz : « Nous allons fermer des établissements horeca. Tout le monde ne blanchit pas de l’argent, mais ceux qui le font, la Ville les attrapera. »

Cette approche administrative a déjà porté ses fruits à Liège et à Ostende. « Nous pourrons identifier les personnes qui ont dû fermer leur commerce dans ces villes. Si elles décident de s’installer à Bruxelles, nous pourrons contrecarrer leurs plans. On peut à la fois agir de manière préventive en empêchant l’ouverture d’un commerce et de manière répressive en fermant un établissement. » Les indices: chiffre d’affaire énorme, mais sans clients. De Morgen en dit plus ICI, dans un article traduit pour vous.

La chasse pourrait ensuite s’étendre à d’autres commerces impliqués dans des affaires de blanchiment d’argent. Il s’agit par exemple des salons de manucure, des barbiers et des magasins d’accessoires pour téléphones portables. Mais pourquoi seulement à la Ville de Bruxelles ? il reste 18 autres communes.

Non à la malbouffe.

Bien qu’il y en ait déjà plus de mille, 250  nouvelles franchises de grandes enseignes de fast-food veulent s’installer en Belgique d’ici 5 ans. Que la restauration soit rapide (fast) n’est pas le problème. Exki le démontre. Le problème est qu’elle produit majoritairement de la malbouffe (junk-food), de la nourriture ultra transformée, trop grasse, trop sucrée, trop salée. Cela a des conséquences sur la santé et la masse corporelle des habitués et plus particulièrement des jeunes.

La bonne nouvelle de ce lundi, c’est que des initiatives commencent à être prises pour en limiter l’impact. Un article très complet annonce qu’Auderghem et Anderlecht vont imposer de nouvelles taxes aux chaînes de fast-food pour lutter contre la malbouffe: 10.000 € à l’ouverture plus une taxe annuelle de 12.000 €, doublée si près d’une école. Taxation que le secteur conteste évidemment déjà au Conseil d’Etat.

Les chaînes prétendent s’autoréguler en limitant (un peu) la publicité, notamment près des écoles. C’est cependant du gouvernement qu’on attend des mesures contraignantes et contrôlées. On pourrait aussi rendre plus attractifs les produits ayant un Nutriscore A et B ou mettre en place un système de « récompenses » avec les chèques repas si l’on achète des aliments sains. Agir dans les écoles. Un mouvement semble se dessiner et la santé publique à tout à y gagner.

Guerre au sucre ?

Les Bruxelloises et les Bruxellois consomment trop de sucre et leur santé en pâtit. Pas évident de réduire le sucre caché dans notre alimentation et notamment dans les boissons industrielles. La prohibition s’avèrerait impopulaire et donc inefficace. Se souvenir de l’expérience réussie de réduction progressive du sel dans le pain, entamée par la Belgique au début de ce siècle ?

Fondée sur des accords volontaires avec les boulangers pour réduire chaque année légèrement la teneur en sel dans leur pain, la stratégie s’est avérée efficace et indolore. Vu le caractère progressif de l’opération, les consommateurs ne se sont pas aperçus du changement et la consommation de pain n’a pas diminué. La stratégie est synthétisée ICI avec ChatGPT.

La même stratégie ne pourrait-elle être appliquée aux sodas ? En réduire progressivement la teneur en sucre serait un gain considérable en matière de santé, en particulier pour les jeunes qui en consomment régulièrement. Une concertation avec les géants des sodas et des normes ne devraient pas être hors de portée pour le gouvernement fédéral, malgré la présence des puissant lobbies du sucre. C’est une question de santé publique.

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Vers une ville plus conviviale.

Si une ville se doit d’être fonctionnelle, ne doit-elle pas aussi être relationnelle ? Selon les auteurs d’un livre qui vient de paraître « Cinq leviers de la Ville relationnelle » ces deux notions doivent se compléter. La ville relationnelle a cependant du retard à rattraper et cela ne se fait pas en une mandature. Le temps des politiques et celui de l’urbanisme d’une ville ne sont pas alignés.

Vous voulez connaître ces cinq leviers pour une ville où l’on se sent bien ? Les voici sans commentaires. « Les ruisseaux de fraîcheur. La deuxième peau des parcs. Les bandes ludiques. Les carrefours vivants. Les parkings prévenants ». Cela demande évidemment des explications et des exemples de réussite. Les auteurs ont été se balader à Lyon, à Nantes mais aussi à Namur, Liège et Bruxelles à la découverte de quartiers conviviaux.

Vous en découvrirez quelques aspects ICI et pourriez en devenir des partisans. Les auteurs ne cachent cependant pas la résistance qui s’exprime chez les automobilistes mais surtout chez les commerçants, qui ont peur du changement. Il faut faire preuve de beaucoup de pédagogie pour leur expliquer qu’à moyen terme leurs affaires retrouveront un équilibre et même une progression. Mais tous ne peuvent tenir le coup si longtemps.

 

Taxer le transport aérien.

Bénéficiaire d’un carburant non taxé, le transport aérien reste souvent moins coûteux que le chemin de fer, malgré une production de gaz à effet de serre par passager beaucoup plus importante. C’est cependant plutôt pour boucler son budget, que le gouvernement fédéral a décidé qu’une nouvelle taxe lui sera appliquée.

10 € pour chaque vol au départ d’un aéroport belge à partir de 2027, avec une augmentation de 0,50 € pour les vols court-courriers en 2028 et encore 0,50 € de plus en 2029 (= 11 €). Les compagnies aériennes n’ont pas manqué de réagir vertement et Ryanair de nous menacer. Ils rappellent qu’en début d’année, les taxes avaient déjà été portées à 10 € pour les vols de moins de 500 km et à 5 € pour les vols de plus de 500 km. Sans compter les 3 € par passager décidé par l’aéroport de Charleroi.

Trop peu élevées pour dissuader qui que ce soit de prendre l’avion, ces nouvelles taxes contribueront bien à remplir les caisses de l’État, mais ne suffiront pas pour mettre fin à la concurrence déloyale entre le transport aérien et les déplacements en chemin de fer, qu’il est pourtant indispensable de promouvoir, pour des raisons environnementales.