En finir avec la voiture salaire ?

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Généralement appelée pudiquement « voiture de société », chacun sait qu’il s’agit le plus souvent d’une majoration de salaire sans charges sociales accordée à certains employés. L’OCDE met la Belgique en garde et recommande de modifier fortement les avantages fiscaux à la fois pour réduire les émissions de carbone et la congestion des routes, mais aussi parce que cela a un coût. En Belgique – championne du monde en 2012 – il s’agit d’une subvention annuelle moyenne par véhicule de 2.763 euros !  Le tableau en annexe est révélateur, même si Mon Argent/ L’Echo met en doute le mode de calcul.

La taxation des revenus du travail en Belgique est tellement élevée par rapport à la taxation du capital qu’elle a généré beaucoup de créativité, de faux indépendants et du travail en noir pour maintenir la rentabilité des entreprises. C’est cela qui doit changer et on attend avec impatience le « tax shift » promis par le gouvernement. Nul n’est en droit d’éluder l’impôt, c’est une question de solidarité et de justice dans un Etat, mais lorsque la fiscalité est mal répartie, elle crée des rancoeur, de l’injustice et des stratagèmes plus ou moins légaux pour y échapper.

voiture société

5 réflexions sur « En finir avec la voiture salaire ? »

  1. Matthieu

    « Ne faisons pas pression sur la STIB et surtout sur ses dirigeants, c’est voué à l’échec. Si vous le dites… »
    Il me semble que c’est justement l’objet de mon premier chapitre de dire que la solution n’est pas de punir les beneficiares de voitures-salaires, mais bien d’ameliorer l’offre des transports en communs et de fournir une alternative a la voiture en ville (en general). Je sui desole si ce n’est pas ressorti clairement.
    Je ne dis pas non plus que les politiques ont raison de ne pas ouvrir les boites de pandorres, je pense juste que plus occupes a se faire reelire qu’a definir une vision courageuse et long terme pour la ville, ils n’en ont pas le courage ni l’intention.

    Maintenant sur l’autre sujet, les taxes d’enregistrement en Belgique sont extremement elevees. Je connais beaucoup de couples qui vivent tous les deux loin de Bruxelles et qui y travaillent tous les deux. Je suis persuade que cela dissuade des chomeurs d’envisager un demenagement quand ils cherchent un emploi. Tres concretement, j’ai vecu en France ou j’ai achete et revendu un appartement au gres de demenagements. Avec des taxes plus faibles, c’est possible. En Belgique c’est ruineux.
    Cela ne repond bien sur pas a toutes les situation quand les deux membres d’un couple travaillent loin l’un de l’autre, je n’ai pas de solution magique…

    Votre note sur les ecoles est un tres bon point aussi. Tant que mettre ses enfants a l’ecole a Bruxelles sera dependant d’une lotterie incomprehensible, il sera difficile de convainde les habitants du BW de prendre le risque de demenager.

    Cordialement

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  2. Brigitte Vermaelen

    « A Bruxelles les transports en communs ne sont juste pas une alternative credible à la voiture, donc une suppression de la voiture salaire conduira juste les gens a acheter leur voiture, et donc a un vieillissement du parc, et dans les faits plus de CO2. »
    A la lecture de cette phrase, nos éminences politiques ont gagné : tout est joué, TINA (There Is No Alternative), résignons-nous mes frères et continuons à jouer le jeu qui nous est assigné, « démocratiquement ». N’essayons surtout pas de construire une alternative… Ne faisons pas pression sur la STIB et surtout sur ses dirigeants, c’est voué à l’échec. Si vous le dites…

    Quant à pousser les navetteurs à se rapprocher de leur lieu de travail, très bien, cela semble très raisonnable.
    Mais comment concilier cette idée par rapport à la mobilité obligée qui est un credo de la pensée dominante néo-libérale : il est désormais impensable de faire carrière dans une seule entreprise ou en un seul endroit, vous êtes obligés d’être mobiles jusqu’à 67 ans. Et la réalité de la précarisation du travail est érigée maintenant en système.
    Conséquence directe : où est votre lieu de travail sur du long terme ? Etes-vous prêt-e à jongler avec les prêts hypothécaires ou les locations pour des durées qu’il vous est impossible de déterminer ? Comment concilier le travail du ou de la conjointe avec le vôtre, puisque vos deux occupations sont destinées à changer de lieu, voire de pays ? Et l’école des enfants ?
    Est-ce vraiment à votre bénéfice, vous citoyen-ne, que, comme vous l’écrivez « les politiques ont raison de ne pas ouvrir ces boîtes de Pandore » ? Où est votre bénéfice en la circonstance ?
    J’attends votre réponse avec intérêt.

