Sobriété volontaire ou subie ?

Sobriété. L’expression n’est pas neuve. Elle s’est illustrée en 2010 avec Pierre Rabhi et son «Vers la sobriété heureuse ». Elle fait la une aujourd’hui, suite à l’envolée des prix de l’énergie et à la montée de l’inflation. Etre sobre. Ne pas dépenser plus que ce que nous appelons nos besoins. Cela semble une évidence, mais n’est-ce pas contredit par cette injonction permanente à consommer, à se déplacer, à dépenser, à jeter, dans des proportions énormes, alimentée par un marketing, des publicités et des ventes en ligne fort efficaces ?

« Consommer plus ne rend pas plus heureux » disent les tenants de la frugalité heureuse. En consommant mieux, mais moins, ils entendent lutter contre les changements climatiques et la destruction de la biodiversité. Ils veulent sortir nos sociétés productivistes d’une trop grande dépendance aux énergies fossiles et aux industries extractives. Ce qu’ils envisageaient de faire par sagesse devient aujourd’hui une urgence que les crises imposent.

Cairn s’interroge ICI sur la notion de sobriété. Face à la sobriété volontaire de certains, se cache ce que d’autres ont osé appeler « la sobriété subie ». La sobriété qui est imposée est-elle autre chose qu’un renforcement de la pauvreté ? Lorsque les richesses se font plus rares, leur partage équitable ne se fait-il pas plus pressant ? Pendant que d’aucuns s’envolent pour leur minitrip à Venise, ce soir, des enfants et des familles dorment dans la rue à Bruxelles.

1 réflexion sur « Sobriété volontaire ou subie ? »

  1. Grégoire Wallenborn

    La sobriété est une très ancienne vertu, déjà chez certains Grecs (stoïciens notamment), puis dans certains courants religieux, et parmi d’innombrables philosophes.
    Plutôt que Cairn (qui est une plateforme de revues et éditeurs), il faudrait mentionner l’auteur, Bruno Vilalaba 😉

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