Bruxelles vue par un flamingant

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Jean-Pierre Rondas est un intellectuel flamand éminent. Il fut présentateur à la chaîne classique Klara de la VRT. Il s’est souvent opposé à Jan Goossens au conseil d’administration du KVS. Aujourd’hui à la retraite, il reste très actif dans le webzine flamingant Doorbraak. C’est dans une interview de Brussel Deze Week qu’une fois de plus il se lâche. Intéressant à lire pour se faire une idée de la vision que certains peuvent avoir de Bruxelles depuis la Flandre.

Il fait le compte très détaillés de tout ce que l’Etat (donc principalement la Flandre) donne à Bruxelles, bien sûr sans mentionner les énormes recettes qui échappent à Bruxelles suite à la taxation sur le lieu de domicile et non sur le lieu de travail. Il estime que la Flandre est une nation et qu’elle doit lâcher la « petite Ville Etat » qui ne peut qu’aller à la faillite. Il donne l’exemple du Brandebourg qui a refusé de fusionner avec Berlin. Une Flandre indépendante fera d’autres alliances, notamment avec différents « plats pays ».

Il s’oppose fermement à toute révision des frontières de Bruxelles qui n’est pas capable de faire respecter le bilinguisme. Quant à une évolution vers un Bruxelles trilingue, ce sont des rêves brumeux des Van Parijs et Bruno De Wever qui pensent que l’anglais va refonder Bruxelles. Si le Royaume Uni quitte l’Europe on peut s’attendre à ce que l’Ecosse prenne son indépendance et rejoigne l’Europe. L’Europe des Régions progresse et la Flandre doit s’y inscrire pour renforcer son identité. Et (beaucoup) plus ICI en zoomant les pages 6 et 7.

16 réflexions au sujet de « Bruxelles vue par un flamingant »

    1. Yvan Vanderbergh

      Sans la Flandre sans doute, mais certainement pas sans les Bruxellois néerlandophones, qui ne sont pas des Flamands de Bruxelles, pas plus que moi un Wallon de Bruxelles. Gardons la société civile bruxelloise unie.

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  1. Hendrik

    L’absence d’écoles d’immersion en Flandre? Ce n’est plus vraie. Depuis septembre 2014 25 écoles en Flandre ont un programme d’immersion. Et en plus l’enseignement du Français comme deuxième langue est obligatoire depuis belle lurette dans l’enseignement partout en Flandre. Par contre l’enseignement du Néerlandais n’est pas obligatoire en Wallonie.

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  2. FC

    J’ai été effectivement étonné de constater avec quelle rapidité mes propos ont été réduit à un rejet culturel primaire et/ou au qualificatif méprisant de « francophone rabique ». Le sujet – la dénonciation d’une certaine Flandre arrogante et aux comportements impérialistes – est manifestement ultra-sensible et la critique rapidement mal-venue. L’heure est encore à un certain ronronnement politiquement correct au risque d’être immédiatement accusé de radicalisme et d’esprit de clocher. FC

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  3. Brigitte Vermaelen

    Toujours intéressant de constater que l’insulte est la première réaction flamingante dans ce genre de débat. « Au plaisir de ne jamais vous rencontrer » ne répond en rien aux arguments factuels par exemple sur l’absence d’écoles d’immersion en Flandre, sur la goutte d’eau que représentent les « 22 millions » de néerlandophones au regard de la mondialisation.
    Il est plus facile de présumer a priori que le contradicteur dont on ignore tout est 1) méprisant, 2) unilingue et dès lors 3) disqualifié.
    Impossible, comme je l’écrivais, de discuter rationnellement sur des faits objectifs. CQFD.

    Au fait : 6 millions de néerlandophones en Flandre, cela établit que bien entendu, TOUS les résidents de Flandre parlent le néerlandais. C’est d’évidence une prérogative de la seule Région de Bruxelles-Capitale et de la Wallonie d’abriter des résidents adultes d’origine par exemple polonaise, russe, latino qui ne parlent encore que leur langue d’origine sans parler ni le FR, ni le NL, même s’ils y résident depuis des années, n’est-ce pas ?

