A propos de l’identité bruxelloise

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Lors du débat qui a suivi la confrontation entre Jean Quatremer et Philippe Van Parijs, Julie de Groote et Joelle Milquet (qui n’avait pas assisté à tout l’échange) se sont affrontées sur l’identité. Alain Maskens estime qu’il n’est pas admissible que Joëlle Milquet cite Amin Maalouf pour justifier une organisation politique basée prioritairement sur une identité linguistique,
Ce débat entre « les deux dames en noir » a suscité une réaction intéressante de la part de Philippe Van Parijs à propos de notre identité ou de nos identités.
Intéressante aussi, la position du MR que se prononce nettement pour une Belgique basée sur les 4 Régions du pays et non sur 3 Communautés linguistiques.
« Le concept régional s’impose : plus clair, plus efficace. »
Cette Belgique à quatre pourrait être plus solidaire dans ses rapports de forces internes qu’une Belgique à deux, nécessairement conflictuelle ou à trois, déséquilibrée ».
On ne peut que s’en réjouir, même si la petite phrase communautariste finale de l’éditorialsite dément ses propos pacificateurs. Dommage.
« Elle ne pourra se concevoir qu’à la condition de maintenir une solidarité forte et obligatoire entre tous les francophones. »

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Philippe Van Parijs
« Les identités dangereuses sont les identités politiques ethniques, qu’elles se définissent par la race, par la religion ou par la langue.
Plus que jamais, les identitiés politiques à construire et vivifier doivent être territoriales et ouvertes à tous ceux et celles qui choisissent de s’installer ou rester dans un territoire démocratiquement gouverné (de la commune/district à l’UE), quelles que soient leur origine, religion ou langue maternelle.
Ce sont donc les identités politiques flamande, wallonne, bruxelloise et Ostbelgisch qu’il s’agit de renforcer, sans que cela ne force, par exemple, aucun Bruxellois à renoncer à la dimension gantoise ou parisienne, wallonne ou marocaine de son identité personnelle, ni que cela doive nuire à la préservation d’une identité politique belge (dûment reconstruite pour faire place à cette diversité interne) ni à la construction d’une identité politique européenne, ni non plus à la solidarité qui doit se maintenir ou se développer à ces échelles supérieures.
Le combat pour une « nation francophone » englobant Bruxelles est heureusement un combat d’arrière-garde comme l’était le refus du principe de territorialité linguistique en Flandre, et il n’est pas moins contreproductif du point de vue de la confiance à instaurer entre les diverses composantes de la fédération belge. »

Edito: Une Belgique à quatre: pourquoi pas?

LA LIBRE – FRANCIS VAN DE WOESTYNE Publié le lundi 18 novembre 2013

EDITO Le MR progresse dans l’idée d’une Belgique à quatre : la Région flamande, la Région bruxelloise, la Région wallonne et la Région germanophone.
Le CD&V s’est clairement distancié du « con-séparatisme » de la N-VA et a plaidé pour le « confédéralisme positif ». Au MR, on soutient de plus en plus ouvertement une Belgique à 4. Intéressant.
Sur le plan institutionnel, le congrès du CD&V a été clair. Les démocrates chrétiens flamands tournent le dos, officiellement et ostensiblement, à la N-VA. Rappel : les nationalistes envisagent une Belgique fédérale vidée de sa substance au profit de deux grandes entités, la Flandre et la Wallonie, Bruxelles étant émasculée, cogérée par les deux autres communautés. Au point fermé brandi par la N-VA, le CD&V offre la main tendue du dialogue. Saisissons-la.
Comme en juillet 2010, lorsque le pays était bloqué, le parti de Wouter Beke rejoint ceux qui veulent des solutions. Pas ceux qui se réjouissent des blocages. Bien sûr, il faudra vérifier la sincérité du CD&V lorsqu’il s’agira de constituer un gouvernement fédéral. Mais le ton est positif. La démarche du CD&V aurait été plus forte encore si le parti avait accepté une circonscription fédérale permettant de faire élire une partie des députés fédéraux par des électeurs flamands et francophones. C’est sans doute encore trop tôt.
Du côté francophone, le MR progresse dans l’idée d’une Belgique à quatre : la Région flamande, la Région bruxelloise, la Région wallonne et la Région germanophone. Là encore, les esprits ne sont peut-être pas encore mûrs. Pourtant, on sent bien que le concept régional s’impose : plus clair, plus efficace. Cette Belgique à quatre pourrait être plus solidaire dans ses rapports de forces internes qu’une Belgique à deux, nécessairement conflictuelle ou à trois, déséquilibrée. Mais elle ne pourra se concevoir qu’à la condition de maintenir une solidarité forte et obligatoire entre tous les francophones.

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