Le RER: pourquoi il tarde tant ?

_______________________________________

Déjà habitué au silence de la ville et à la qualité de l’air, qui voudrait le retour de la congestion après le confinement ? Le RER devait aider à nous en délivrer. Sous des apparences très techniques et rationnelles, le projet de Réseau Express Régional recèle en réalité un grand nombre d’agendas cachés qui se découvrent au fil du temps. Ils sont révélateurs de points de vue divergents tant sur la vision de la ville que sur la politique de mobilité. Tout cela nous écarte de la création d’un espace RER fonctionnel et pose la question de la redistribution des droits d’usage de cet outil.

Le RER n’est pas le projet d’une Région, mais un projet du gouvernement fédéral géré par la SNCB. Un projet qui s’étale sur le territoire de trois Régions autonomes, qui ont chacune leurs objectifs. Le projet cache une guerre larvée entre ces Régions, qui cherchent à en tirer des avantages exclusifs à partir des compétences qui sont les leurs.

Si le projet vise à réduire le nombre de voitures entrant à Bruxelles et à réduire le temps de la navette en train, Bruxelles veut aussi voir se multiplier le nombre d’arrêts sur son territoire, pour en faire aussi une sorte de deuxième réseau métro, réparti sur une vingtaine de gares existantes. Cela bloque, parce que la multiplication des arrêts ne manquerait évidemment pas de rallonger le  temps de parcours des navetteurs des autres Régions et d’entraîner des coûts supplémentaires pour la SNCB. 

Il y a encore d’autres agendas cachés. Vous pourrez les découvrir dans l’étude très détaillée réalisée par Ludvinne Damay dans le cahier «Un RER à Bruxelles ? Espace des rivalités et gouvernance de la mobilité » de Metropolis Flux.

 

2 réflexions au sujet de « Le RER: pourquoi il tarde tant ? »

  1. potteve

    Puisque c’est la SNCB qui pilote le projet RER, pourquoi n’est-il pas possible de faire un compromis et imiter ce que fait déjà la SNCB elle-même: des lignes qui sont utilisées sur la même journée de manière différenciée, avec des trains omnibus, semi-directs et directs ? Cela demande certes une gestion très pointue mais pas impossible quand même au XXIème siècle !

    J'aime

    Répondre
  2. Benjamin Wayens

    en 2014, une version multilingue (FR-NL-EN) des recherche de Ludivine Damay dans Brussels Studies:
    Ludivine Damay, « Un RER à Bruxelles ? Socio-histoire des rivalités et des régulations politiques (1989‑2013) », Brussels Studies [En ligne], Collection générale, n° 74, mis en ligne le 17 février 2014, consulté le 22 avril 2020. URL : http://journals.openedition.org/brussels/1205 ; DOI : https://doi.org/10.4000/brussels.1205

    J'aime

    Répondre

Laisser un commentaire.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.