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  4. FC

    Décidément l’opposition Latins – Germains à la vie dure. Je vous avais exposé des catégories de faits; vous me revenez avec cette très vieille obsession purement subjective. Et dangereuse quand elle cache si péniblement une rancoeur certaine (loin d’un esprit ouvert).
    Mais bon, l’échange ne pouvant que tourner à l’aigre, j’en resterai là sur le thème.
    Cordialement, FC
    PS : Je ne résiste pas à l’envie d’apporter de l’eau à votre moulin de mon obscurantisme culturel ! J’étais parfait bilingue Espagnol – Français à l’âge de 5 ans. Je parle anglais. J’ai vécu dans 4 pays différents (hors la Belgique) et en ai visité une 20taine d’autres sur tous les continents (parfois 3 mois dans un pays, toujours 30 jours au minimum). Naturellement, je n’ai rien retiré de ces très nombreuses expériences, trop occupé que j’étais à répandre les bienfaits de la culture francophone.
    Et je parle le Néerlandais comme la majorité des belges (yc la majorité des excellences flamandes au Fédéral) « parlent » l’autre langue sans avoir l’occasion de la pratiquer au quotidien : comme un troupeau de vaches espagnoles 🙂 . Il n’y a que vous et vos semblables qui n’y voyez que mépris. FC.

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    1. Marc van Bugggenhaut

      Votre perspicacité m’épate : je suis, malheureusement pour votre flair et votre don des langues hormis le néerlandais, bien sûr, francophone quadrilingue et je n’ai pas à apporter à mes compatriotes du nord les bienfaits de la civilisation. Je les respecte et je parle leur langue de « conducteur de la STIB » quand je me rends chez eux, idem au sud mais ils travaillent aux TEC. Le « moi et mes semblables » tombe à plat du haut de votre mépris pour la « majorité » des Belges qui, d’après vous, parlerait néerlandais comme des vaches espagnoles (vous devez vous y connaître en tant que parfait bilingue franco-espagnol). Au plaisir de ne jamais vous rencontrer, FC

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  5. FC

    C’est exact M. VB. Je vous avais mal lu, désolé. Il y a bien 22 millions de Néerlandophone aux portes de la Wallonie (+ 80 millions de germanophones Allemands + 60 millions de francophones Français). Je ne vois pas trop où mène vos décomptes frontaliers si ce n’est, de façon insidieuse, de « gonfler » l’importance du Néerlandais en Belgique et de faire honte à ces (arrogants?) de francophones (profiteurs?).
    Permettez-moi de justifier auprès de vous et de M. R.G., ma position clairement séparatiste.
    Les hommes politiques flamands adorent faire la leçon sur le ton « Il faut être réaliste ». Alors ouvrez les yeux sur la réalité : dans un couple, pour s’entendre et vivre bien, il faut être deux et un seul suffit à provoquer le divorce.
    Depuis des décennies, je ne vois que coq déchiqueté par le chien du ministre-président flamand (Van Den Brande), inscriptions haineuses (Franssen raten etc..), dénis de démocratie, dénis administratifs, dénis historiques, dénis de coopérations, mépris médiatique, obstruction face à la réussite de l’autre, certitudes arrogantes, aigreurs cuites et recuites etc.
    Et vous voudriez que je me sente à l’aise avec cette expression socio-politique flamande ? Vous voudriez que j’affiche une douce complaisance aimante ? Que je ne me sente pas frustré dans mon identité ? Que je sois heureux de vivre avec vous ?
    Vous rêvez debout mon vieux. Je préfère encore être traiter de francophone rabique par certains des miens !
    Veuillez notez que je ne parle pas du citoyen flamand lambda … dont je me sens plus proche que d’un Français ou d’un Hollandais. Eh oui!
    La cavalerie de Philippe le Bel reviendrait essayer de vous mettre au pas, je rejoindrai Gui de Namur pour vous aider ! Sans hésitation. Idem concernant les Hollandais :).
    Mais vivre à deux, dans le contexte actuel, m’est devenu malheureusement insupportable. La confiance, l’envie sont usées. Vous avez gagné et j’accepte le divorce que votre attitude m’impose. Je le demande et je l’exige même. Je crains d’ailleurs que vous le refusiez, trop conscient des avantages que vous avez conquis : vous avez la main sur un appareil d’Etat réduit à votre service hors de proportion avec votre poids démographique réel. Vous avez le beurre et l’argent du beurre. Mais n’espérez pas le sourire de la crémière.
    Je termine sur une note positive. S’Il me semble évident qu’il faille couper le noeud gordien, je suis persuadé que le respect, l’envie de fréquenter l’autre suivra rapidement cette séparation. Nous avons beaucoup de choses en commun.
    Et pour être franc, tout cela me lasse.
    Bien à vous, cher ex-conjoint. FC

