Les statistiques nous induisent-elles en erreur ?

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« Bulgares et Roumains font monter les chiffres du chômage » titre Brusselnieuws. Pas de chance pour leur image …  Au départ de statistiques publiées par Actiris, ce titre peut être interprété de différentes manières, mais risque de faire peser la responsabilité de la hausse du chômage bruxellois sur les ressortissants de ces deux pays. A lire cet article de plus près on constate notamment que s’ils s’inscrivent massivement depuis janvier, c’est parce que les conditions administratives on été allégées pour ces « nouveaux européens ». Plus de la moitié s’inscrit comme demandeur d’emploi mais sans demander d’indemnités. On y apprend aussi pourquoi ils sont si nombreux à Bruxelles.

Suite à notre brève sur revenus en baisse des Bruxellois, Philippe Van Parijs nous adresse une mise en garde utile qui s’applique aussi à d’autres études statistiques.

« Il faut inlassablement répéter combien ces statistiques sont trompeuses: les dizaines de milliers de fonctionnaires de l’UE, de l’OTAN et des représentations permanentes, ainsi que les milliers de diplomates qui ont graduellement remplacé les « classes moyennes » sont comptabilisés dans le dénominateur de ces statistiques (basées sur le revenu imposable en Belgique) mais leurs plantureux revenus comptent pour zéro dans le numérateur …
C’est vrai qu’il y a de plus en plus de pauvres à Bruxelles, mais il y a aussi de plus en plus de riches, dont la plupart sont comptabilisés comme des hyper-pauvres. Une lecture correcte des chiffres n’implique pas qu’il n’y a pas problème, seulement qu’il est mal identifié. »

2 réflexions sur « Les statistiques nous induisent-elles en erreur ? »

  1. Ulric Schollaert

    Bon, on ne va pas s’en cacher, tout de même : certains gagnent (beaucoup) mieux leur vie que d’autres, non ? Tant pis, dans un sens (sais pas si on peut dire tant mieux par ailleurs, car tout ce bel argent alimente aussi le marché immobilier – on ne va pas s’en cacher non plus). Bien vrai que les statistiques n’en tiennent pas compte – autant pour les stats ! Vous connaissez l’opuscule « How to lie with statistics ? » Moi je m’étais dit que peut-être, en nous sachant si pauvres, le lion aurait un peu trouvé le fromage trop fade, vous voyez ce que je veux dire ? On raconte tellement de bizarreries en politique (pensons à la p-route de la Ville de Bruxelles qui, si elle confirmait son idée d’un ring intérieur à deux bandes sorti tout droit des sixties, ferait bien tourner la sauce pourtant si prometteuse de la piétonisation enfin assumée de l’hyper-centre), peut-être que cette fable de La Fantaisie aurait pu passer aussi ?… Mais bon, par ailleurs Eurostat (tiens, tiens, des statisticiens…) nous disent la 3e Région la plus riche de l’UE, et le VLD relève qu’avec seulement 10% de la population (et encore, combien de chômeurs ?), Bruxelles représente 20% du PNB de notre joli royaume (et je suppose que les p-revenus des fonctionnaires et autres internationaux n’y sont même pas pris en compte non plus ?). C’est décidément raté…

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  2. Banneux Dominique

    Oups … « plantureux revenus des fonctionnaires et autres internationaux »… toujours délicat ce sujet. Pour ma part, avec mes plantureux revenus j’utilise les taxis à Bruxelles, j’achète dans les magasins de mon quartier, je fais vivre le personnel qui travaille dans la cafèt, dans la cantine, dans les snacks des environs, quand on commande du matériel pour le bureau, c’est livré par une société belge, mes collègues voyagent avec Brussels Airlines, ils prennent des taxis à Bruxelles, achètent belge … que deviendrait Bruxelles sans ces salaires plantureux ? La question n’est pas là je pense. Elle est plutôt : que devient Bruxelles dans le paysage belge. Qu’en fait-on ? Que veut-on en faire ?
    P.S. : ma collègue n’est pas fonctionnaire, son salaire n’est pas plantureux, il n’a pas été augmenté depuis 2011 et elle preste plus de 40h par semaine.

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