Vers des tensions sociales ?

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Ce sont des économistes et professeurs bruxellois qui l’affirment : depuis la crise financière, les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres. C’est irrévocable sans l’intervention du pouvoir politique. Le monde de la finance lui en laissera-t-il la liberté ?

Bruno Colmant : « Dans la gestion de la monnaie commune, on a voulu à tout prix protéger le capital et on a sacrifié le travail. Avec comme résultat, dans la périphérie de la zone euro, des taux de chômage dignes des années 30 »

Etienne de Callataÿ à la RTBF : « Quand il y a un ressentiment contre le fonctionnement de la société, il y a un risque de fortes tensions sociales. Or, aujourd’hui, il y a, en termes relatifs, un creusement des inégalités et qui plus est une stagnation, voire une régression du pouvoir d’achat en termes absolus. Il en résulte une peur que les choses se détériorent, pour soi ou ses proches, parce que l’ascenseur social est vu comme en panne. Il ne subsiste donc plus l’espoir que cela va aller mieux en se retroussant les manches ».

Lorsque le pouvoir politique ne peut – ou ne veut – empêcher les actionnaires et les cadres d’empocher les bénéfices des gains de productivité générés par l’arrivée des logiciels et des robots, ne pousse-t-il pas les travailleurs à la révolte ?

5 réflexions sur « Vers des tensions sociales ? »

  1. Arthur

    Merci pour cet article dont je partage l’analyse.

    Pour relancer l’ascenseur social effectivement en panne, il serait aussi intéressant de pousser vers plus de méritocratie, notamment en remettant fortement en question l’héritage financier inter-générationnel tel qu’il existe actuellement, et qui conforte les inégalités de classes, et par conséquent l’inégalité des chances.

    Idéalement, on devrait ne pouvoir posséder que ce que l’on a été à même de mériter, et non ce que l’on a eu le privilège d’hériter.

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  2. Brigitte Vermaelen

    Une réflexion : mais si, nos politiques pourraient très bien faire contribuer davantage le capital au lieu de mettre la pression maximale sur le travail. Ils ont l’outil fiscal pour ce faire. Ils ne le veulent simplement pas, qu’ils lisent ceci ou pas n’y changera rien. La preuve : environ 100.000 personnes ont manifesté deux fois pour protester contre l’austérité qu’ils nous imposent, ces manifs sont tout de même un message un peu plus massif que nos propos ici sur ce blog. Or, il n’y a pas de virage social en réponse à ces protestations. Même pas peur est leur réponse.

    Une question : par qui ont été élus nos politiques, particulièrement à droite dans ce gouvernement ? Par les électeurs. Donc : pourquoi les électeurs modestes votent-ils à ce point pour des partis qui ne servent pas leurs intérêts ?
    Ou pire, pourquoi ne vont-ils pas voter du tout, remettant de facto leur sort entre les mains des « riches » qui, eux, ne sont pas assez bêtes que pour ne pas aller voter ? Dépolitisation, facilité, résignation ? Ils portent tout de même une responsabilité dans ce problème. Et ce sondage récent qui montre que 77 % des Wallons ne savent pas dire quels sont les deux partis au pouvoir chez eux n’est pas fait pour rassurer. (NB : ce ne serait pas mieux en RBC, hélas).

    La révolte n’est pas pour demain, et tant qu’il n’y a pas une lame de fond citoyenne, les politiques peuvent continuer tranquillement à créer de la précarité et à attiser la haine contre les « profiteurs » (!), c’est-à-dire les « encore plus pauvres », comme les chômeurs (assistés bien sûr), les migrants, les étrangers…. Tant que les électeurs fulminent contre les boucs émissaires, les « fraudeurs sociaux » que leur désignent nos politiques, ceux-ci ont la paix. Dès lors, pourquoi changeraient-ils de politique ?

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  3. Philippe Delstanche

    Une question se pose cependant : pourquoi la révolte ne se produit-elle pas ?
    Certains pensent que la peur du chômage empêche ceux qui ont un boulot de se révolter. D’autres pensent que l’individualisme a poussé les gens à davantage d’égoïsme de sorte que l’on hésite à prendre un risque quelconque de perdre ce que l’on a. Enfin, peut-être, certains pensent qu’ils pourront, eux, accéder à une plus grande part du gâteau, sans se soucier du sort de ceux qui n’y arriveront pas. Je ne sais quelle est la réponse, pour autant qu’il n’y en ait qu’une. cependant, je constate malheureusement, dans notre monde actuel, un manque évident de solidarité.

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