Archives de l’auteur : Yvan Vandenbergh

À propos Yvan Vandenbergh

Citoyen bruxellois engagé, passionné par l'avenir de notre Ville-Région

La nature en ville.

Natuurpunt vient d’ouvrir le marais de Ganshoren au grand public. Première réserve naturelle acquise par Natuurpunt Bruxelles, elle a été baptisée « Gansbroek », du nom de la commune et de la zone marécageuse, à laquelle Bruxelles-Broeksele et Bruxsels Future doivent également leur nom. Après quinze ans de bénévolat, le président Wim Veys s’est réjouit de pouvoir faire ce cadeau à ses membres.

La  réserve naturelle s’étend sur 4,2 hectares, à la frontière avec la Flandre, avec le marais de Ganshoren, le verger d’Erik et le parc Kerremans à Zellik. Située le long du Molenbeek, ce fut zone agricole que Natuurpunt a pu l’acquérir à un prix avantageux. Il s’agit d’une zone humide et pauvre, qui se prête  bien au retour des orchidées et peut également attirer des chouettes chevêches et des chevreuils.

Menacée par de grands projets immobiliers, la nature a visiblement régressé  en ville depuis une trentaine d’années. Suffit de regarder la friche Josaphat ou les lisières de la forêt de Soignes. Il est donc plutôt exceptionnel qu’une association de protection de la nature se voit proposer un terrain à la vente. C’est un appel d’une femme représentant plusieurs propriétaires qui a enclenché l’opération qui vient de se conclure joyeusement.

photo Frederic Demeuse

 

 

 

 

 

La fin des trottinettes.

Le gouvernement bruxellois a décidé d’interdire les trottinettes à partir de 2027. “Cette décision fait suite à la hausse du nombre d’accidents, aux nuisances croissantes pour les autres usagers de la route et à l’utilisation des trottinettes à des fins criminelles“, explique le cabinet de la ministre de la Mobilité. En 2025 il y aurait eu 666 blessés impliquant des trottinettes électriques, une hausse de 26 % par rapport à l’année précédente.

Cette décision ne concerne toutefois que les trottinettes en libre-service et non les trottinettes détenues par des personnes privées. La mesure entrera en application en 2027, date de la fin du contrat établi avec les exploitants Dott et Bolt, qui n’ont pas manqué de réagir. Ils estiment avoir pris les mesures nécessaires pour contrôler la vitesse et le stationnement de leurs véhicules, dont ils peuvent toujours retrouver les utilisateurs.

C’est un mode de transport fort utile pour les derniers km qui va disparaître de la ville. Ce sont finalement les mauvais utilisateurs qui ont entrainé une mesure qui s’appliquera à tous. Paris et Barcelone ont déjà pris la même décision. Les problèmes évoqués ne disparaîtront toutefois pas  complètement, vu le maintien des trottinettes privées, nettement moins contrôlables. Vous en saurez plus en lisant cet article de BX1, qui relève aussi les réactions des deux exploitants.

Promouvoir l’habitabilité.

L’habitabilité de la Terre est une notion qui vise à garantir la capacité de la Terre à abriter la vie de manière digne et durable. Un philosophe et un professeur de droit veulent élever au rang de valeur fondamentale et juridique, ce concept philosophique majeur pour la survie du vivant. L’avenir de la ville en dépend aussi.

Comment est-il toujours possible que le droit ne nous protège pas de dangers existentiels comme la pollution généralisée de l’eau (au PFAS par exemple), des sols (au cadmium), de l’air (aux microplastiques et microparticules) ? Nous savons que le climat se dérègle à cause des énergies fossiles et que des pans entiers de notre planète vont devenir très difficilement habitables d’ici quelques décennies.

C’est pourtant comme si la loi était impuissante face à ces périls. Nous regardons la catastrophe arriver sans pouvoir arrêter les responsables. Sans avoir d’instrument pour les empêcher de nuire. Dans leur livre, Baptiste Morizot et Laurent Neyret ouvrent une brèche. Pour eux, l’écologie a besoin d’une valeur fondamentale, à inscrire dans nos Constitutions, au même rang que la liberté, l’égalité, la dignité humaine : l’habitabilité.

 

 

 

5000 euros brut pour tous.

Un revenu de 5000 euros brut par mois pour toutes les Bruxelloises et les Bruxellois et même partout sur la terre, sans faire exploser les limites planétaires. C’est l’économiste français Thomas Piketty qui l’affirme avec d’autres chercheurs, dans un « Rapport sur la justice mondiale ». Ils y détaillent les façons de réduire les inégalités dans le monde, tout en sortant de l’économie carbonée néfaste pour la planète d’ici 2100.

Un impôt mondial sur la fortune permettrait de converger vers un revenu moyen de 5000 euros brut pour tous les citoyens. Une fiction scientifique, un grand plan utopique assumé par les auteurs. Il résulte de deux ans d’un travail appuyé par une quarantaine de chercheurs internationaux qui ont abouti à cette proposition de plan de transformation de l’économie mondiale.

Ils partent d’un constat simple : si on ne propose pas un autre modèle, l’Inde, l’Afrique, l’Amérique latine, vont s’enrichir en utilisant finalement le même modèle que celui qui a été utilisé en Europe, en Amérique du Nord, avec énormément d’émissions carbone, et prenant inévitablement la trajectoire d’un réchauffement estimé au-delà de 4°C d’ici 2100.

 

Les Jardins de nos ancêtres.

Avec l’extension des villes, nombre de cimetières ont fini par se trouver en ville plutôt qu’en périphérie. Bruxelles n’a pas échappé à la règle. Pourquoi ne pas en faire des parcs accueillants pour honorer nos défunts ? Moins austères et plus conviviaux, ces parc funéraires ne pourraient-ils pas accroître les espaces verts disponibles aux citoyens ?

Tokyo dispose de quelques parcs-cimetières. Véritables poumons verts au cœur de la capitale. On y trouves, des bancs, des jeux pour les enfants et même des distributeurs de boissons. Parmi eux, les plus célèbres sont sans doute ceux d’Aoyama et de Yanaka, particulièrement fréquentés quand les cerisiers sont en fleurs.

Plus près de nous, Louvain redessine son cimetière pas à pas, avec une allée de dispersion, des chaises, un espace public de réconfort et davantage d’entrées. Louvain veut transformer son cimetière municipal en un espace public de réconfort et de lien. « La manière dont on vit aujourd’hui la mort et l’adieu est très différente de celle d’autrefois. » dit la ville, qui s’en explique ICI.

Photos prises à Tokyo