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  3. Matthieu

    Dans de nombreuses grandes villes (Londres, Paris, Amsterdam, Vienne…) les usagers n’ont plus de voitures, par choix, et utilisent les transports en communs (qui fonctionne), les velos (qui ont des sites securises) et les taxis (qui sont abordable).
    A Bruxelles les transports en communs ne sont juste pas une alternative credible à la voiture, donc une suppression de la voiture salaire conduira juste les gens a acheter leur voiture, et donc a un vieillissement du parc, et dans les faits plus de CO2.
    Un point positif de la suppression pourrait etre de pousse les navetteurs (dont l’essence est payee) a rapprocher leur domicile de leur lieu de travail, mais faudrait il pour cela que les droits d’enregistrement baissent, pour pousser les gens a habiter au plus pret de leur travail (mais j’ouvre la une nouvelle discussion).
    A mon avis c’est une bonne piste pour Bruxelles, maintenant que les droits sont regionalises, de proposer des droits plus faibles, encourageant les acheteurs a plus de mobilite (et a venir payer leurs impots a Bruxelles qui en a bien besoin).
    Mais pour attirer les gens a Bruxelles faut il encore que la structure de la ville suive (place dans les ecoles par exemple, sans le piege du decret inscription).
    (Et j’ouvre la a nouveau une autre discussion).

    En resume il est aise de s’attaquer aux voitures, nais ca n’est pas si simple de le faire sans ouvrir quelques boites de pandores auquelles aucun politique ne veut s’attaquer – sans doutes a raison.

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  4. Brigitte Vermaelen

    Attention aux mots qui ne sont pas neutres : dire « charges » sociales au lieu de cotisations sociales, c’est reprendre et avaliser la rhétorique de la pensée dominante néo-libérale.

    Quant à vouloir conserver les voitures individuelles polluantes, et donc contribuer volontairement au réchauffement climatique global pour éviter la saturation du réseau STIB, cela me paraît vraiment poser le problème à l’envers.
    Le problème principal est qu’il n’y a pas de volonté politique pour rendre la STIB performante (par ex., faire en sorte que le wattman puisse actionner lui-même les feux de signalisation afin de perdre le moins de temps possible), le tabou autour de la remise en question de la voiture demeure.
    Et soi-disant pas d’argent pour notamment étendre le réseau STIB et procurer une véritable offre alternative à la bagnole ? Difficile de soutenir encore cette affirmation de manière crédible face au Luxleaks, au Swissleaks, à la niche fiscale des fonctionnaires européens, aux intérêts notionnels débridés etc.
    Pas de collecte sérieuse des impôts égale pas d’argent, fait aggravé par la diminution volontaire du nombre de fonctionnaires chargés de la traque contre l’évasion fiscale : c’est une pure construction politique. Aux citoyen-ne-s de voter pour tout autre chose.

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  5. EDOUARD DE LOVINFOSSE

    Personnellement je ne bénéficie pas d’un véhicule de société mais mon employeur m’offre un abonnement STIB. Aussi, j’utilise abondamment les transports en commun. J’espère néanmoins que la voiture de société sera maintenue car si on supprime cet avantage fiscal et que ceux qui en bénéficiaient utilisent les transports en commun, on risque de connaître une véritable saturation du réseau STIB.
    Le jour où les transports en commun constitueront vraiment une alternative crédible à la voiture on pourra penser à modifier la fiscalité des véhicules de société. Et sans vouloir jouer les oiseaux de mauvaise augure, on peut raisonnablement penser que ce jour là n’est pas prêt d’arriver. Il suffit de penser à la saga du RER, prévu initialement pour 2013 et maintenant reporté vers 2025-2030.

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