Le club de mauvais Flamands

Eric Corijn, Roel Jacobs, Pascal Smet, Sven Gatz, mais aussi Arno, Marc Didden, Axel Red  Jan Goossens, … figurent sur la longue liste des Bruxellois néerlandophones convaincus. Sont-ils pour autant toujours de bons Flamands ? S’exprimant volontiers en français, pour être compris dans un certain nombre d’assemblées, ils sont considérés par certains comme traîtres à la cause flamande. Louis Tobback ne se gaussait-il pas déjà des Dansaertvlamingen qui coûtent cher à la Flandre ? Oui, notre microcosme culturel est très éloigné d’Anvers et même de Louvain, mais vouloir plus de Flandre, n’est-ce pas aussi vouloir plus de Bruxelles ?

C’est sur un mode ludique, que les jeunes SP.A d’Animo, ont créé – en son temps – le club «ik ben en slechte vlaming». Un badge jaune et noir, qui entendait rappeler que tous les Flamands ne sont pas des nationalistes étriqués. On peut très bien être Flamand, et Bruxellois, et Belge, et Européen et Citoyen du monde, et refuser d’être placé dans le même tiroir que certains Flamands égocentrés. L’expérience vécue d’un Ivan De Vadder de la VRT (voir pdf en bas de page) est révélatrice de la relation d’amour-haine que peut vivre un parfait bilingue avec le Bruxelles où il est né. L’expérience différente vécue par Arlette L. est tout aussi révélatrice.

Il ne faudrait pas, pour autant, ranger ces personnes multilingues dans l’inventaire des francophones de Bruxelles. Parler la langue de l’autre, ce n’est pas adopter sa culture, ni sa manière de réfléchir. On peut traduire sa pensée en français tout en restant un Italien, un Anglais ou un Flamand. Beaucoup de francophones de souche wallonne, marocaine ou québécoise ne pensent ou n’agissent d’ailleurs pas nécessairement de même façon.

Bruxelles est de plus en plus cosmopolite et si le français reste encore sa lingua franca, il ne faudrait pas en conclure trop vite que tous ses locuteurs sont des francophones. La francophonie est-elle « une » culture ? Dans ce monde multiforme, pouvons-nous encore assimiler langue et culture ? culture et mode de vie ? communauté et société ?  C’est en cela peut être, que les « mauvais Flamands » montrent une voie: se décentrer de son origine pour mieux rentrer dans un destin urbain commun.

les mauvais Flamands

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