Les dangers de l’asphalte ?

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Sa pose est rapide et pas chère. Elle produit un tapis d’asphalte plus silencieux que nos pavés. Pourquoi s’arrêterait-on d’asphalter et de réasphalter nos voiries ? Des chercheurs de Science Advances publiés par European Scientist ont découvert, qu’en été, l’asphalte est une source de pollution atmosphérique non négligeable pour la ville et très peu analysée (1). A cela s’ajoutent les émanations des nombreuses toitures en roofing.

L’asphalte est une forme noire, semi-solide et collante du pétrole, également connue sous le nom de bitume. Si les émissions provenant de l’asphalte au cours de fabrication et de pose sont bien connues, on en savait moins sur les émissions à long terme. L’industrie de l’asphalte affirme qu’elles sont minimales. Une nouvelle étude scientifique suggère cependant que des composés dangereux continuent à se diffuser lentement et que les émissions peuvent atteindre jusqu’à 300 %, lors de journées chaudes et ensoleillées. Les produits chimiques se condensent pour former des aérosols organiques secondaires, qui contribuent à la production de PM2,5 (particules polluantes dangereuses de moins de 2,5 micromètres de diamètre). Ce type de pollution atmosphérique est connu pour avoir des impacts significatifs sur la santé publique (2).

Des recherches supplémentaires sont encore nécessaires pour déterminer la quantité de pollution émise par l’asphalte au cours de sa durée de vie, mais le réchauffement climatique déjà perceptible risque bien de multiplier le nombre de journées fortement ensoleillées. En attendant la découverte d’alternatives crédibles au bitume, les villes vont devoir augmenter les zones ombragées par la multiplication des plantations d’arbres et faciliter l’installation de balcons débordant des façades.
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(1) Peeyush Khare, Jo Machesky, Ricardo Soto, Megan He, Albert A. Presto, Drew R. Gentner. Asphalt-related emissions are a major missing nontraditional source of secondary organic aerosol precursors. Science Advances (2020) DOI: 10.1126/sciadv.abb9785

(2) Tuet, W.Y. et al. Inflammatory responses to secondary organic aerosols (SOA) generated from biogenic and anthropogenic precursors. Atmospheric Chemistry and Physics (2017). DOI: 10.5194/acp-17-11423-2017

 

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