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  6. roger gennotte

    Les francophones rabiques achèvent d’enterrer Bruxelles et le pays … Ecoutez plutôt les émissions de la VRT, savez-vous qu’on y parle français couramment, que les films sont en VO, etc, etc. Cela s’appelle de l’ouverture, même si il y a aussi des rabiques chez nos frères flamands.

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    1. Marc Van Buggenhaut

      Tout à fait d’accord monsieur Genotte. Pour FC, mes décomptes frontaliers montrent uniquement l’étanchéité d’une obsession francolâtre quand 4 000 000 de francophones ont décidé d’ignorer 22 000 000 de Néerlandophones et, comme vous l’ajoutez (ce sont vos chiffres), 80 000 000 de Germanophones, vos voisins les plus proches, 100 000 000 d’individus négligeables à vos yeux. Comme on dit à Bruxelles, awel peï t’es graaf. Bon sommeil dans votre enrichissant unilinguisme.

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  7. FC

    Je suis tout à fait en accord avec la réaction de Mme Vermaelen.
    J’ajoute que par position professionnelle, j’ai pu constater qu’à qualifications égales et compétences bilingues Fr/Ne égales et certifiées, un GRH néerlandophone – la grande majorité – choisira le candidat néerlandophone au candidat francophone. Et ce autant dans le secteur privé que dans le secteur public. J’invite le sceptique à pousser la porte de n’importe quelle administration fédérale ou encore de prendre l’avion à l’aéroport « national » de Zaventem.
    Ce non-dit de discrimination linguistique à l’embauche est une raison supplémentaire à l’inutilité de vouloir coopérer dans le cadre institutionnel actuel.
    Les dés sont pipés par cette faible majorité (57,1%) qui domine le pays et méprise les autres composantes belges.
    A M. VB : la population hollandaise se monte à un peu plus de 16,5 millions.
    FC

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  8. Marc Van Buggenhaut

    C’est vrai qu’il n’y a que 22 000 000 millions de néerlandophones à côté de la Wallonie. « Bravo » aux écoles d’immersion français-anglais à Liège (15km de la Flandre, 30 km des Pays-Bas). « Bravo » pour le mépris des conducteurs de tram. Dommage pour les francophones qui pleurent quand les emplois bilingues fr-NL leur passent sous le nez et incriminent l’impérialisme flamand pour excuser leur nullité linguistique et leur mépris (le vôtre en particulier) pour la langue de 60% des habitants de ce pays. Quant à Harvard (sûrement fréquenté par la majorité des étudiants belges), la connaissance de l’anglais n’empêche pas le trilinguisme, un enrichissement culturel plutôt qu’une tare.

