Une place pour la voiture

Billet d’humeur

Au fil du temps, la voiture a pris tout l’espace disponible en ville pour circuler et pour stationner, très progressivement à partir de l’Expo 58 et sans réelle opposition. Les allées arborées de la petite ceinture et de l’avenue Louise ont laissé la place à toute une série de voies rapides et de tunnels. Des véritable autoroutes urbaines ont pénétré plus profondément dans la ville, reléguant les piétons sur d’étroits trottoirs et ne laissant aucune place pour les cyclistes peu nombreux. La ville devait s’adapter à la voiture ou mourir.

La voiture reine et le règne de la voiture dite « de société » ont permis à de nombreux Bruxellois de loger de plus en plus loin de leur lieu de travail. Dans de vertes campagnes brabançonnes, dénuées de transports en commun, qu’ils ont mitées avec leurs villas quatre façades et avec les émissions de gaz à effet de serre de leurs puissantes berlines. C’est aussi là qu’il payent leurs impôts. Mais les temps changent et le partage équitable de l’espace public entre tous ses usagers devient la norme.

Même remise à sa place, la voiture a cependant toujours droit à sa place en ville, parce qu’elle reste encore indispensable pour toute une série de personnes et de professions, malgré le développement des transports en commun et des voitures partagées. ll ne peut cependant s’agir d’une revanche. Il ne s’agit pas de faire de l’automobiliste un paria. Il faut lui laisser accès à des stationnements souterrains qu’il doit accepter de payer. Il faut le laisser circuler en ville, mais à vitesse réduite et sans polluer l’air. N’est-ce pas à ce prix que la voiture personnelle peut espérer une place dans la ville du futur ?

1 réflexion sur « Une place pour la voiture »

  1. Koen Van Wonterghem

    Tout à fait d’accord avec les deux premiers paragraphes du billet.
    Quant au troisième…:
    – il est trop flou: la ville vivable, et certainement le centre-ville, sera une sans voitures (sauf les ‘obligées’, bien entendu); les parkings souterrains (de dissuasion) ne seront pas situés en ville, mais seulement en bordure de;
    – il est fautif où il dit que « il faut le laisser circuler en ville, mais à vitesse réduite et sans polluer l’air »: c’est un leurre, encore davantage quand on observe l’évolution déplorable des véhicules mis sur le marché (toujours plus grosses, plus puissantes, plus rapides, plus énergivores, plus agressives de front avant). Jetez un coup d’oeuil sur http://www.lisacar.eu
    Entre piéton et automobile, la cohabitation n’existe que dans l’esprit automobilistique dans chacun de nous…, tandis que la politique simplement immorale de l’industrie automobile sévit.

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