Soyons sur nos gardes.

Aucun parti d’extrême droite n’a survécu à Bruxelles et les partis francophones ont encore réaffirmé le cordon sanitaire qu’ils dressent contre cette droite extrême. Les partis extrémistes constituent cependant une composante dominante dans plusieurs pays européens, dont récemment le gouvernement italien et aussi comme soutien indispensable de l’exécutif suédois. L’extrême droite poursuit manifestement son évolution à travers l’Europe et voit sa place légitimée dans l’exercice du pouvoir.

Dans un article du VIF, le CRISP interroge Benjamin Biard (UCL) sur le caractère irrésistible (?) de cette progression et de cette banalisation. Il rappelle que Marine Le Pen, Éric Zemmour et d’autres figures d’extrême droite en Europe ont adressé des messages de félicitations et d’espoir à la Première ministre Giorgia Meloni. Son accession à la tête du gouvernement à Rome pourrait remotiver l’extrême droite au-delà des frontières italiennes.

La question est aussi de savoir quelle incidence ces partis peuvent avoir sur le fonctionnement des institutions européennes. Viktor Orban et les autres membres du groupe de Visegrad (République tchèque, Slovaquie et Pologne) ont déjà l’habitude de challenger les institutions européennes. Avoir un allié supplémentaire dans le chef de l’Italie peut contribuer à rendre le processus décisionnel plus complexe à l’échelon européen par rapport à certains grands enjeux. La vigilance s’impose.

Benjamin BIARD (interviewé par Gérald PAPY), « Irrésistible, la progression de l’extrême droite ? », Les @nalyses du CRISP en ligne, 27 octobre 2022 , http://www.crisp.be

3 réflexions sur « Soyons sur nos gardes. »

  1. brigittevermaelen

    Soyons vigilants, soyons sur nos gardes : évidemment d’accord, mais qui ?

    Quand on voit l’état de délabrement invraisemblable de l’enseignement à tous étages, écoles surpeuplées, comprenant des enfants d’origine et de culture différente, ne parlant pas nécessairement le FR ou le NL ou le maîtrisant mal, ce qui requiert d’autant plus d’accompagnement et ce avec du personnel exsangue, en sous-effectif, mal payé, et avec des moyens techniques dignes de l’époque de Napoléon, universités incluses.
    Idem évidemment pour l’hôpital, la justice…

    Avec en face le pilonnage de nombre de medias du courant dominant et des réseaux dits sociaux anti-immigrés (le grand remplacement), « ils » viennent nous piquer nos emplois ou tirer les salaires vars le bas », ce qui n’est pas faux pour le dernier cas, avec l’acceptation de travailler les jours fériés, les dimanches, non syndiqués pour la plupart…

    Et surtout avec de plus a dépolitisation de beaucoup de personnes, Belges d’origine inclus : le citoyen s’est largement mué en consommateur avant tout, avec l’aide d’une publicité omniprésente : une décervelation constante, j’achète donc je suis, je dois être à la mode etc. : je ne m’intéresse pas à la politique (qui régit largement ma vie mais je n’en suis pas conscient) voire j’ai horreur de la politique (moi, je reste propre) et pourquoi irais-je voter, et pour qui puisque la politique, largement influencée ces dernières années par le courant néo-libéral, ne respecte que très peu les intérêts des « petites gens » : vers qui se tourner puisque les syndicats et les partis de gauche ne font plus du tout correctement leur travail de formation permanente ?

    Tu as la réponse par rapport à que faire ici-maintenant pour être vigilants, à part pour les personnes qui le sont en fait déjà?

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  2. Gérard Myriam

    Quelle a été la politique européenne menée par Berlusconi, Salvini ?
    Intéressant de creuser ce qui différencie les leaders d’extr dr italienne par rapport à leurs homologues hongrois ou polonais. Différence d’histoire, de contexte, de culture.dans les institutions…Pas seulement ce qui les rapproche…

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