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  9. Brigitte Vermaelen

    Quelques réflexions :
    1) Les flamingants sont de mauvaise foi : selon eux, la Flandre se saigne pour constamment « donner » à la Bruxelles (qui selon eux n’est pas une Région, même si c’est dans la constitution) en « oubliant » comme tu le soulignes l’injustice de la fiscalité travail-résidence des navetteurs. Le débat ne repose donc pas – et ne peut reposer pour eux – sur des faits objectifs ni sur de la rationalité, autant savoir.

    2) Le bilinguisme néerlandais-français : cela pose question pour deux raisons.
    a) Parce qu’il y a, selon les derniers chiffres en ma possession, il y a seulement entre 8 et 12% de néerlandophones résidant en RBC, chiffres établis via les plaques d’immatriculation etc. puisque les flamands eux-mêmes, pas fous, s’opposent (hélas) à un recensement qui objectiverait clairement le nombre de néerlandophones en RBC. Ce refus en dit long sur la situation réelle, et donc toujours pas de base rationnelle au débat sur la légitimité institutionnelle du bilinguisme NL-FR en RBC.

    b) Il est évident que les +/- 90 % d’autres résidents bruxellois ne sont pas francophones. Doit-on pour autant en inférer qu’ils sont néerlandophones ?
    Ben non, parce que la tragédie belge repose sur le fait que le néerlandais est une langue d’ampleur régionale, tandis que le français est toujours une langue internationale. Quels pays ont comme langue ou seconde langue le néerlandais ???? Cela ne fait pas beaucoup de monde.

    Par conséquent, pas mal de personnes d’origine étrangère résidant en RBC parlent le français ou l’anglais comme lingae francae.
    Je constate, d’expérience, qu’il est vraiment difficile pour beaucoup de personnes adultes d’origine étrangère de maîtriser une seconde langue, le NL ou le FR. Et hélas une partie des jeunes de 2ème et 3ème génération parlent toujours mal une de nos langues nationales, même si c’est politiquement incorrect de le dire.
    Alors le trilinguisme, c’est du flan à conditions inchangées (je souligne), avec les méthodes d’enseignement inchangées et le « manque de moyens » (ah ah, cfr les milliards qui partent hors du pays, dénoncés entre autres via les Panama Papers).
    A notre époque où la mondialisation est un fait, souhaité ou non, il me paraît qu’imposer en RBC le néerlandais comme seconde langue, cela donne comme horizon de boulot par exemple conducteur de STIB.
    Pour faire Harvard, mieux vaut être bilingue anglais, à moins que je ne me trompe ?

    Une autre piste de réflexion : pourquoi n’existe-t-il en Flandre aucune école d’immersion néerlandais-français, si la connaissance de la deuxième langue nationale était si importante ? Pourquoi les flamands misent-ils tout sur l’anglais, en tout cas officiellement ?

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  10. FC

    Depuis les années 60, la Flandre plombe nos élans. Qu’elle s’en aille et vite, nous avons besoin de liberté. On ne donne pas à boire à un âne qui n’a pas soif.
    Mieux : forçons son respect, retrouvons notre dignité en déclarant notre indépendance.
    Et souhaitons bonne chance à la Flandre pour s’entendre avec les Hollandais sans se faire bouffer toute crue.
    FC

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  11. roger gennotte

    Ce sont des propositions bien connues, relayées par des CD&V frustrés genre Grouwels. Mais en compensation, que dire de Mayeur qui accuse la Flandre de polluer Bruxelles, et impose le logo unilingue BXL ? Cet individu qui n’a même pas eu le courage d’aller à la rencontre des 450 « hooligans » qui étaient en grande partie Anderlechtois ou Standardmen.
    Et que dire du pâle Ministre-Président, encombré de Bourgmestres ? Pour en sortir Bruxelles devra être reprise en mains par un homme comme Jambon ou Kir, ils ont leurs défauts mais ils feront respecter la Ville-Région.

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