Archives de catégorie : Economie

10 milliards sans austérité.

Selon une analyse récente d’Eric Dor – directeur des études économiques – 10,8 milliards d’euros seraient à portée de main, sans devoir pratiquer une politique d’austérité. La solution: mettre plus de citoyens au travail. Plus le taux d’emploi est élevé, plus les recettes fiscales sont importantes. Les Régions et Communautés en bénéficient, puisqu’elles dépendent partiellement des impôts collectés sur leur territoire,

Dans la tranche des 25-54 ans, Bruxelles se trouve en queue de peloton avec 78,3% de taux d’emploi pour 89,8% en Flandre et 80,50 en Wallonie. Avec une moyenne de 75,8%, la Belgique affiche le cinquième chiffre le plus bas de l’UE. Seuls la Grèce, l’Espagne, la Roumanie et l’Italie font moins bien. Bruxelles a donc à mettre en œuvre une politique de mise à l’emploi efficace. Il y a trois défis à relever. Ils sont ICI.

Eric Dor est catégorique : “Aussi longtemps que le taux d’emploi en Wallonie et à Bruxelles est inférieur aux taux d’emploi de la Flandre, il est illusoire d’espérer que leurs habitants puissent se payer les mêmes services publics et d’enseignement que ceux de la Flandre.” Voilà qui sonne comme un avertissement. L’apprentissage des langues et la poursuite de la scolarité seront essentiels, ainsi que la régularisation du travail en noir.

Une eau trop bon marché ?

On en parle peu, mais pourquoi Vivaqua – l’intercommunale bruxelloise de distribution d’eau et de gestion des égouts – traîne une dette importante depuis plusieurs années ? Il s’agirait d’une dette de plus d’un milliard. Elle s’explique à la fois par des choix historiques, structurels et politiques. Le prix de l’eau à Bruxelles a longtemps été maintenu artificiellement bas pour des raisons sociales. Les investissements lourds ont donc été financés par l’endettement, et non par des recettes propres suffisantes.

Vivaqua ne fait pas qu’acheminer l’eau potable elle est aussi en charge de l’entretien et du renouvellement des égouts à Bruxelles. Le réseau est ancien et en mauvais état. Sa rénovation coûte énormément, bien plus que ce que rapportent les factures d’eau. La Région a délégué à Vivaqua des missions coûteuses (notamment la gestion des égouts) sans les compenser financièrement à hauteur réelle. D’où son endettement.

Le service de la dette (remboursement et intérêts) absorbe une part énorme du budget, ce qui limite encore la capacité d’investissement sans emprunter davantage. Les pouvoirs publics ont souvent préféré reporter les rénovations pour éviter des hausses tarifaires. Résultat: des travaux urgents et massifs à financer aujourd’hui, avec un endettement déjà lourd. Les négociateurs du projet de budget 2026 en cours, ne pourront faire l’impasse sur cette situation, qui finira par peser lourdement sur le futur de Bruxelles.

 

Une lueur d’espoir.

Après deux semaines de discussions avec les principaux partenaires, le « facilitateur » des Engagés a tenté de faire bouger les lignes d’une négociation politique bloquée depuis quinze mois. Yvan Verougstraete devrait livrer ce lundi les conclusions de son tour de piste, déjà soutenu par Groen, Vooruit et le CD&V.

Dans sa note, il est notamment question d’un retour à l’équilibre financier dans sept ans pour la Région bruxelloise. Pour L’Écho, il semble cependant difficile d’imaginer la confection d’un vrai budget en dehors d’un gouvernement de plein exercice. « Personne ne va lâcher ses totems et accepter de montrer ses cartes en dehors d’une vraie négociation ».

Toujours selon L’Écho, il aurait mis sur la table une série de pistes de recettes, de dépenses et d’économies potentielles. En vrac, il y serait question d’une vignette automobile, de l’impôt des personnes physiques (IPP), des tarifs de la STIB, du prix de l’eau, d’une meilleure perception des recettes fiscales, de diminuer les coûts dans les administrations, de revoir à la baisse les ambitions de Kanal ou de réduire la voilure de Mediapark...

En finir avec les embouteillages.

Après les tensions générées par le plan Good Move, l’agitation autour du coûteux Métro 3, le rétropédalage du PS pour les zones de basse émission (LEZ) et les embouteillages à n’en plus finir: la mobilité constitue un véritable problème à Bruxelles. 20% de trafic en moins feraient cependant disparaître les embouteillages. Un chercheur à l’Institut de Gestion de l’Environnement et d’Aménagement du territoire de l’ULB proposait déjà une solution il y a plus d’un an.

Pour lui, cela renvoie à la question du manque d’alternatives à la voiture, dont le RER avec ses 20 ans de retard. Paradoxalement, la plupart des navetteurs ne viennent pas de très loin: Grimbergen, Vilvorde, Rhode-Saint-Genèse… C’est parce que l’essentiel des lignes de la STIB s’arrêtent aux limites de la Région bruxelloise. Faudrait les prolonger et les intégrer dans les tarifs. Sans doute bien moins cher que le Métro 3, qui ne provoquera probablement que peu de transferts de la voiture vers le métro.

Les habitants venant du nord de la Région de Bruxelles-Capitale pourraient avoir avantage à prendre le train à Diegem, près du ring, pour rejoindre les nombreuses gares sur le tracé du Métro 3. Il suffirait d’un parking de dissuasion à Diegem, d’un renfort de l’offre ferroviaire et d’une bonne publicité, pour y attirer nombre de navetteurs. Son interview en dit plus ICI.

Réarmer le pays ?

L’État envisage de vendre ses “bijoux de famille » ou de faire des économies dans le social et le culturel, pour pouvoir gonfler le budget de la Défense. Certains voudraient même le voir monter à 5% du PIB. C’est que 62% des Belges craignent qu’une troisième guerre mondiale éclate. Un quart des sondés disent même être « très effrayés » par une telle perspective. Environ 12% de la population dit avoir déjà constitué un kit de survie.

Faire des sacrifices pour réarmer le pays semble désormais aller de soi et susciter peu de contestation, même au sein des mouvements et partis pacifistes. C’est que l’invasion de l’Ukraine a révélé une Russie conquérante et une Amérique peu encline à continuer à soutenir l’Europe dans sa politique de défense. Comme Bruxelles est à la fois le siège de l’OTAN et la capitale des institutions européennes, elle pourrait être une cible de choix, en cas de conflit ouvert avec la Russie de Poutine. Cela fait l’affaire des marchands d’armes, entreprises belges y compris.

Tout cela vous le savez déjà, pourtant lorsque certains additionnent les moyens dont disposent déjà la France, le Royaume Uni, plus l’ensemble des pays d’Europe, vous constaterez ICI, que les moyens militaires européens conventionnels disponibles seraient bien plus importants et sophistiqués que ceux dont dispose la Russie. Il manquerait « simplement » un commandement centralisé. En cas d’une – peu probable – guerre nucléaire russe dévastatrice, nous sommes de toutes façons absolument dépendants des USA.