Relations avec notre hinterland

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Suite aux mesures provisoires prises pour lutter contre la propagation du covidus-19 à Bruxelles, un éditorial de La Libre évoque, sur un ton menaçant, un désert économique si ces mesures devaient devenir définitives et les navetteurs dans l’impossibilité de rejoindre leur lieu de travail en ville.

Oui, une ville dépend de son hinterland, mais dans le cas particulier de Bruxelles, l’hinterland n’apporte rien aux finances régionales, puisque les navetteurs payent l’intégralité de leurs impôts en Flandre ou en Wallonie. C’est donc l’hinterland qui dépend de la métropole, où se produit la richesse. La Communauté métropolitaine de Bruxelles ayant de moins en moins de chance de voir le jour, les matières qui étaient à son programme, ne font l’objet d’aucune concertation et la situation des 320.000 navetteurs empire, surtout celle de la majorité qui arrive en voiture.

Menacer l’économie de Bruxelles, si la Région continue à limiter l’accès à la ville en voiture en favorisant piétons et cyclistes, ne fait pas preuve de beaucoup de maturité. Oui, la ville doit pouvoir rester habitable pour offrir une qualité de vie à ses habitants et pour éviter la poursuite de l’exode urbain qui mite la campagne. Oui, la ville a besoin des personnes qui font la navette pour occuper une moitié de ses postes de travail. C’est donc du côté des alternatives, que métropole et hinterland doivent se concerter pour coordonner leurs efforts, notamment à propos des parkings de dissuasion aux portes de la ville et à propos de la pression à mettre sur le fédéral pour le RER – et de ses haltes bruxelloises – qui ne cesse d’accumuler les retards. Place donc au respect mutuel et à la concertation constructive plutôt qu’aux menaces.

 

2 réflexions au sujet de « Relations avec notre hinterland »

  1. Francois Carton

    Excellent post.
    La RBC – 2ème ou 3ème Région la plus riche d’Europe – est une poule aux oeufs d’or qui profite plus aux deux autres Régions qu’aux bruxellois. Notre Région en est bien mal considérée. Aux yeux des autres belges, nous sommes un nain politique représenté par des hommes politiques dépendants de partis communautaires. En cas de conflit d’intérêt, ces hommes et ces femmes ont, en bout de course, les mains liées par des Présidents de parti flamands ou wallons. Nous n’existons pas assez politiquement et nous nous faisons piller doucement mais surement.
    Outre ce pillage institutionnalisé, nos besoins spécifiques sont mal entendus quand ils ne sont pas simplement ignorés et ce n’est pas les maigres compensations (Beliris hypocritement transformé en aumône et mis sous tutelle communautaire, consommation des navetteurs …) qui me feront changer d’avis.
    Il faut que nos hommes politiques se montrent plus « nationalistes », plus ardents à promouvoir nos intérêts, plus mordants dans leurs prises de paroles ! Sur ce dernier point, j’ai été agréablement surpris par une récente interview donnée le Président Vervoort. Il ne mâchait pas ses mots…. et ça m’a fait du bien !

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  2. LM

    Je pense que La Libre Belgique a en partie raison. Oui, Bruxelles a besoin des navetteurs car ils y consomment et donc font vivre beaucoup d’établissements : restos, snacks, magasins…etc…LM

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