Un tarif kilométrique qui ébranle la Belgique

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Le projet de taxation kilométrique mis sur la table du gouvernement bruxellois n’a pas fini de susciter des commentaires, que résume fort bien Joyce Azar dans VRT news en français. Dans la presse, la ministre flamande de la Mobilité menace Bruxelles d’actions en justice. « Scandaleux » proclame Willy Borsus et Georges Louis Bouchez : « Les classes moyennes n’ont pas besoin d’impôts en plus ». Quelqu’un y va même d’un «Sire, il n’y a plus de francophones». La FEB parle d’exode des entreprises hors de Bruxelles. Quant à Bart De Wever, il établit carrément un lien entre la tarification routière intelligente à Bruxelles et l’avenir de la Belgique.

Il aurait évidemment pu être plus simple de plancher sur un système à l’échelon national pour que tous les automobilistes soient sur un pied d’égalité, mais la régionalisation voulue de la compétence Mobilité en a décidé autrement. Chaque Région a le droit et aussi le devoir d’organiser au mieux sa Mobilité, en fonction des critères qu’elle se donne. Pour l’avocat bruxellois Joris Theelen – qui en a fait une remarquable synthèse dans une Opinie publiée par Bruzz et traduite ICIil est du devoir moral des politiciens bruxellois de percevoir ce « tarif kilométrique ». Alors certes, une concertation est souhaitable, mais la compétence n’a pas été régionalisée pour que chacun soit obligé suivre le même chemin.

Ecartons-nous un instant de la question de Mobilité pour nous pencher sur quelques phrases de cet article révélateur que Bruzz consacre à un Bart De Wever, qui lie le tarif km à l’avenir de la Belgique et que nous avons traduit ICI. Extraits: La taxe kilométrique est un nouvel exemple de « voisinage hostile ». Si Bruxelles veut cuisiner sa propre soupe, elle doit le dire très clairement. Nous pourrons alors commencer à affiner nos plans vis-à-vis de Bruxelles et préparer l’avenir de la Flandre. Je n’ai pas peur de cela. Bruxelles veut “tous les avantages, sans les inconvénients”. C’est aussi le cas des normes de bruit : que tout vole au-dessus de la Flandre, mais pas au-dessus de Bruxelles. Si vous voulez faire de Bruxelles une Ville-État, vous devez aller jusqu’au bout. Ensuite, nous devrons également apurer les comptes complètement. Pourquoi nous devrions remplir les caisses de Bruxelles avec l’argent de Beliris, avec de l’argent européen …

 

2 réflexions au sujet de « Un tarif kilométrique qui ébranle la Belgique »

  1. lessinescyclismeonweb

    Pas question de polémiser ni de faire dans la politique ou le communautarisme, on ne mange pas de ce pain là, mais nous wallons proches de la CAPITALE, ne venons déjà plus que rarement à Bruxelles car l’embouteillage est partout. Maintenant, taxe ou pas, pas sûr que que cela va avoir un effet sur l’utilisation exclusive de la voiture. Sur le portefeuille peut-être. Mais il va y avoir des « dérivatifs ». Je dirais que ce qui me tracasse le plus ce sont les trottinettes électriques qui roulent n’importe comment, sur les trottoirs, jetées à même la chaussée, abandonnées, … . Bon après tout, chacun sa vision de Bruxelles, une ville que nous aimions beaucoup mais que nous n’approchons plus que … rarement et ce même sans la taxe. Alors, avec taxe, cela ne changera rien sauf si la circulation change.

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  2. Francois Carton

    Bravo Elke ! Enfin un politique qui empoigne les problèmes et fait avancer le smilblick ! Elle nous rend notre fierté de citoyen. Autre chose que son prédécesseur, ce bellâtre stouffeur qui repeint nos trams.
    Après 20 ans d’attente, quel plaisir que ces nouvelles pistes cyclables (assez) bien sécurisées. Le 30Km/h généralisé et la taxe kilométrique va pacifier la ville, assainir nos poumons, épargner nos oreilles et inciter la classe moyenne à y rester.
    La mauvaise foi, l’hypocrisie, les menaces et le côté fake-news des deux autres Régions – ce ne sont pas des propos tenus par des gens d’opinions différentes mais une véritable attaque en règle – est révélateur de ce que notre Région est (a été?) un mouton dont on tond la laine et n’ayant qu’un seul droit : celui de se taire.
    Bravo Elke, j’en redemande !

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