Et si la guerre des participes en cachait une autre ?

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Vous lirez ICI l’essentiel de ce qui s’est dit et publié à propos du pavé que deux linguistes belges, – soutenus par la fédération Wallonie-Bruxelles – lancent dans la mare tranquille et historique de l’accord des participes. Ils veulent une simplification de cet accord avec l’auxiliaire avoir, qu’ils jugent « obsolète et compliqué jusqu’à l’absurde ». Vous vous souviendrez qu’elle stipule que le participe s’accorde en genre et en nombre avec le complément d’objet direct uniquement quand celui-ci le précède … mais avec plusieurs pages d’exceptions recensées dans le Grevisse.

Les élèves se demandent: pourquoi avant et pas après? Souvent, les enseignants savent expliquer comment on accorde, mais pas pourquoi. La réponse (étonnante), vous la trouverez ICI.  L’incohérence des règles empêche les enseignants de donner du sens à leur enseignement, constatent les linguistes Arnaud Hoedt et Jérôme Piron, qui plaident pour une invariabilité pure et simple du participe passé avec l’auxiliaire avoir. Il s’agit de proposer – et non d’imposer – cette règle nouvelle, mais il faut cesser de sanctionner ceux qui ne commettent aucune faute en l’appliquant. N’en déplaise à l’Académie française, qui n’est pas composée de linguistes : «  L’orthographe n’est pas la langue, mais l’outil graphique qui permet de transmettre, de retranscrire la langue, comme les partitions servent la musique ».

De telles améliorations rationnelles de la langue – sans perte de sens – ont toute leur importance à Bruxelles, où plus de la moitié des citoyens n’ont pas le français pour langue maternelle, mais font l’effort d’apprendre la lingua franca qui nous permet de communiquer entre Bruxellois. Il ne s’agit aucunement d’un nivellement par le bas, mais de retrouver la logique de la langue, plutôt que de s’accrocher à des  » usages «  que rien de sérieux ne justifie. Une bataille des petits Belges contre le conformisme et la belle assurance d’Immortels qui ne sont jamais parvenus à produire une grammaire décente.

Une réflexion au sujet de « Et si la guerre des participes en cachait une autre ? »

  1. Sophie Mersch

    Personnellement, je ne trouve pas l’explication de la règle étonnante, je la trouve tout à fait logique ! Et je m’interroge: les enfants vont-ils s’y retrouver si on leur dit d’écrire « les choses que j’ai fait » alors que tout le monde dit « que j’ai faites » ?

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