Le « cohousing », une opportunité ou un problème ?

La rareté et le prix des logements de qualité à Bruxelles ont contraint un certain nombre de jeunes Bruxellois à se montrer créatifs en louant à plusieurs une maison ou un grand appartement. Ils se le partagent avec succès ou tant bien que mal. A côté de ces organisation spontanées, des professionnels sont de plus en plus nombreux à acquérir de vastes demeures en centre-ville, pour y aménager de grands espaces communs entourés de chambres individuelles. Une forme de  « cohousing » que la Région n’a pas vu venir, tout comme précédemment avec le phénomène Airbnb.

La formule a du succès auprès de jeunes qui ont un job et sont heureux d’habiter la ville, de bénéficier d’une chambre privative et de partager une grande salle à manger, une cuisine et parfois même une salle de cinéma, une salle de yoga ou un salon commun avec une table de billard. Tout cela aménagé avec un certain caractère et souvent avec des matériaux et des meuble recyclés. On ne peut que se réjouir de voir ces grands immeubles connaître une deuxième vie et retenir à Bruxelles des jeunes qui aiment la ville et qui ne rêvent heureusement pas de se tirer à la campagne.

La Région n’a rien prévu pour encadrer ce nouveau mode d’habiter, ni même exigé une demande de permis. Alors, les échevins de l’Urbanisme de Saint-Gilles, Ixelles et Bruxelles Ville, qui ont plusieurs centaines de chambres en « cohousing » sur leur territoire, ont pris les devants dès le 17 juin, avec leurs propres « recommandations » qui ressemblent quelque peu à une traque au « cohousing ». Cet article de Bruzz en dit plus. Vous en trouverez la traduction et l’article du Soir dans le pdf ci-dessous. Il y aurait beaucoup à dire sur les remarques négatives des trois échevins qui redoutent notamment une densification de la ville  (préfèrent-ils l’étalement ?) et agitent bien sûr la prévisible allusion à la « gentrification ». Retenir les jeunes avec des revenus en ville n’est-il pas souhaitable pour composer une ville mixte au coté du logement familial et du logement social ?

https://bruxselsfuture.com/?p=20132&preview=true

Cohousing et les trois échevins. Photos Le Soir – Mathieu Golinvaux et Dominique Duchesnes

3 réflexions sur « Le « cohousing », une opportunité ou un problème ? »

  1. potteve

    Sauf qu’il s’avère que bon nombre des occupants des immeubles de co-living/co-housing ne sont pas des gens qui restent très longtemps (il y a pas mal de stagiaires des institutions européennes et autres organisations qui restent six mois environ) et ne s’investissent pas dans leur voisinage. Dans un cas observé dans un quartier résidentiel dans ma commune (Schaerbeek), le nombre de chambres et d’occupants dans l’immeuble de co-housing est très très largement supérieur à celui des quatre appartements qui s’y trouvaient auparavant, le turnover des occupants est rapide et les troubles de voisinage fréquents, d’autant plus qu’il n’y a ni concierge ni aucun gérant sur place. Il convient de se demander si le co-housing/co-living entre dans la catégorie hôtelière, dans la catégorie résidentielle ou dans la catégorie « kot étudiant » (haut de gamme en l’occurrence). Le co-housing/co-living peut donc générer les mêmes problèmes que les logements Airbnb. Il est donc crucial que cette pratique soit cadrée et réglementée spécifiquement. S’il est clairement positif d’attirer des jeunes travailleurs à Bruxelles, ce l’est beaucoup moins s’ils ne font que passer et n’y paient pas d’impôts.

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  2. valeredoumont

    les politiques, en retard sur l’évolution de la société. Comme souvent.
    Mais surtout qui agissent au mauvais niveau de décision politique. Le logement, c’est régional !
    J’ai comme l’impression de revoir le débat sur la taxe de circulation « nous avons beaucoup discuter au parlement flamand, donc la Belgique doit faire ceci… ».

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