Et si la guerre des avions en cachait une autre ?

______________________

Il aura fallu la mise en place grandeur nature de la dernière phase du nouveau plan de survol pour que la classe politique bruxelloise comprenne enfin l’impact du « plan Touwaide » que Melchior Wathelet et la plupart des partis ont approuvé sans étude d’incidence et sans mise en place de « l’Institut de Contrôle indépendant » qui y était lié.
Devant l’ampleur de la protestation les Milquet, Onkelinx, Reynders, Vervoort et autres candidats bruxellois n’auront d’autre choix que de suspendre cette dernière phase du plan Wathelet. Il en va de leur avenir politique à Bruxelles.
Mais après les élections le dossier sera à nouveau sur la table du formateur et Bruxelles risque bien d’en faire les frais. L’équation est simple : la Flandre refuse la délocalisation nécessaire de l’aéroport à Chièvres parce qu’il serait en Wallonie et elle refuse aussi de réduire Zaventem à un rôle de « City Airport » européen que sa mauvaise situation géographique impose. Elle s’oppose même  à ce que le fret aille à Bierset et que le low cost à Charleroi, parce que les revenus et les emplois lui reviennent majoritairement.
Par contre, quand il s’agit des nuisances, elle refuse que l’on concentre les décollages sur la périphérie nord avec expropriations à la clé et exige qu’elle soient « dispersées équitablement » entre Bruxelles et la Flandre, sans tenir compte des densités de populations survolées.

La guerre des avions en cache bien une autre: une guerre entre Régions.
On joue avec l’avenir de notre ville et avec notre santé. Bruxelles est un nain politique face à la Flandre et même face à la Wallonie, qui laissent les Bruxellois se diviser entre eux sur la moins mauvaise manière d’absorber ces nuisances plutôt que de tirer les conclusions de leur manque de prévoyance et de vision à long terme.
Notre chance est que trois Vice Premiers fédéraux sont candidats à la Ministre Présidence de Bruxelles et ils vont peser sur leurs partis pour suspendre l’application du plan. Mais après, quel poids auront les partis francophones quand il s’agira de définir l’avenir du transport aérien en Belgique ?
Les Bruxellois doivent en tout cas refuser de faire les frais d’un mauvais compromis. Une ville de plus d’un million d’habitants n’est pas un espace aérien à la libre disposition d’un aéroport privé détenu par un fonds de pensions canadien soutenu par une Flandre laxiste tant que ses intérêts économiques sont garantis.

4 réflexions sur « Et si la guerre des avions en cachait une autre ? »

  1. D.MARION

    Yvan,
    Je suis d’accord avec une partie de ton analyse. Néanmoins, mais tu corrigeras si je m’égare, qu’a fait le gouvernement bruxellois dans ce dossier ? Il avait la possibilité de lever des astreintes dans l’une ou l’autre procédure, mais il ne l’a pas fait. Il aurait pu monter au créneau plus régulièrement, mais je ne me souviens pas qu’il l’ait fait (savoir). Certes, il existe peut-être des tombereaux de courriers, mais qu’ont-ils apportés ? Y-t-il eu des propositions concrètes de la part du gouvernement bruxellois ? Sans doute, tant qu’un nombre limité de communes bruxelloises étaient touchées, cela faisait l’affaire. Maintenant, quand bien même le nombre de survolés ne serait pas supérieur, c’est autre chose.
    L’application de l’accord gouvernemental fait de nouvelles victimes pour en soulager d’autres. La recherche d’équilibre est-elle possible ? Oui, mais il faut une réelle volonté de collaborer ou de combattre. Que les nouveaux survolés se plaignent est dans l’ordre des choses, avec les excès habituels, mais aussi avec des plaintes et des douleurs bien réelles. Que des aventuriers profitent de l’occasion pour se faire valoir est une chose habituelle, quand bien même le travail citoyen en soit en partie perverti.
    Les politiques essentiellement bruxellois sortent également du poids, criant au viol de leur ville. Il n’empêche que nous les avons rencontrés en son temps, certains dans leur cabinet, pour se faire jeter au prétexte que leur territoire était Bruxelles. Nous parlions de collaboration, coopération, avec la région wallonne, avec le fédéral, avec la région flamande, mais ils sont restés sourds. C’est en tous les cas, l’impression qu’ils donnaient.
    Et à chaque fois, que ce soient des politiques ou des citoyens, c’est la même scène recommence. Les uns veulent renvoyer les avions d’où ils viennent ; les autres ressortent des solutions qu’ils savent inapplicables par défaut de réelle volonté politique. Peu d’entre eux se questionnent véritablement sur la cause du problème, le trafic aérien, prétextant que l’on peut difficilement s’en passer pour tout de sorte de raisons.
    Le balai doit balayer devant chaque porte.

    D.MARION

    Répondre
  2. Kyr Illos

    Je suis bien d’accord avec vous, nous vivons actuellement, en Belgique, à l’époque de l’inquisition flamande. Il est temps de faire preuve de courage à la place des politiciens francophones qui sont notre faiblesse. De nous libérer de ce fardeau permanent énergivore.
    Zaventem en est le triste résultat aujourd’hui.
    L’intelligence , la créativité sont notre atout, imposons nous, coûte que coûte, il y va de notre liberté intellectuelle.

    Répondre
  3. Clerfayt

    Nous sommes 100% d’accord sur cette analyse. La Flandre impose, une fois encore, un rapport de force défavorable à Bruxelles, dont elle cherche à attirer la prospérité sans attention pour la qualité de la vie des Bruxellois.
    Les partis francophones accepteront-ils de monter dans un nouveau gouvernement sans avancées sur ce dossier ?
    Bernard Clerfayt, député.

    Répondre

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.