Démolir pour construire

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Dans une ville densément bâtie – sauf existence de quelques friches – il est nécessaire de démolir pour construire du neuf. Se pose alors la question de déterminer ce qui doit être conservé et ce qui peut être détruit. Quelles traces du passé une ville doit-elle conserver ? Ainsi, Bruxelles a déjà perdu son ancienne gare du Midi place Rouppe, la Maison du Peuple de Victor Horta ainsi que son hôtel Aubecq, le Centre Rogier (Martini) de Jacques Cuisinier, les immeubles d’angle de la porte de Namur et ceux de la place Stéphanie, et tant d’autres victimes de la « bruxellisation », bien illustrée par cet article de 2017 de la RTBF, avec ses astucieuses photos coulissantes Avant/Après.

Aujourd’hui, la réflexion doit aussi se porter sur les conséquences écologiques de démolitions d’immeubles qu’il possible de rénover ou d’adapter. Nous n’ignorons plus que matériaux ne sont pas inépuisables, même le sable nécessaire au béton finit par se faire rare. L’ARAU s’insurge contre la très large démolition prévue de l’îlot de la place De Brouckère (côté UGC), de la démolition du tri postal de l’avenue Fonsny en sursis, de la rue de la Loi, dont les immeubles –  souvent récents – ne cessent d’être démolis et reconstruits sans l’accord des citoyens. S’oppose aussi formellement à la démolition de l’immeuble Belgacom (aujourd’hui Proximus) au pied du Sablon, à propos de laquelle Quartier des Arts adopte une position plus mitigée.

Le parlement européen, place du Luxembourg, n’a pas 30 ans, mais dès 2017 ses membres ont déjà examiné la possibilité de sa rénovation complète ou de sa démolition/reconstruction, bien que le promoteur estime qu’il n’y a pas de problème de stabilité. Fin 2019, un appel à projets a été lancé pour évaluer les deux solutions, en vue répondre aux problèmes de sécurité et de gaspillage d’énergie qui ont été constatés. Strasbourg en profite pour se profiler comme siège unique. Pour le citoyen, cela fait plutôt mauvais genre et pourrait être vu comme symbolique d’une mauvaise gestion européenne. Comme le constate ma voisine, la maison que j’occupe a 300 ans et est toujours là …

image Michael Gaida Pixabay

 

2 réflexions au sujet de « Démolir pour construire »

  1. potteve

    En ce qui concerne le sable comme matériau pour le béton, je recommande de visionner le documentaire d’Arte: « Le sable: enquête sur une disparition », disponible en VOD sur le site d’Arte. On y apprend des choses stupéfiantes.

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  2. Françoise Debatty

    tout aussi vrai qu’à Forest, sous prétexte de rénovation de l’abbaye Place St Denis, « on » veut installer une salle de spectacle dans le parc. Sic. Encore une. Et comme les extensions du bâti ne sont pas autorisées en zone de parc, il reste à détruire les bâtiments construits lors de la rénovation de 1975 pour récupérer du m2 alors qu’ils sont en bon état, fondus dans le paysage et construits avec de beaux matériaux. Gabegie…

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