92% de francophones à Bruxelles ?

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Selon les résultats d’une étude réalisée par la députée fédérale Sophie Rohonyi (DéFI), analysée par L’Echo, 91,8 % des déclarations d’impôt des personnes physiques ont été remplies en français à Bruxelles en 2019 et donc 8,2 % en néerlandais (?). Vu l’interdiction d’organiser un recensement linguistique, depuis la loi du 24 juin 1961, ce type comptage constitue une indication, faute de mieux. Comme les déclarations ne peuvent se remplir qu’en français ou en néerlandais, elles limitent le choix des Bruxellois à deux langues. Il faut donc être prudent dans les conclusions tirées de cette étude.

Les 91,8 % de déclarations en français confirment cependant qu’à Bruxelles la « lingua franca » ou langue véhiculaire reste le français. Cela ne qui ne signifie nullement que ces personnes sont de culture française ou parlent couramment le français. C’est la langue qu’une majorité de Bruxellois utilisent entre eux pour se parler, espérer être compris … et pour répondre à l’administration. Les chiffres fournis par les déclarations à l’IPP ne permettent cependant pas de faire le point sur la situation de l’anglais, qui constitue une autre « lingua franca » dans certains milieux.

Bruxelles demeure une des rares métropoles internationales où l’anglais n’est pas la langue véhiculaire. Certains s’en réjouissent. D’autres le déplorent. Des études récentes auprès des étudiants montrent que – tant en Wallonie qu’en Flandre – l’anglais progresse au détriment de l’apprentissage du français et du néerlandais, qui demeurent cependant deux des langues officielles du pays et sont obligatoirement enseignées prioritairement dans les écoles bruxelloises. L’anglais reste donc à Bruxelles la troisième langue, si pas la quatrième, lorsque ni le français ni le néerlandais ne sont la langue maternelle des élèves.

3 réflexions sur « 92% de francophones à Bruxelles ? »

  1. Francois Carton

    Comme je vois mal qui s’amuserait à remplir des déclarations d’impôts en Néerlandais, je tiens pour acquis qu’il y a effectivement 8,2% de néerlandophones en RBC … qui bénéficient d’une clé de répartition budgétaire « légale » de 20/80. Encore un transfert sud-nord passé à l’as par certains comptables du nord du pays.

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  2. Philippe Van Parijs

    Défi semble continuer à utiliser les mêmes lunettes bicolores que les confédéralistesbinaires de la N-VA, en plus des lunettes qui souffrent de deux grosses taches aveugles: ceux qui ne remplissent pas de déclaration fiscale parce qu’ils sont trop pauvres et ceux qui n’en remplissent pas parce qu’ils ont un statu de fonctionnaire international. (Un conseil à Défi: lire les résutats du taalbarometer)
    Par ailleurs, je ne sais pas ce que tu appelles “métropole internationale”. L’anglais serait-il plus dominant à Paris, Barcelone, Berlin ou Sao Paulo qu’à Bruxelles?
    Philippe

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    1. Yvan Vandenbergh

      Merci pour cette mise au point.
      Pour ce qui est des métropoles internationales, il me semble que celles situées dans des pays qui ont imposé une langue nationale unique, comme la France, l’Allemagne ou le Brésil, les habitants de grandes métropoles, comme Paris, Berlin ou Sao Paulo, n’ont pas besoin de disposer d’une autre langue véhiculaire pour se comprendre. Dans des villes situées dans des pays qui comptent plusieurs langues, comme l’Inde, le Sri Lanka, le Canada, l’Espagne, les Philippines, … c’est généralement l’anglais qui est choisi comme lingua franca dans des métropoles comme Bombay, Colombo, Manille et dans une moindre mesure Montréal. Barcelone commence aussi à préférer l’usage de l’anglais avec les visiteurs plutôt que le Castillan.

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